Listening Exercise – Voltaire

Je m’appelle Francs Assaf, Je suis professeur de français à l’Université de Géorgie, et je travaille surtout sur la fiction narrative en prose et accessoirement sur la prose qui n’est pas le fiction, pour le 17e et le 18ème siècle.

My name is Franks Assaf, I am a French teacher at the University of Georgia, and I work mainly on narrative prose fiction and by the way, prose is not fiction, in the 17th and 18th century.

Et je voudrais vous présenter aujourd’hui un tout petit fragment d’un roman très très important du début du 18e siècle qui est l’histoire de Gil Blas de Sentillane par Alain-René Lesage, un auteur du début du 18e siècle, de la première moitié du 18ème siècle, et je vous présente ici le premier paragraphe du premier chapitre du premier livre de l’histoire de Gil Blas de Santillane qui est paru en 1715.

And I would like to introduce you today, to a little fragment of a very important novel of the early 18th century which is the story of Gil Blas of Sentillane by Alain-René Lesage, an author of the early 18th century, the first half of the 18th century, and I present here the first paragraph of the first chapter of the first book of Gil Blas de Santillane which appeared in 1715.

Ce que nous avons ici c’est un examen, une étude, de des différents éléments qui composent un texte en prose. Alors nous avons bien entendu le titre, c’est le titre officiel Histoire de Gil Blas de Santillane. Le mot “histoire” dans le titre nous indique tout de suite qu’il s’agit d’un roman.

What we have here is an examination, a study of the various elements that make up a prose text. Then of course we have the title, this is the official title of the story of Gil Blas. The word “histoire” in the title, that tells us right away that this is a novel.

Ensuite nous avons le nom de l’auteur et ces dates. Nous avons une tête de chapitre – ou un titre de chapitre – qui est: le livre en premier, et le chapitre premier. Le mot “livre” il nous indique également comme le titre du roman que c’est un roman, que c’est une œuvre de fiction.

Then we have the name of the author and these dates. We have a chapter heading – or a chapter title – that is: the first book, and the first chapter. The word “book” also indicates the title of the novel is a novel, it’s a work of fiction.

Le sous-titre du chapitre “De la naissance de Gil Blas et de son éducation”. Ici c’est l’auteur qui parle ce n’est pas le héro, qui est en même temps le narrateur. On note par exemple l’adjectif possessif de “son” éducation, de la naissance de Gil Blas, c’est quelque chose à la troisième personne, et c’est l’auteur qui s’adresse directement au lecteur.

The subtitle of the chapter “From the birth of Gil Blas and his education.” Here it is the author who speaks, he is not the hero, who is also the narrator. For example, we note the possessive pronoun “his” education, the birth of Gil Blas, it is something in the third person, and it is the author who speaks directly to the reader.

Et on passe tout de suite á la narration à la première personne. On voit par exemple l’adjectif possessif “mon”, “Blas se Santillane, mon père” et il nous donne, le narrateur nous donne là son ascendance mais d’une manière très succincte, très abrégée.

And we pass immediately to the narration in the first person. We see for example the possessive adjective “my”, “Blas Santillane, father” and he gives us, the narrator is giving us his ancestry but in a a very succinct manner, very abbreviated.

Nous savons que Blas de Santillane a porté les armes pour le service du roi d’Espagne et qu’il est à la retraite. Et bien maintenant qui est sa mère? Nous ne connaissons même pas le nom de sa mère. Nous savons simplement que c’est une petite bourgeoise qui n’est plus toute jeune qui a donné naissance à Gil Blas dix mois après le mariage, donc d’une façon tout à fait normale, tout à fait orthodoxe.

We know that Blas has borne arms for the service of the King of Spain and he is retired. And well now, what about the mother? We do not even know the name of his mother. We just know that she is a petty bourgeois who is no longer young who gave birth to Gil Blas ten months after the wedding, so in a way quite normal, quite orthodox.

Il parle ensuite de la demeure de ses parents. Ils sont installés dans une ville du nord de l’Espagne qui s’appelle Oviedo, Il donne rapidement les métiers de ses parents. Sa mère est femme de chambre et son père écuyer. Écuyer ça veut dire un homme qui s’occupe des chevaux dans une écurie.

He then spoke of the house of his parents. They are living in a town in Northern Spain called Oviedo, and he quickly gives the business from his parents. His mother was a maid and his father a squire. A squire is a man who takes care of the horses in a stable.

Donc ce sont des personnes humbles, ce ne sont pas des nobles, ce ne sont même pas de riches marchands. Nous notons une conséquence. Comme ces parents de Gil Blas n’ont aucune fortune sauf le salaire, les gages ils gagnent, il ya une conséquence possible c’est que le jeune Gil Blas risque de ne pas obtenir d’éducation ce qui est évidemment un très grand désavantage.

So these are humble people, they are not Noble, they are not even wealthy merchants. We note a consequence. Gil Blas, like these parents, has no fortune except for salaries, the wages he earns, so there is a possible consequence that the young Gil Blas might not get education which is obviously a huge disadvantage.

Heureusement, heureusement, Gil Blas nous ont dit qu’il avait dans la ville un oncle chanoine. Un chanoine c’est un prêtre qui occupe une place assez importantes dans une cathédrale, et qui par conséquent, a un certain revenu et aussi une certaine éducation.

Fortunately, fortunately, Gil Blas we have said that he has in the city an Uncle who is a Canon. A Canon is a Priest who occupies a sizeable place in a Cathedral, and therefore he has a certain income and also some education.

Nous voyons tout de suite que ce chanoine, Gil Perez, n’est pas un grand savant. Et le narrateur va s’adresser tout de suite au lecteur au lieu de simplement dire qui était Gil Perez, il demande au lecteur de faire un effort d’imagination: “Représentez-vous un petit homme haut de trois pieds et demi extraordinairement de gros avec une tête enfoncée dans les deux épaules.”

We see immediately that this Canon Gil Perez, is not a great scholar. And the narrator will address it immediately to the reader, instead of just saying that he was Gil Perez, he asks the reader to make an effort of imagination: “Picture a small man a height of three and a half feet with an extraordinarily large head, buried in both shoulders.”

En quelques mots, en quelques traits de crayon, si on peut dire, Essentiellement, le narrateur/héro nous dépeint une caricature: un petit homme haut de trois pieds et demi, il a un peu plus d’un mètre de haut, ce qui est très difficile à imaginer, avec une très grosse tête, enfoncée entre les épaules.

In a few words, a few pencil lines, so to speak, the narrator / hero essentially depicts a caricature: a small man, three feet and a half in height, he is a little more than a meter high, which is very difficult to imagine, with a very big head sunk between his shoulders.

Ca nous donne déjà une espèce d’impression comique de ce chanoine. Est-ce qu’il est représenté comme un saint homme, un homme qui est pieux qui ne pense qu’à son salut éternel? Pas du tout! Il dit: Au reste c’était un ecclésiastique qui ne songeait qu’à bien vivre c’est-à-dire à faire bonne chère.

That already gives us a comic impression of this Canon. Is he represented as a Holy man, a man who is pious, who only thinks of his eternal salvation? Not at all! He said: to remain he was a clergyman who thought only of living well, that is to say, to make merry.

Et nous voyons tout de suite que ce prêtre, de oncle de Gil Blas est un homme qui aime bien manger mais qui n’est pas particulièrement pieux, qui ne pense pas particulièrement à des choses saintes ou à dire la messe et ainsi de suite, nous savons que puisque il est chanoine il a une prébende. Une prébende, cC’est l’argent que reçoit un prêtre pour vivre.

We see immediately that this Priest, the Uncle of Gil Blas is a man who loves food but is not particularly pious, who do not particularly thinking of holy things or to say Mass and so on, we know that it is because he has a Canon stipend. A stipend, this is the money that gets a priest to live.

Il avait une bonne prébende qui lui permettait de bien manger. J’ai toujours le même texte devant moi mais ici nous allons voir combien de personnages secondaires sont présentés dans ce petit paragraphe à part bien sûr le héro/narrateur, c’est-à-dire Gil Blas.

He had a good stipend that allowed him to eat well. I still have the same text in front of me but here we will see how many secondary characters are presented in this small paragraph, except of course the hero / narrator, that is to say, Gil Blas.

Nous avons d’abord le père. Blas de Santillane. Ensuite, sa mère, la mère de Gil Blas, qui est une petite bourgeoise donc quelqu’un de pas très important dans l’échelle sociale;  et finalement Gil Perez, qui est un…qui est son oncle chanoine.

We first have the father. Blas of Santillane. Then his mother, the mother of Gil Blas, who is a small bourgeois, someone not so very important in the social scale; and finally Gil Perez, a Canon … who is his Uncle.

En plus du personnage principal qui raconte l’histoire nous avons trois personnages secondaires qui sont importants dans la vie du personnage principal pour diverses raisons. Et donc l’auteur, Lesage, imagine ces personnages; ils ne sont pas vrais, ils n’ont aucune existence réelle, et ils ne sont pas basés sur des personnes ayant existés, ils sortent tous de l’imagination de l’auteur.

In addition to the main character who tells the story we have three secondary characters that are important in the life of the main character for various reasons. And so the author, Lesage, imagine these characters; they are not true, they have no real existence, and they are not based on people having existed, they all come from the imagination of the author.

Et l’auteur fait parler quelqu’un d’autre, c’est-à-dire son personnage principal qui est, pour le moment, qui n’est pas représenté en train d’agir, d’aller, de venir, de parler. Il est simplement là pour raconter une histoire à la place de l’auteur. C’est comme ça que nous pouvons penser que beaucoup de romans commencent.

And the author is talking of someone else, that is to say the main character is, for the moment, which is not represented in the process of acting, of going, of coming, of speaking. He is simply there to tell a story instead of the author. That’s how we can think of many novels beginning.

Il y a d’autres façons de commencer une narration. Par exemple une narration qui commence en pleine action, on appelle ça in « medias res », qui est une expression latine qui signifie “au milieu des choses”. Ici la narration ne commence pas au milieu des choses mais raconte un peu les antécédents, les parents, les gens qui sont venus avant la naissance du narrateur, n’est-ce pas.

There are other ways to start a story. For example a narrative that begins in action, it’s called in “medias res”, which is a Latin expression meaning “in the middle of things.” Here the narrative does not begin in the middle of things but tells a little history, parents, people who came before the birth of the narrator, is it not.

Et donc nous avons une façon de commencer une narration en prose. Il y en a plusieurs autres mais celle là est tout à fait légitime et surtout tout à fait commune. Lorsque nous lisons un texte, il était évident que ce texte a été écrit par un auteur.

And so we have a way to start a prose narrative. There are many others but this one is quite legitimate and above all quite common. When we read a text, it was obvious that this text was written by an author.

Il est aussi évident que l’auteur fait souvent parler quelqu’un qui n’est pas lui qui n’est pas…Si on prend le cas d’un auteur comme Stendhal, un auteur du début du 19e siècle, il ne va pas vous dire, « Je suis Stendhal et je vais vous décrire comment est la ville de Verrières ».

It is also clear that the author often talk about someone who is not him, who is not … If we take the case of an author like Stendhal, an author of the early 19th century, he will not tell you, “I am Stendhal and I will describe the town of Verrières”.

Il parle, il se cache derrière un personnage qui n’a aucune réalité mais qui s’appelle le narrateur. Le personnage qui raconte l’histoire même si l’auteur ne lui donne pas de nom nous savons qui il est le narrateur parce qu’il raconte l’histoire. Et alors nous avons trois éléments, si vous voulez.

He speaks, he hides behind a character that he has no reality but is called the narrator. The character who tells the story even if the author does not give him a name, we know who he is because the narrator tells the story. And then we have three elements, if you want.

Nous avons l’auteur, le narrateur, et de le lecteur, ou la lectrice. Parmi ces trois éléments, il se forme en contrat ou en pacte, ce qui s’appelle le pacte de lecture. C’est-à-dire que quand je lis un texte je dois accepter certaines choses: qu’il y a un auteur, qu’il y a un narrateur, et bien entendu comme je suis le lecteur.

We have the author, the narrator, and the reader, or the female reader. These three elements are formed by contract or covenant, which is called the reading pact. That is to say that when I read a text I have to accept certain things: that there is an author, that there is a narrator, and of course I am the reader.

Il est très difficile pour quelqu’un qui lit un texte de dire “je ne suis pas le lecteur” ou bien “ce texte n’a pas d’auteur”, “le narrateur n’existe pas”. Il y a donc une espèce de contrat qui existe entre ces trois éléments, auteur, narrateur, lecteur.

It is very difficult for someone who reads a text saying “I’m not the reader” or “this text has no author”, “the narrator does not exist”. There is therefore a kind of contract between these three elements, author, narrator, reader.

Comme je vous ai parlé de la narration à la première personne, en donnant pour exemple le premier paragraphe du premier livre du premier chapitre du premier livre de Gil Blas, je vous présente d’un façon assez rapide ce que c’est que la narration à la première personne.

Like I had spoken of the narrative in the first person, giving the example of the first paragraph of the first book of the first chapter of the first book of Gil Blas, I presented a fairly quick way, that this is the narration in the first person.

C’est une méthode très efficace pour rapprocher le narrateur du lecteur. Puisque le lecteur a l’impression que le narrateur lui parle a lui. Puisque le narrateur emploie le “je”, et quand on emploie “je”, c’est qu’il y a un “tu” qui écoute ou qui regarde ou qui lit. Alors, essentiellement, l’auteur demande au lecteur de faire semblant de croire que le narrateur est reél.

This is a very effective method to bring the narrator of the reader. Since the reader has the impression that the narrator speaks to him. Since the narrator uses the “I”, and when we use “I” there is a “you” who is listening or watching or bed So, basically, the author asks the reader to pretend to believe that the narrator is real.

Il ne s’agit pas bien sûr de dire “oui le narrateur est réel, tu dois croire ça sous peine de mort”, simplement fais semblant de croire que ce narrateur qui te parle est réel. Le théoricien Gyorgy Lukàcs, qui a écrit un livre très important qui s’intitule “La théorie du roman”, c’est ce que Gyorgy Lukàcs appelle l’ironie. Pourquoi ce qu’on dit ironie?

It is not of course to say “yes, the narrator is real, you have to believe that under penalty of death,” just pretending to believe that this narrator speaks to you and is real. The theorist Gyorgy Lukacs, who has written a very important book called “The Theory of the Novel,” that’s what Gyorgy Lukacs called irony. Why they say irony?

Parce que le narrateur n’est pas réelle mais il faut faire semblant de croire qu’il est réel, je peux  imaginer une espèce de hiérarchie. Alors il y a le vrai auteur, l’auteur en chair et en os, si je peux dire, qui fait parler le héros ou le narrateur ou le héros/narrateur, et ce héro narrateur, cite lui-même s’il est héro et narrateur, comme dans la narration à la première personne, et aussi des personnages secondaires.

Because the narrator is not real but you have to pretend to believe he is real, I can imagine a kind of hierarchy. Then there is the real author, the author in the flesh, so to speak, who is speaking of the hero, or the narrator, or the hero / narrator, the narrator and the hero himself who is quoted as if he is the hero and the narrator, like in the narration of the first person, and also secondary characters.

Si le narrateur parle à la troisième personne, comme dans beaucoup de romans du 19e siècle, mais aussi du 18e et du 17e siècle, il y a le personnage principal qui agit, qui parle, alors vous avez deux séries de discours. Le narrateur, qui peut être le héros ou non, dit “je”, “je”, “je”.

If the narrator speaks in the third person, as in many novels of the 19th century, but the 18th and 17th century there was the main character who acts, speaks, then you have two sets of speech. The narrator, who may or may not be the hero, says “I”, “I”, “I”.

S’il n’est pas le héro, il fait dire à son personnage principal “je”, “je”, “je”… C’est-à-dire Il le fait parler pour raconter l’histoire, essentiellement. Nous pouvons créer dans notre esprit une idée de distance. Si le narrateur ou le héro/narrateur ou le personnage principal nous en donne l’impression qu’il est proche de nous, cela crée une distance rapprochée.

If he is not the hero, he must say to his main character “I”, “I”, “I” … That is to say he must speak to tell the story, basically. We can create in our minds a sense of distance. If the narrator or the hero / narrator and the main character give us the impression that he is close to us, this creates a close distance.

Alors que si le narrateur, ou le personnage principal évoque soit des pays lointains, soit des époques lointaines, il crée une distance lointaine, émotive entre le lecteur et les personnages ou le héro/narrateur. On peut par exemple prendre exemple sur la peinture. Si le peintre dépeint un personnage ou un paysage très éloigné, cela crée une distance émotive, psychologique, lointaine.

Whereas if the narrator, or the main character, speaks of distant countries or remote times, he creates a far emotional distance between the reader and the characters, or the hero / narrator. One can, for example, take the example of painting. If the painter portrays a character or a distant landscape, he creates an emotional distance, psychological, distant.

La même chose se fait dans le roman. Si au contraire le peintre nous présente un personnage que nous pourrions pratiquement toucher du doigt, cela crée une distance rapprochée et certainement plus la distance est rapprochée plus notre réaction d’émotion est forte. Il est plus facile de sympathiser ou de détester quelqu’un qu’on voit, qu’on sent, qu’on imagine très proche de nous, que de quelqu’un qui est très éloigné de nous.

The same occurs in the novel. If instead the painter shows us a character we could practically touch with a finger, this creates a close distance and certainly a closer distance is closer for our emotional reaction to be stronger. It is easier to sympathize or dislike someone we see, we feel, we imagine very close to us, as opposed to someone who is very far from us.

Bien sûr toutes les narrations dans la fiction narrative en prose ne sont pas à la première personne. Il y en a énormément qui sont à la troisième personne. L’auteur peut être présent. Comme nous avons vu, dans le sous-titre du premier chapitre du premier livre de Gil Blas, qui est “De la naissance de Gil Blas et de son éducation”.

Of course all the narratives in the narrative prose fiction are not in the first person. There are a tremendous amount in the third person. The author may be present. As we have seen in the subtitle of the first chapter of the first book of Gil Blas, which is “From the birth of Gil Blas and his education.”

Il est évident que ça ne peut être que l’auteur qui parle comme ça. Ni le père de Gil Blas, ni la mère, ni l’oncle Gil Perez ni Gil Blas lui-même puisque c’est à la troisième personne. L’auteur qui est le vrai auteur, ce qu’on appelle l’auteur empirique, engendre, crée un narrateur et le narrateur créé le récit. L’auteur peut aussi créer un narrateur, qui crée un personnage, ça fait le le récit à la troisième personne, qui parle, n’est-ce pas, qui agit, qui tombe amoureux, qui voyage, qui mange, se bat, toutes sortes d’actions possibles et imaginables.

Obviously this can only be the author who speaks like that. Neither the father of Gil Blas, neither the mother nor Uncle Gil, Gil Blas Perez nor himself as it is in the third person. The author who is the real author, who is called the empirical author, creates a narrator and the narrator creates the story. The author may also create a narrator, who creates a character, that’s the story in the third person, who speaks, he is not, that is, the one who falls in love, traveling, eating, fighting, all kinds of conceivable actions.

Je voudrais terminer en vous présentant un petit fragment du chapitre premier d’un conte de Voltaire. Un conte qui s’intitule “Voyage d’un habitant du monde de l’étoile Sirius dans la planète de Saturne”. Ca c’est le sous-titre du premier chapitre. Ce n’est pas un roman mais un conte assez petit qui s’intitule “Micromegas”, qui en grec signifie “petit grand”.

Let me conclude by showing you a small fragment of the first chapter of a tale of Voltaire. A tale entitled “Voyage of an inhabitant of the world of the star Sirius in the planet Saturn.” It is the subtitle of the first chapter. This is not a novel but a pretty little tale entitled “Micromegas”, which in Greek means “little big”.

C’est un jeu de mot de Voltaire. Je commence par lire le premier paragraphe. “dans une de ces planètes qui tournent autour de l’étoile nommée Sirius, il y avait un jeune homme de beaucoup d’esprit”, Cette phrase est en fait ce qu’on appelle le discours diégétique, c’est-à-dire le discours qui rapporte  exactement l’histoire en elle-même, les actions, les faits.

It is a word game of Voltaire. I begin by reading the first paragraph. “In one of those planets revolving around the star named Sirius, there was a young man of great intelligence,” This sentence is in fact what is called a diegetic speech, that is to say, the discourse relates exactly to the story itself, the actions, the facts.

Et puis je vois: “que j’ai eu l’honneur de connaître dans le dernier voyage il fit sur notre petite planète”; Ici il y a un “je” – que J’AI eu l’honneur de connaître, dans un voyage qui fit sur NOTRE petite planète”; Ca veut dire que l’auteur interviennent directement dans la narration, dans le texte. C’est ce qu’on appelle une intervention de l’auteur.

And then I see: “I had the honor to know in the last trip he made on our small planet”; Here there is an “I” – I HAVE had the honor to know, in a trip that was on OUR small planet “; It means that the author is directly involved in the narration in the text. That is called an intervention of the author.

Ensuite je vais voir ce premier petit paragraphe dit “que j’ai eu l’honneur de connaître dans le dernier voyage qu’il fit sur notre…Il s’appelait Micromégas” – ça c’est la narration diégétique – “nom qui convient fort à tous les grands. Il avait huit lieues de haut; j’entends par huit lieues 24000 pas géométriques de cinq pieds chacun”.

Then I’ll see the first small paragraph that says “I had the honor to know in the last journey he made on our … He was called Micromegas” – that’s the diegetic narration – “a name that strongly suits his height. He was eight leagues tall;. I mean eight leagues 24000 geometrical paces of five feet each.

Lorsque l’auteur explique quelque chose, ce n’est plus l’histoire, c’est une explication ou un commentaire. C’est ce que j’appelle le discours extra-diégétique. J’ai donc dans ce petit paragraphe de quatre lignes trois sortes de discours. Le discours diégétique, l’intervention de l’auteur, et le discours extra-diégétique.

When the author says something, he is not the story, it is an explanation or comment. This is what I call the extra-diegetic speech. So I have this little paragraph of four lines of three kinds of discourse. The diegetic speech, the intervention of the author, and the extra-diegetic speech.

Et nous retrouvons cette façon d’organiser une narration dans un très grand nombre…dans un très grand nombre de textes. Je peux augmenter le volume de ma narration en augmentant le volume du discours extra diégétique en faisant toutes sortes de commentaires qui doivent être pertinents, c’est-à-dire en anglais “relevant”, sinon ça n’a plus de sens et ça ne vaut pas la peine d’être lu.

And we find this way of organizing a narrative in huge numbers … in a very large number of texts. I can increase the volume of my narrative by increasing the volume of extra-diegetic speech by making all sorts of comments that should be pertinent, that is to say in English “relevant”, otherwise it is meaningless and it not worth reading.

Mais quand vous voyez dans le deuxième paragraphe j’ai marqué en marron toutes les parties du discours extra diégétique, et c’est presque tout le deuxième paragraphe qui consiste en un discours extra diégétique.

But when you see in the second paragraph I marked in brown all parts of the extra diegetic speech, and it’s almost the entire second paragraph which is an extra-diegetic speech.

Voyez-vous? Et alors mais pourquoi? Parce que s’il ne fallait rapporter que les fait qui se déroulent dans une histoire l’un après l’autre, sans aucun commentaire, sans aucune intervention, l’histoire serait extrêmement ennuyeuse.

See? And then but why? Because if he had to report that fact taking place in a story one after another, without comment, without any intervention, the story would be extremely boring.

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Listening Exercise – Molière

Bonjour et bienvenue sur cette leçon consacrée à la pièce de théâtre “Le Tartuffe” écrite au 17ème siècle par Molière en 1664. Dans cette leçon on va parler de la pièce et aussi on va parler des mises en scène de la pièce “Le Tartuffe”.

Hello and welcome to this lesson dedicated to the play “Tartuffe” in the 17th century written by Molière in 1664. In this lesson we will talk about the piece and we will also talk about the staging of the play “Tartuffe”.

C’est important quand on on étudie le théâtre de se rappeler que le texte écrit, le texte publié, la pièce de théâtre, c’est seulement un aspect de ce qu’est une pièce de théâtre, une pièce de théâtre c’est aussi une représentation, une mise en scène avec un lieu de représentation, un théâtre, avec un metteur en scène, qui fait des choix de mise en scène, qui choisit le décor, les costumes, et qui dirige le jeu des acteurs.

It is important when studying theater to remember that the written text, the text published, the play, it is only one aspect of what a play, a play is a performance, a staging with a performance venue, a theater, with a stage director, who makes staging choices, chooses the décor, costumes, and directs the actors.

Tous ces aspects de mise en scène ont une influence sur la façon dont on interpréte la pièce. On va étudier le texte et aussi on va étudier différentes mises en scène qui ont été filmées de la pièce pour les comparer. Avant de parler des mises en scène, un petit mot sur la pièce elle-même.

These staging aspects influence how one interprets the room. We will study the text and we will also study different stagings that were filmed in the room to compare. Before talking about the staging, a note on the piece itself.

“Le Tartuffe”, c’est ce qu’on appelle une comédie de mœurs. Les mœurs ce sont les comportements sociaux. Une comédie de mœurs, C’est donc une pièce qui fait le portrait des comportements sociaux, ici des comportements sociaux de la famille bourgeoise catholique du 17e siècle.

“Tartuffe” is called a comedy of manners. Manners are the social behaviors. A comedy of manners, so this is a play that portrays social behavior, social behavior here of the Catholic bourgeois family of the 17th century.

C’est aussi un portrait d’un phénomène culturel historique qui appartient à la France catholique du 17e siècle. Á ce moment-là en France il y a un parti qui s’appelle parti des dévots qui cherche à imposer l’influence de l’église catholique de Rome sur les mœurs de ses contemporains.

It is also a portrait of a historic cultural phenomenon that belongs to the Catholic France of the 17th century. At that time in France there is a party called the party of devotees who seek to impose the influence of the Catholic church in Rome on morals of his contemporaries.

Á ce moment-là il y a une dissension religieuse entre l’église catholique de Rome et ce qu’on appelle la réforme. Les familles, le roi, la cour du roi, rend à se dissocier, a trouver une indépendance par rapport à l’église catholique de Rome. Donc ce parti des dévots forme une compagnie, qui s’appelle la compagnie du Saint-Sacrement, qui envoie des dévots, des hommes de religion pour surveiller les mœurs, les comportements des familles bourgeoises.

At that time there was a religious dissension between the Catholic Church of Rome and the so-called reform. Families, the King, the King’s court, goes to dissociate, to find independence from the Catholic church in Rome. So the party of devotees form a company called Company of the Blessed Sacrament, which sends devout religious men to monitor the habits, behaviors of middle-class families.

“Le Tartuffe” c’est justement l’histoire de ce personnage, Tartuffe, qui est un dévot et qui va s’introduire dans une famille, la famille d’Orgon, une famille bourgeoise, pour essayer d’imposer ses vues sur les mœurs et la religion de la famille.

“Tartuffe” is precisely the history of this character, Tartuffe, who is a devout and who will break into a family, the family of Orgon, a bourgeois family, to try to impose his views on customs and religion of the family.

Mais en vérité Tartuffe c’est faux dévot. Il se fait passer pour un homme saint pour servir ses propres intérêts, qui sont obtenir la main de la fille d’Orgon, qui s’appelle Mariane, marier Mariane et obtenir l’argent et la maison d’Orgon. Tartuffe c’est un personnage hypocrite, un imposteur, qui sous couvert d’être un dévot, un saint, va chercher à servir ses propos intérêts et à diviser la famille d’Orgon.

But in truth Tartuffe is false devotee. He pretends to be a saint to serve its own interests, which are getting the hand of the daughter of Orgon, called Mariane, Mariane married and get the money and the house of Orgon. Tartuffe is a hypocrite character, an impostor, who under the guise of being a devotee, a saint, will seek to serve its interests and about to divide the family of Orgon.

La pièce est ouverte à plusieurs interprétations et à plusieurs mises en scène mais la pièce a aussi une structure très forte parce que c’est comédie classique et la comédie classique a ses propres conventions. Notamment, la comédie classique à une structure narrative très conventionnelle et fixe.

The room is open to several interpretations and several plays but the room also has a very strong structure because it’s classic comedy and classic comedy has its own conventions. In particular, the classic comedy with a very conventional and fixed narrative structure.

La structure narrative de la comédie, elle se déploie en quatre temps: l’exposition, la où les complications, la ou les crises, et la ou les résolutions. D’abord l’exposition. La première partie de la pièce de théâtre expose présente les personnages et expose le nœud de l’intrigue, c’est-à-dire ce qui va faire un conflit, ce qui va représenter l’intrigue.

The narrative structure of comedy, it unfolds in four stages: exposure, where complications, or crises, and or resolutions. First exposure. The first part of the play exposes introduces the characters and exposes the plot node, that is to say what will be a conflict, which will represent the plot.

L’intrigue est simple. C’est que Tartuffe s’introduit dans la famille en se faisant passer pour un saint et en gagnant l’admiration aveuglée d’Orgon, le père de famille, et va chercher à épouser Mariane, la fille d’Orgon. Mariane évidemment ne veut pas épouser Tartuffe, qui est vieux, qui est laid, qui est un hypocrite, un homme méchant, elle veut épouser Valère.

The plot is simple. It’s Tartuffe enters the family by posing as a saint and winning the admiration blinded Orgon, the father, and will seek to marry Mariane, daughter of Orgon. Mariane obviously does not want to marry Tartuffe, who is old, who is ugly, a hypocrite, a wicked man, she wants to marry Valere.

Valère c’est son amant, Valère est amoureux réciproquement de Mariane. Mais Tartuffe crée un conflit, un nœud, puisque il empêche ce mariage. Et la famille d’Orgon, mis à part Orgon, va essayer d’aider Mariane a échapper au destin funeste qui l’attend. Donc ça c’est le nœud de l’intrigue.

Valere is his lover, Valere is reciprocally in love with Mariane. But Tartuffe creates a conflict, a node, since it prevents the marriage. And the family of Orgon, except Orgon, Mariane will try to help escape a doom that awaits him. So that’s the plot node.

Après, le nœud de l’intrigue et compliqué parce qu’on appelle une complication et cette complication elle vient du fils d’Orgon, le frère de Mariane donc, qui a un geste malheureux. Ce fils, il s’appelle Damis, il se rend compte qu’en vérité Tartuffe non seulement veut épouser Mariane mais aussi il veut séduire Élmire, la femme d’Orgon et donc sa propre mère.

After the plot node and complicated because a complication called this complication and it comes from the son of Orgon’s brother Mariane therefore, that an unfortunate gesture. This son, his name Damis, he realizes that Tartuffe truth not only wants to marry Mariane but he wants to seduce Elmire, Orgon’s wife and therefore his own mother.

Il est complètement outragé par ça il décide de dire à son père Orgon, “écoute” “Tartuffe, l’homme que tu crois être un saint” “il essaie de séduire ma mère, ta femme”. Et Orgon est tellement aveuglé par l’admiration qu’il a pour Tartuffe qu’ il refuse de croire son fils Damis et pour prouver que son fils a tort, et que toute sa famille a tort, il décide de redoubler la générosité qu’il a pour Tartufffe et de donner tout son argent et toute sa maison à Tartuffe et de donner la main de sa fille Mariane à Tartuffe le soir même!

He is completely outraged by it he decided to tell his father Orgon, “listens” “Tartuffe, the man you believe to be a saint” “tries to seduce my mother, your wife.” And Orgon is so blinded by the admiration he has for Tartuffe that it refuses to believe his son Damis and to prove that his son was wrong, and that his family was wrong, he decided to intensify the generosity that Its Tartufffe and give all his money and all his house to Tartuffe and give the hand of his daughter Mariane to Tartuffe that evening!

Le geste de Damis a une conséquence malheureuse, une complication, puisqu’ il précipite la situation de crise dans laquelle se retrouvent Mariane et Élmire et toute la famille d’Orgon. De cette situation de crise vient une première résolution. La résolution est permise par un stratagème développé par Élmire, la femme d’Orgon, qui va décider de trouver un moyen pour montrer à son mari Orgon que tartuffe essaie de la séduire.

The gesture of Damis was an unfortunate consequence, a complication, since it precipitates the crisis situation in which find themselves Mariane and Elmire and the whole family of Orgon. This crisis is a first resolution. The resolution is permitted by a scheme developed by Elmire, Orgon’s wife, who will decide to find a way to show her husband Orgon that Tartuffe trying to seduce her.

Elle demande à Orgon de se cacher sous la table pendant que Tartuffe va essayer de la séduire. Et elle va ruser pour pousser Tartuffe à la séduire pendant que son mari sous la table entend toute la conversation. Et donc ce stratagème aboutit à une résolution puisque enfin Orgon se rend compte de l’imposture de Tartuffe.

She asks Orgon to hide under the table while Tartuffe will try to seduce her. And it will use tricks to push Tartuffe to seduce while her husband under the table meant any conversation. And so this ploy leads to a resolution as Orgon finally realizes the deception Tartuffe.

Cette résolution n’est pas la résolution finale de la pièce car en vérité il y a une autre complication: Orgon a déjà donné tout son argent et sa maison à Tartuffe et Tartuffe veut chasser maintenant la famille d’Orgon de sa propre maison; mais cette seconde crise est résolue par une autre résolution, la résolution finale de la pièce: le prince le fils du roi de France, intervient dans la pièce pour dénoncer l’imposture de Tartuffe et rendre la maison et les biens à la famille d’Orgon, et c’est la fin de la pièce.

This resolution is not the final resolution of the room because in truth there is another complication: Orgon has already given all his money and his house in Tartuffe Tartuffe and now wants to expel the family of Orgon of his own house; but this second crisis is resolved by another resolution, the final resolution of the piece: the Prince the son of the King of France, comes into the room to denounce the imposture of Tartuffe and make the house and property to the family of Orgon, and that’s the end of the piece.

Cette structure traditionnelle impose une certaine forme de narration et impose aussi une certaine forme de caractérisation des personnages. Les personnages dans cette pièce sont des types théâtraux. Ça veut dire des personnages dont les comportements sont fixés.

This traditional structure imposes some form of narration and also requires some form of characterization of characters. The characters in this play are theatrical type. It means the characters whose behaviors are set.

Ils n’ont pas forcément une psychologie très profonde c’est juste des types théâtraux que tout le monde connaît et dont on attend un certain comportement. Par exemple, il y a Orgon. Orgon c’est le type du père autoritaire qui veut toujours avoir raison et qui est prêt à commettre les pires bêtises pour prouver qu’il a raison.

They may not have a very deep psychology that’s just kind of theater that everyone knows and which we expect a certain behavior. For example, there Orgon. Orgon is the type of authoritarian father who always wants to be right and who is ready to commit the worst nonsense to prove he’s right.

C’est aussi le personnage du cocu volontaire. Un cocu c’est un mot vulgaire pour dire qu’on est trompé, que sa femme nous trompe avec quelqu’un d’autre, on a des cornes on est cocu. Mais ce cocu est volontaire parce qu’il encourage sa femme à le tromper, il ne veut pas croire que Tartuffe essaie de séduire sa femme et sa femme est obligée d’aller très loin dans la séduction que Tartuffe lui propose pour montrer à son mari qu’il est cocu. Donc c’est un cocu volontaire. C’est un type théâtrale très conventionnel et fixe.

This is also the character of voluntary cuckold. A cuckold is a vulgar word to say we made a mistake, that his wife deceives us with someone else, there is one cuckold horns. But cuckold is voluntary because it encourages his wife to deceive him, he will not believe that Tartuffe trying to seduce his wife and his wife has to go very far in seduction Tartuffe offers him to show her husband he is a cuckold. So it is a voluntary cuckold. This is a very conventional and fixed theatrical type.

Un autre type théâtral, c’est Dorine, la servante de Mariane. La servante, elle est toujours rusée et spirituelle dans ce genre de comédie classique. Elle va chercher à déjouer les stratagèmes de Tartuffe, et elle est toujours en train de défier avec humour et avec ironie l’autorité de la figure paternelle Orgon.

Another theatrical type, Dorine, Mariane’s maid. The servant, she is always tricky and spiritual in this kind of classic comedy. It will seek to thwart the schemes of Tartuffe, and is always trying to challenge with humor and irony with the authority of the father figure Orgon.

Un autre type théâtrale, c’est Mariane elle-même qui est le type qu’on appelle l’ingénue. L’ingénue c’est une jeune fille qui est naïve qui est innocente et qui obéit toujours à son père. Ces types théâtraux dans la comédie classique imposent aussi à la pièce des scènes conventionnelles, des scènes que tout le monde attend.

Another theatrical type, Mariane itself that is the type called the ingenue. The ingenuous it is a naive girl who is innocent and who always obeys his father. These types theater in the classic comedy also impose the piece of conventional scenes, scenes that everyone expected.

Par exemple, la scène du dépit amoureux qu’on va étudier entre Marianne et son amant Valère. Dans cette scène de dépit amoureux Mariane, qui est innocente, et un peu orgueuilleuse, ne veut pas avouer publiquement son amour pour Valère, et Valère qui est aussi très jeune et innocent et un peu orgueuilleux ne veut pas avouer son amour pour Mariane.

For example, the scene of the heartache we will study between Marianne and her lover Valere. In this scene of heartache Mariane, who is innocent, and some orgueuilleuse, does not want to publicly admit his love for Valere, and Valere which is also very young and innocent and a little orgueuilleux does not want to confess his love for Mariane.

Donc ils s’aiment mais ils ne veulent pas le dire. Donc ils risquent de se perdre par orgueil, par dépit. C’est la scène du dépit amoureux basé sur des types théâtraux traditionnels. Une autre scène c’est la scène où justement Orgon est caché sous la table et est témoin volontaire de l’infidélité alors que sa femme est prête à commettre avec Tartuffe.

So they love but they do not want to say. So they may be lost by pride, spite. This is the scene of love despite based on traditional theatrical type. Another scene is the scene where Orgon just hid under the table and voluntary witness of infidelity while his wife is ready to commit with Tartuffe.

Toutes ces scènes sont des scènes de comédie classique qui sont fixées, qui sont stéréotypées, qui sont imposées par la structure de la pièce par les types théâtraux de la pièce. Tous ces types théâtraux, cette structure conventionnelle, ces scènes conventionnelles imposent un cadre assez rigide à l’interprétation de la pièce.

All these scenes are classic comedy scenes which are fixed, which are stereotyped, imposed by the structure of the piece by piece theatrical types. All these types theater, this conventional structure, these conventional scenes require a fairly rigid framework for the interpretation of the part.

Par exemple, Tartuffe est un hypocrite méchant et la pièce critique Tartuffe. C’est une interprétation traditionnelle, conventionnelle, imposée par la pièce telle qu’elle a été écrite au 17ème siècle. Et quand on lit la pièce de Molière chez soi, quand on lit “Le Tartuffe”, c’est très agréable de reconnaître ces types théâtraux par curiosité pour les productions culturelles du 17e siècle, pour la langue de Molière, etc.

For example, Tartuffe is a wicked hypocrite Tartuffe and critical piece. It is a traditional interpretation, conventional, imposed by the piece as it was written in the 17th century. And when we read Molière’s play at home, when you read “Le Tartuffe” is nice to recognize these types theatrical curiosity for cultural productions of the 17th century, for the language of Molière, etc.

Mais si vous êtes un metteur en scène et que vous voulez représenter cette pièce pour un public contemporain ça ne suffit pas. Il faut trouver à actualiser, à rendre actuelle, à rendre intéressante cette pièce pour un public contemporain. Et donc les metteurs en scène sont forcés de faire des choix pour actualiser cette pièce.

But if you are a director and you want to represent this piece for a contemporary audience that is not enough. We need to find to update, to make present, to make it interesting this piece for a contemporary audience. And so the directors are forced to make choices to refresh the room.

Des choix de mise en scène ça inclut le choix du décor, le choix des costumes et le choix du jeu des acteurs. Par exemple, la metteur en scène Ariane Mnouchkine a créé une mise en scène de cette pièce “Le Tartuffe” en 1995 qui donne un sens nouveau à cette pièce en changeant les costumes et les décors.

Staging choices that include the choice of decor, the choice of costume and choice of acting. For example, the stage director Ariane Mnouchkine established a staging of the play “Tartuffe” in 1995, which gives new meaning to this piece by changing costumes and sets.

Plutôt que d’utiliser les costumes, de réconstituer les costumes et les décors de la famille bourgeoise catholique du 17e siècle français, elle a choisi d’utiliser les décors et les costumes d’une famille musulmane contemporaine dans un pays d’Afrique du nord.

Rather than using costumes, to reconstruct the costumes and scenery of the Catholic bourgeois family of the 17th century French, she chose to use the sets and costumes of a contemporary Muslim family in a country in North Africa

Et par conséquent Le Tartuffe n’est plus un dévot catholique du 17e siècle, c’est un intégriste musulman dans le contexte des pays musulmans contemporains d’Afrique du nord. En changeant le décor et les costumes, Ariane Mnouchkine donne un sens nouveau un sens contemporain à la pièce.

Tartuffe and therefore is no longer a Catholic devotee of the 17th century, a Muslim fundamentalist in the context of contemporary Muslim countries of North Africa. By changing the set and costumes, Ariane Mnouchkine redefines contemporary feel to the room.

On peut aussi donner un sens différent à la pièce, actualiser la pièce en travaillant simplement le jeu des acteurs. C’est ce qu’a fait en 1950 le metteur en scène Louis Jouvet, qui a choisi de transformer complètement l’interprétation de la pièce en proposant un jeu d’acteur qui révélait une profondeur psychologique au personnage du Tartuffe.

One can also give a different meaning to the part, update the room by simply working the actors. This was done in 1950 the director Louis Jouvet, who chose to completely transform the interpretation of the play by proposing a game that player revealed a psychological depth to the character of Tartuffe.

Dans la mise en scène de Louis Jouvet le personnage du Tartuffe n’est pas simplement une caricature d’hypocrite et d’imposteur. C’est en vérité un personnage tragique, torturé par l’amour qu’il a pour une femme plus jeune que lui et dont il sait qu’il ne pourra jamais gagner les faveurs.

In the staging of Louis Jouvet the character of Tartuffe is not just a caricature hypocrite and impostor. It is indeed a tragic figure, tortured by his love for a woman younger than him and he knows he can never win favor.

C’est un personnage torturé, divisé, complexe, mélancolique, et très touchant finalement. Et dans cette mise en scène où Tartuffe n’est plus le méchant, il est un méchant, mais un méchant qu’on aime, du coup on se pose des questions sur les motivations des autres personnages de la pièce qui essayent de contrecarrer, d’empêcher l’amour de Tartuffe.

It is a tortured character, divided, complex, melancholy, and ultimately very touching. And in this scene where Tartuffe is not the bad guy, he’s a villain, but a villain we love, we suddenly asks questions about the motives of the other characters in the play who are trying to thwart, d prevent the love of Tartuffe.

Et on se demande: si Tartuffe a un amour légitime, pour Mariane ou pour Élmire, quelles sont les motivations des autres personnages? Peut-être les autres personnages qui sont des gentils,  normalement, deviennent des méchants, ou au moins des personnages qui eux-mêmes ont une certaine hypocrisie, qui eux-mêmes veulent servir des intérêts égoïstes.

And one wonders if Tartuffe has a legitimate love for Mariane or Elmire, what are the motivations of the other characters? Perhaps the other characters who are kind normally become wicked, or at least characters who themselves have a certain hypocrisy, who themselves want to serve selfish interests.

Et donc tous les personnages de la pièce acquièrent une profondeur psychologique, au-delà des types théâtraux imposés par la comédie classique. Juste en travaillant sur le jeu des acteurs, c’est-à-dire sur le déplacement des acteurs, sur la gestuelle des acteurs, sur le rythme de leur parole, et sur le ton de leur voix, on peut donner une interprétation nouvelle à une pièce.

And so all the characters in the play gain a psychological depth, beyond the theatrical types imposed by the classic comedy. Just working on the acting, that is to say on the movement of actors, gestures of the actors, to the rhythm of their words and the tone of their voice, we can give a new interpretation to a piece.

Nous allons étudier deux mises en scène récentes, pas très récentes, mais de la deuxième partie du 20e siècle, qui ont été réalisées la première par Marcel Carvenne, qui a été montée en 1971, et la deuxième par Jacques Charon qui a été montée en 1973 au théâtre de la comédie française.

We will study two recent stage set, not very new, but the second part of the 20th century, which were conducted by Marcel Carvenne the first, which was mounted in 1971, and the second by Jacques Charon, which was mounted in 1973 French comedy theater.

Ces deux mises en scènes ont été filmées et donc nous avons la chance de pouvoir les étudier, en particulier, et les comparer. Et on devra se demander comment ces mises en scène proposent des interprétations différentes de la pièce, et va devoir observer, analyser, interpréter et comparer, non seulement le texte, mais aussi les mises en scène et en particulier la direction du jeu des acteurs par ces deux metteurs en scène, c’est-à-dire: le ton de voix des acteurs, leur geste, le rythme de leurs paroles, et leur mouvement sur la scène.

Both stagings were filmed and so we have the chance to study them, in particular, and compare them. And we must ask how these stagings offer different interpretations of the play, and will have to observe, analyze, interpret and compare, not only the text but also directed and implemented in particular the leadership of acting by these two directors, that is to say, the tone of voice actors, their gestures, the rhythm of their words, and their movement on the stage.

 

Listening Exercise – Ronsard

Bonjour et bienvenue sur cette leçon consacrée à la poésie de Ronsard, poète du 16e siècle, et en particulier aux poèmes de Ronsard qui appartiennent au recueil de poésie appelé “Les Amours”, et qui a été écrit en 1552.

Hello and welcome to this lesson dedicated to the poetry of Ronsard, poet of the 16th century, especially the poems of Ronsard that belong to the collection of poems called “The Romance”, which was written in 1552.

Alors Ronsard écrit des poèmes qui mettent en scène un personnage, “je”, le pronom “je”. On a déjà dit que en général on appelle “je”, dans un texte, le narrateur. Mais la particularité de la poésie de Ronsard, c’est que “je” le narrateur parle de ses émotions, et en particulier de son amour pour un autre personnage une femme, Cassandre.

Then Ronsard wrote poems that depict a character, “I,” the pronoun “I”. It has been said that in general we call ‘I’ in a text, the narrator. But the peculiarity of the poetry of Ronsard, is that “I” narrator talks about his emotions, especially his love for another character a woman, Cassandra.

Et ce “je”, ce personnage, qui parle de son amour, en poésie, on ne l’appelle pas le narrateur, il a un nom différent, on l’appelle le sujet lyrique. “Lyrique” pourquoi? Parce qu’il chante en poésie ses sentiments. Alors que la particularité de ce recueil de poésie c’est le nombre: “Les Amours”.

And this “I”, this character, who speaks of his love poetry, you do not call the narrator, has a different name, it is called the lyrical subject. “Lyrical” why? Because he sings poetry feelings. While the feature of this poetry collection is the number: “The Loves”.

C’est pas singulier, c’est pluriel. Pourquoi le titre “Les Amours” au pluriel, alors que l’objet d’amour du sujet lyrique c’est une femme, Cassandre? Ça c’est une question intéressante. Une particularité de l’amour, dans ce style de poésie, la poésie lyrique, la poésie amoureuse lyrique, c’est que cet amour n’est pas réalisé.

It is not singular is plural. Why the title “Love” in the plural, while the love object of lyrical subject is a woman, Cassandra? That’s an interesting question. A peculiarity of love in this style of poetry, lyric poetry, lyric love poetry is that this love is not realized.

C’est un amour frustré, un amour idéal, en quelque sorte, ou platonique, si on veut, qui n’est jamais réalisé et donc qui provoque chez le sujet lyrique un sentiment de langueur. La langueur, c’est le désir pour un objet qu’on ne peut pas posséder.

It’s a frustrated love, an ideal love, somehow or platonic, if you will, which is never realized and which therefore provokes the lyrical subject a feeling of languor. Languor, is the desire for an object that you can not possess.

[Note: Languorous refers to a certain kind of mood everyone gets in sometimes — when you’d rather lie around thinking than doing work or having fun. When you’re languorous, you’re tired and maybe a little depressed.]

“Les Amours” ce sont des poèmes sur le sentiment de la langueur amoureuse, un amour langoureux. Ronsard emprunte ce genre de poésie lyrique amoureuse à un autre poète italien qui le précède: Pétrarque. Et il emprunte aussi à Pétrarque la forme du sonnet.

“The Loves” These are poems about the feeling of love languor, a languorous love. Ronsard borrows this kind of love lyric to another Italian poet preceding Petrarch. And it also borrows the Petrarch sonnet form.

Un sonnet c’est un poème qui est composé de 4 paragraphes. Alors en poésie on appelle pas des paragraphes des “paragraphes”, on appelle des paragraphes, des “strophes”. Donc le sonnet est composé de quatre strophes qui ont un nombre de vers précis.

A sonnet is a poem that consists of 4 sections. So poetry is not known paragraphs of “paragraphs”, called paragraphs, “stanzas”. So the sonnet has four stanzas that have a specific number of worms.

Les deux premières strophes ont chacune 4 vers. On appelle ces strophes des quatrains. Et les deux dernières strophes ont chacune 3 vers, et on appelle ces strophes des tercets. Donc un sonnet c’est un poème de quatorze vers, composé de deux quatrains, puis de deux tercets.

The first two stanzas each have 4 to. We call these verses quatrains. And the last two stanzas each have three verses, and these are called stanzas of triplets. So what a sonnet is a poem of fourteen lines, consisting of two quatrains and two triplets.

Cette structure aide à lire le poème. Alors on va voir par exemple dans ce poème qui s’appelle: “Ces liens d’or, cette bouche vermeille”, qui appartient au recueil “Les Amours”. Le premier quatrain, que je lis maintenant: “Ces liens d’or, cette bouche vermeille, Pleine de lis, de roses et d’œillets, Et ces coraux chastement vermeillets, Et cette joue á l’Aurore pareille »

This structure helps to read the poem. So we’ll see for example in this poem called: “These gold links, this red mouth”, which belongs to the collection “Les Amours”. The first quatrain, I’m reading now: “These gold links, this red mouth Full of lilies, roses and carnations, and these corals chastely vermeillets, á And this plays like the Dawn”

Dans ce premier quatrain, on a une description, la description de Cassandre, l’objet aimé par le sujet lyrique. Cette description est composée de comparaisons, des analogies, des métaphores, entre des parties du visage de Cassandre et différents objets.

In the first quatrain, one has a description, the description of Cassandra, the beloved by the lyrical subject. This description is made of comparisons, analogies, metaphors, between parts of the face Cassandra and different objects.

Par exemple, les “liens d’or”. Qu’est ce que c’est les “liens d’or”? Des liens ce sont des fils. Et l’or, c’est la couleur jaune. Donc des fils jaunes, ce sont les cheveux. Les cheveux de Cassandre, qui sont blonds, et qui sont sans doute bouclés, et qui font des liens, des liens évidemment où le sujet lyrique et prisonnier, parce qu’il est amoureux.

For example, “gold links.” What is the “golden link”? Links that are the son’s. And gold is the color yellow. So yellow son, it’s the hair. Hair Cassandra, who is blond, and are probably curly, and who make links, links course where the lyrical subject prisoner because he is in love.

La “bouche vermeille”, c’est une description de la couleur rose (vermeille c’est rose) de la bouche. Pleine de lis, de roses” “et d’œillets”. Alors pourquoi la bouche et pleine de fleurs? Ces fleurs ce sont des fleurs roses, comme la rose, ou blanches, comme le lis, ou l’œillet.

The “red mouth” is a description of the color pink (crimson is pink) from the mouth. Full of lilies, roses and carnations.” So why the mouth and full of flowers? These flowers are pink flowers such as pink, or white, like the lilies or carnations.

C’est une comparaison. L’œillet et le lys, ce sont les dents blanches qui sont dans la bouche de Cassandre. Et la rose, on peut penser que c’est la langue, par exemple. Donc c’est une métaphore qui décrit la bouche de Cassandre. “Et ces coraux chastement vermeillets,” Les coraux vous savez ce sont ces plantes qui vivent sous la mer, qui ont une couleur blanche.

This is a comparison. The carnation and lily, are the white teeth are in the mouth of Cassandra. And the rose, one can think that it is the language, for example. So it is a metaphor that describes the mouth of Cassandra. “And these chastely vermeillets corals,” Corals you know what these are plants that live under the sea, which have a white color.

Mais ici ce sont des coraux un peu vermeillets, un peu rose. Alors on peut imaginer que c’est la couleur de la peau du visage de Cassandre qui est blanche, et un peu rose. Chastement rose. Pourquoi “chastement” rose? Parce que le visage rougit de pudeur et de timidité.

But here are some vermeillets corals, slightly pink. So one can imagine that it is the color of Cassandra facial skin is white and slightly pink. Chastely rose. Why “chastely” Pink? Because the face blushed with modesty and shyness.

C’est un personnage chaste, timide. Et puis finalement “Cette joue à l’aurore pareille;” c’est une comparaison entre la couleur rose des joues, et la couleur rose de l’aurore. Donc toutes ces comparaisons sont des comparaisons qui sont empruntées au vocabulaire de la poésie lyrique amoureuse de Pétrarque.

It is a chaste character, shy. And finally “This plays like the dawn;” This is a comparison between the color pink cheeks, and the pink color of the dawn. So all these comparisons are comparisons that are borrowed from the vocabulary of love lyric poetry of Petrarch.

C’est donc un premier quatrain qui se concentre sur le visage de Cassandre, de l’objet aimé. Avançons dans le deuxième quatrain. “Ces mains, ce col, ce front et cette oreille, Et de ce sein les boutons verdelets, Et de ces yeux les astres jumelets, Qui font trembler les âmes de merveille,”

It is therefore a first quatrain that focuses on the face of Cassandra, the beloved object. Move into the second stanza. “These hands, neck, forehead and it that way, and this within the verdelets buttons, And the eyes of those jumelets stars, who are shaking the souls of wonder,”

Le regard du sujet lyrique Descend du visage vers le corps. Puisqu’on a les mains, le col, le front, l oreille. Donc, c’est pas vraiment le corps mais c’est plutôt que le regard qui était très près du visage au début, ici il s’éloigne et donc on voit le corps et les oreilles et le front, et les seins aussi, de ce sein “les boutons vertelets”, encore une comparaison entre les tétons, le bouton des seins, et le bouton des fleurs. “Et de ces yeux les astres jumelets”, les yeux sont comparés à des étoiles jumelles, “Qui font trembler les âmes de merveille”.

The look of the lyric subject Descend the face to the body. Since we have hands, neck, forehead, ear. So this is not really the body but rather the look that was very close to the face at first, here he leaves and therefore we see the body and ears and forehead and breasts too, within this “vertelets the buttons”, even a comparison of the nipples, the button of the breasts, and the button flowers. “And those eyes jumelets the stars,” the eyes are compared to twin stars, “Who are shaking the souls of Wonder”.

C’est une énumération de toutes les qualités du corps, de toutes les parties du corps de Cassandre.  Toutes ces parties du corps ce sont des sujets des sujets grammaticaux, du verbe qui suit. Le verbe qui suit, le premier verbe du poème, apparaît dans le premier tercet.

This is a list of all the qualities of body, every part of the body of Cassandra. All these parts of the body that are subjects of grammatical subjects, the following verb. The verb that follows, the first word of the poem appears in the first tercet.

Toutes ces parties du corps “firent nicher Amour” “dedans mon sein” “Qui gros de germe avait le ventre plein” “D’œufs non formés qu’en notre sang il couve.” Donc le verbe: “Firent nicher”. Vous connaissez la forme “firent”, c’est un passé simple, c’est le passé simple du verbe “faire” à la troisième personne du pluriel.

All these body parts “made love nest” “in my breast” “Who wholesale germ had a full stomach” “On untrained eggs that it incubates our blood.” So the verb “made nest.” You know as “made”, it is a simple past is the simple past tense of “to do” in the third person plural.

Donc ces parties du corps firent, causèrent que Amour niche dans mon sein. Amour s’installe dans mon sein. Ici “Amour” a une lettre majuscule, parce qu’Amour c’est un personnage. C’est le dieu de l’antiquité Amour qui est souvent représenté comme un petit enfant nu avec des ailes et un arc.

So these body parts did, that caused love nest in my breast. Love settles in my breast. Here “Love” has a capital letter, because that Love is a character. It is the god of antiquity Love which is often represented as a little child naked with wings and a bow.

Donc Amour est un personnage. Amour s’installe dans le sein, dans le cœur du sujet lyrique à cause de toutes ces parties qui “firent nicher Amour dedans mon sein”. Et la particularité du sein, du cœur du sujet lyrique, c’est que ce sein est “plein de germe”, il a le ventre plein, il est “gros de germe” c’est-à-dire plein de germe.

So Love is a character. Love settles in the breast, in the heart of lyrical subject because of all these parties “made love nest in my breast.” And breast particularity, the heart of the lyrical subject is that it is in “full germ” he full stomach, it is “big germ” that is to say, full germ.

Des germes ce sont donc des embryons, des graines, des embryons si on prend une métaphore animale, des graines, si on prend une métaphore végétale. Ça c’est très original. C’est pas le vocabulaire traditionnel de Pétrarque. Il y a dans le sujet lyrique des embryons d’Amour.

Germs that are embryos, seeds, embryos if we take an animal metaphor, seeds, if we take a vegetable metaphor. That’s very original. This is not the traditional vocabulary of Petrarch. There in the lyrical subject of Love embryos.

C’est très étrange. Alors on peut l’interpréter de la manière suivante: le sujet lyrique avant de rencontrer Cassandre, avait déjà des pensées érotiques, des désirs langoureux, qui étaient là en germe embryonnaires, et quand il a vu Cassandre, toutes ses pensées érotiques tous ses désirs langoureux ont éclos, se sont développés. Une façon de dire que quand on aime, c’est parce que d’abord on aime l’idée d’aimer, et ensuite on rencontre quelqu’un qu’on peut aimer.

It’s very strange. So it can be interpreted as follows: the lyrical subject before meeting Cassandra, already had sexual thoughts, desires languorous, who were there in embryonic germ, and when he saw Cassandra, all sexual thoughts all his desires languorous hatched, grew. A way of saying that when you love, it is because first we like the idea of ​​love, and then you meet someone you can love.

Dernier tercet: “Comment vivrai-je autrement qu’en langueur, Quand une engeance immortelle je trouve D’amours éclos et couvés en mon cœur?” Le sujet lyrique demande: Je ne peux pas vivre je ne peux vivre que en langueur dans un désir frustré, parce que non seulement Amour est dans mon cœur, mais une engeance d’Amours, une foule d’Amours toute une génération d’Amours sont dans mon cœur.

Last tercet: “How shall I live otherwise than languor When I find an immortal breed of loves hatched and incubated in my heart?” The lyrical subject request: I can not live I can not live in that languor in a frustrated desire, because not only love is in my heart, but a breed d’Amours, a crowd of a Amours d’Amours generation are in my heart.

Ce sont tous ces germes, ces embryons d’Amours au pluriel qui ont éclos dans mon cœur. C’est une image très étrange qui nous renvoie à la question pourquoi le titre du recueil de ses poèmes c’est “Les Amours” au pluriel, alors qu’il y a seulement un objet d’amour, Cassandre?

These are all germs, these embryos Amours plural that have hatched in my heart. This is a very strange image that returns us to the question why the title of the collection of his poems is “The Romance” in the plural, while there was only an object of love, Cassandra?

Donc cette image très étrange: il y a plein d’Amours dans mon cœur. Une façon d’interpréter cette question – Pourquoi les Amours au pluriel? – c’est que le sujet lyrique est amoureux pas seulement de Cassandre, mais de toutes les parties de son corps: les yeux, la joue, la bouche, et dans la bouche les dents et la langue etc.

So this very strange picture: there are plenty of Amours in my heart. One way to interpret this question – Why Amours plural? – Is that the lyrical subject is in love not only Cassandra but all his body parts: eyes, cheek, mouth, and teeth in the mouth and tongue etc.

Ce sont “des amours” de Cassandre. C’est un amour pluriel. C’est un amour qui est vécu à travers la pluralité. Une autre façon d’interpréter le pluriel dans “Les Amours” c’est d’interpréter ce plurie comme un commentaire sur la poésie elle-même.

These are “loves” Cassandra. This is a plural love. It is a love that is lived through the plurality. Another way to interpret the plural in “The Romance” is to interpret this as a comment on poetry itself.

La poésie de Ronsard utilise beaucoup la répétition de certaines voyelles et la répétition de certaines consonnes pour créer des effets poétiques. Par exemple dans le vers “vermeillets,…” Ronsard répète la consonne “ill”. Dans “Ces liens d’or, cette bouche vermeille, Pleine de lis, de roses et d’œillets, Et ces coraux chastement vermeillets, Et cette joue á l’Aurore pareille;”

The poetry of Ronsard uses much repetition of certain vowels and the repetition of certain consonants to create poetic effects. For example in the verse “vermeillets, …” Ronsard repeats the consonant “ill”. In “These gold links, this red mouth Full of lilies, roses and carnations, and these corals chastely vermeillets, and this plays like the Aurora”

La répétition du son “ill” on l’entend dans “vermeillets” dans “lien”, dans “vermeile” dans “merveille”, dans “pareille”, dans “œillets”. On observe cette répétition de consonnes – cette répétition de consonne s’appelle un allitération. – maintenant il faut l’interpréter. Qu’est-ce que c’est justement la consonne “ill”, pour la prononcer, il faut utiliser une grande partie de sa langue, coller sa langue contre son palais et utiliser de la salive.

The repetition of his “ill” is understood in “vermeillets” in “link” in “vermeile” in “wonder”, in “such” in “Carnation”. We observe the repetition of consonants – this consonant repetition is called alliteration. – Now it should be interpreted. What is precisely the consonant “ill”, for the rule, use a large part of his tongue, sticking his tongue against his palate and use of saliva.

En quelque sorte, la consonne “ill” c’est une consonne très humide, très érotique, donc ça convient bien pour décrire l’érotisme du sujet lyrique pour Cassandre. Un autre exemple c’est la répétition de voyelles. La répétition de voyelles, on appelle ça une assonance. Allitération: répétition de consonnes; Assonance: répétition de voyelles. Voici un exemple d’assonance dans le tercet “Comment vivrai-je autrement qu’en langueur, Quand une engeance immortelle je trouve D’Amours éclos et couvés en mon cœur?”

Somehow, the consonant “ill” is a very damp consonant, very erotic, so it is well suited to describe the eroticism of lyrical subject to Cassandra. Another example is the repetition of vowels. The repetition of vowels, it’s called an assonance. Alliteration: repetition of consonants; Assonance: Repeat vowels. An example of assonance in the tercet “How shall I live otherwise than languor When I find an immortal breed of loves hatched and incubated in my heart?”

Quelle voyelle on entend? Quelle assonance on entend dans ce tercet? on entend la voyelle “en”, la voyelle nasale, dans les mots “comment”, “autrement”, “langueur”, “engeance”. Une fois qu’on a observé cette assonance, comment l’interpréter?

What is meant by vowel? What is meant assonance in this tercet? Vowel means “in” nasal vowel in the word “how”, “other”, “languid”, “breed”. Once we observed this assonance, how to interpret it?

Heuuu…La voeyelle nasale en français, est souvent utilisée comme une interjection pour exprimer l’ennui ou la plainte. Donc on peut interpréter cette assonance comme une illustration de la plainte, de la langueur du sujet lyrique.

Heuuu … Nasal “voeyelle” in French, is often used as an interjection to express boredom or complaint. So we can interpret this assonance as an illustration of the complaint, the languor of the lyrical subject.

Encore un dernier exemple, cette fois-ci d’allitération, de répétition de consonnes. Dans le même tercet, écoutez la répétition des consonnes “v”, “j” et “z”. “Comment vivrai-je autrement” “qu’en langueur,” “Quand une engeance immortelle je trouve” “d’Amours éclos et couvés en mon cœur?”

One last example, this time of alliteration, repetition of consonants. At the same triplet, hear the repetition of consonant “v”, “j” and “z”. “How shall I live differently” “that languor,” “When I find an immortal breed” “the loves hatched and incubated in my heart?”

La particularité des consonnes “v”, “j” et “z”, c’est que pour les prononcer, il faut souffler de l’air, et aussi activer ses cordes vocaliques. C’est pour ça qu’on appelle ces consonnes des consonnes fricatives. Parce qu’il faut souffler de l’air. Comment interpréter cette allitération avec des consonnes fricatives?

The peculiarity of the consonants “v”, “j” and “z” is that to deliver them, we must blow air, and also activate its vowel strings. That’s why we call these consonants fricatives consonants. Because we must blow air. How to interpret this alliteration with fricative consonants?

heuuu…La consonne fricative demande qu’on souffle de l’air. Donc c’est comme un soupir. Un soupir exprime souvent la langueur. On peut interpréter cette allitération en consonnes fricatives comme une illustration de la langueur du sujet lyrique pour Cassandre.

heuuu … The consonant fricative asks that blows air. So it’s like a sigh. A sigh often expressed languor. This alliteration can be interpreted in fricative consonants as an illustration of the languor of the lyrical subject to Cassandra.

Vous voyez que “les Amours” au pluriel, ça veut dire les parties du corps dont le sujet lyrique est amoureux, mais ça veut aussi dire le rapport érotique à la langue que Ronsard propose à son lecteur. Un rapport où la pluralité, la multiplicité, la répétition de certaines voyelles, à travers des assonances, et de certaines consonnes, à travers des allitérations, créent en effet érotique, un rapport érotique au langage qui est en quelque sorte réussi, en comparaison au rapport érotique à l’objet-Cassandre, l’objectif unique, qui est échoué, qui ne réussit pas.

You see that “Love” in the plural, that means body parts whose lyrical subject is love, but it also means the erotic relationship to language that Ronsard offers his reader. A report plurality, multiplicity, the repetition of certain vowels, through assonance, and certain consonants, through alliteration, create erotic in effect, an erotic relationship to language that is somehow managed, compared to erotic relationship to the object-Cassandra, the only objective, which is failed, that fails.

Donc vous quand vous lisez ces poèmes de Ronsard, “Les Amours”, essayez de reconstruire, de créer ce rapport érotique à la langue, en faisant attention, en observant des allitérations, et en observant des assonances et en cherchant à les interpréter.

So when you read these poems of Ronsard, “The Loves” try to rebuild, to create this erotic relationship to language, being careful, observing alliteration, assonance and observing and looking for the interpreter.

Listening Exercise – Rimbaud

Bonjour et bienvenue dans cette leçon consacrée à la poésie d’Arthur Rimbaud. En particulier on va étudier les poèmes en prose  qui sont inclus dans le recueil de poésie “Illuminations” écrit à la fin du 19e siècle.

Hello and welcome to this lesson dedicated to the poetry of Arthur Rimbaud. In particular we will study the prose poems included in the book of poetry “Illuminations” written in the late 19th century.

Qu’est-ce que c’est des “poèmes en prose”? Des poèmes en prose c’est des poèmes qui utilisent les conventions de la prose. C’est-à dire, pas les conventions de la poésie traditionnelle versifiée. il n’y a pas nécessairement de vers, c’est-à-dire de lignes, de pieds comptés, de mètre, c’est de la prose, et c’est organisé en paragraphes.

What is the “prose poems”? Prose poetry is poetry that uses the conventions of prose. That is to say, not the conventions of traditional verse poetry. There is not necessarily, that is to say lines, counted feet, meter, it is prose, and it is organized into paragraphs.

Mais Rimbaud utilise les conventions de la prose d’une manière très étrange. Il dérègle certaines conventions de la prose, et c’est ça qui fait que c’est justement de la poésie, de la poésie en prose. On va voir un nouveau genre de poésie, un nouveau genre de poème, le poème en prose, qui va nous inviter à chercher à produire un définition nouvelle de la poésie.

But Rimbaud uses the conventions of prose in a very strange way. It disrupts certain conventions of prose, and that’s what it is precisely that of poetry, poetry in prose. We will see a new kind of poetry, a new kind of poem, the poem in prose, which will invite us to seek to produce a new definition of poetry.

On va commencer par lire un poème en prose du recueil “Illuminations”, qui s’appelle “Aube”. et que je vous lis: “Aube. J’ai embrassé l’aube d’été.” Rien ne bougeait encore au front des palais L’eau était morte.

We will begin by reading a prose poem collection “Illuminations”, called “Dawn”, and I will read: “.. Dawn I kissed the summer dawn” Nothing yet moved to the front of the palaces. The water was dead.

Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent et les ailes se levèrent sans bruit. La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Shadows camps did not leave the road of wood. I walked, waking vivid and warm breaths, and the precious stones looked and wings rose without a sound. The first opening in the path was already filled with fresh and pale gleams, a flower who told me her name.

Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins. A la cîme argentée, je reconnus la déesse. Alors je levai un à un les voiles, dans l’allée en agitant les bras, par la plaine où je l’ai dénoncée au coq. A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant, sur les quais de marbre, je la chassais. En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu son immense corps.

I laughed at the blond waterfall that — through the trees. At the silver summit I recognized the goddess. So I lifted one by one the sails in the driveway waving his arms, the plain where I denounced the cock. In the city, she fled among the steeples and domes, and running like a beggar on the marble quays, I chased her. At the top of the road, near a laurel wood, I surrounded with gathered veils, and I felt a little her immense body.

L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois. Au réveil, il était midi. Donc vous voyez que ce poème est organisé en plusieurs parties qu’on peut décrire comme des paragraphes. Dans le premier paragraphe, on a un sujet, “je”, le sujet lyrique, ou le narrateur, qui embrasse l’aube. On peut supposer que l’aube, c’est une personne, peut-être une déesse. Dans le deuxième paragraphe le sujet lyrique marche sur la route d’un bois Dans le 3e paragraphe, il voit une fleur.

Dawn and the child fell to the bottom of the timber. Upon awakening, it was noon. So you see that this poem is organized into parts that can be described as paragraphs. In the first paragraph, it was a subject, “I”, the lyrical subject, or the narrator, who embraces dawn. Presumably dawn, it is a person, perhaps a goddess. In the second paragraph the lyrical subject walking on the road with wood. In the third paragraph, he sees a flower.

Dans le 4e paragraphe, il reconnaît la déesse en haut d’une cascade d’eau. Dans le 5e paragraphe, il poursuit, il chasse la déesse à travers une ville. Dans le 6e paragraphe finalement, il attrape la déesse près d’un bois.

In the fourth paragraph, it recognizes the goddess on top of a waterfall. In the fifth paragraph, he continues, he drives the goddess through a city. In the sixth paragraph, finally, he catches the goddess near a wood.

Et enfin, “il était midi”. Donc l’organisation en paragraphes suggère que ce texte, c’est comme une histoire, comme un récit qu’on doit lire de façon linéaire, dans l’ordre. Mais en même temps, il y a deux “paragraphes” qui ressemblent à des vers versifiés, à des lignes versifiée, avec un nombre de syllabes, de pieds, précis. C’est la première ligne et la dernière ligne. La première ligne: “J’ai embrassé l’aube d’été” a huit pieds, comme un octosyllabe.

And finally, “it was noon.” So the organization in paragraphs suggests that this text is like a story, as a story that must be read linearly in order. At the same time, there are two “sections” that look like worms in verse, in verse lines, with a number of syllables, feet, accurate. This is the first line and the last line. The first line: “I kissed the summer dawn” eight feet, like an octo-syllable.

Et la dernière ligne, “Au réveil il était midi.” a huit pieds, comme un octosyllabe. Alors est-ce que ces “paragraphes” son des paragraphes, ou est-ce que ce sont des vers? La position de ces deux lignes, ou vers, ou paragraphes au début à la fin suggère que nous devons les comparer, suggère que le lecteur, arrivé à la fin, doit revenir au début.

And the last line, “In the morning it was noon.” eight feet, like an octo-syllable. So do these “sections” of its paragraphs, or is it that they are worms? The position of these two lines, or to, or paragraphs at the beginning at the end suggests that we must compare them, suggests that the reader, come to the end, must return to the beginning.

Le texte invite le lecteur à avoir une lecture non pas linéaire mais une lecture en boucle, une lecture cyclique, une lecture qui est plus proche d’un poème écrit avec des vers. Rimbaud dérègle les conventions de la prose en mélangeant des paragraphes et des choses qui ressemblent à des vers. Ensuite Rimbaud dérègle les conventions la prose en mélangeant différents registres de temps verbaux.

The text invites the reader to have a non-linear reading but not a playback loop, cyclic reading, a reading that is more like a poem written with worms. Rimbaud disrupts the conventions of prose by mixing sections and things that look like worms. Then Rimbaud disrupts the conventions of prose by mixing different registers of tenses.

Le texte, comme vous le voyez, est au passé. Mais il y a deux formes de passé. Il y a le passé composé: “J’ai embrassé l’aube d’été”, et il y a le passé simple: “les pierreries regardèrent”. Qu’est-ce que c’est ces deux temps du passé? Et qu’est-ce qu’ils font dans le même texte?

The text, as you see, is the past. But there are two forms of the past. There is the past tense: “I embraced the summer dawn”, and there is the simple past: “The stones looked.” What is the two-time past? And what they are doing in the text?

Le passé composé: “J’ai embrassé l’aube d’été”. C’est le temps du passé qu’on utilise dans la conversation orale, courante, familière, pour parler des événements passés. C’est le temps que vous employez quand vous parlez français.

The past tense: “I kissed the summer dawn.” It is the past tense is used in oral conversation, common, familiar, to speak of past events. This is the time that you use when you speak French.

Pourquoi vous employez le passé composé quand vous parlez? Parce que le passé composé décrit une action dans le passé qui est toujours vraie aujourd’hui, qui est toujours actuelle aujourd’hui. La passé composé suppose que la personne qui parle, “je”, et l’évènement décrit, “J’ai embrassé l’aube d’été”, existent dans le même univers, dans la même réalité.

Why you use the past tense when you speak? Because the tense describes an action in the past that is still true today which is still present today. The past tense assumes that the person speaking, “I”, and the event described, “I kissed the summer dawn,” exist in the same universe, in the same reality.

Et donc ça crée une impression d’adresse directe entre “je”, le sujet lyrique, et le lecteur. “je”, le lecteur, les évènements passés, nous sommes tous dans le même univers. Dans le deuxième paragraphe, Rimbaud utilise un autre temps du passé: L’imparfait et le passé simple, qui sont les deux temps du passé qu’on emploie toujours ensemble. dans des récits, dans la littérature, dans les romans, dans les comptes de fées, etc.

And so it creates a direct address printing between “I”, the lyrical subject and the reader. “I”, the reader, past events, we are all in the same universe. In the second paragraph, Rimbaud uses a different time from the past: the imperfect and the simple past, which are the two times of the past we always used together. in stories, in literature, in novels, in fairy accounts, etc.

L’imparfait c’est le temps qu’on emploie pour décrire un décor, dans un récit, ou pour décrire une habitude, ou pour décrire une action dont la durée est indéterminée. Par exemple, dans ce décor, il y a des palais, il y a des bois.

The imperfect is the time employed to describe a scene in a story, or to describe a habit, or to describe an action whose duration is indefinite. For example, in this setting, there are palaces, there are wood.

Ça ressemble un peu à un compte de fée. L’imparfait est en général utilisé avec le passé simple, qui décrit une action ponctuelle, dans le passé, sur le fond de ce décor décrit avec des verbes à l’imparfait. Par exemple, l’eau était morte, c’est l’imparfait, ça décrit le décor.

It looks a bit like a fairy tale. The imperfect is generally used with the simple past, which describes a specific action in the past, on the background of this scene described with verbs in the past tense. For example, the water was dead, it is imperfect, it describes the decor.

Et dans ce décor, il y a une au action passé simple: “Les pierreries regardèrent”, “regardèrent” c’est le passé simple du verbe “regarder”. L’action est soudaine. La différence entre le passé simple: “regardèrent”, et le passé composé: j’ai embrassé”, c’est que le passé simple existe dans un univers qui est séparé, qui est distant de l’univers du narrateur ou du sujet lyrique qui parle, qui raconte l’histoire.

And in this setting, there is a simple past work: “The stones looked”, “watched” is the simple past of the verb “watch”. The action is sudden. The difference between the simple past, “looked at” and the past tense: I kissed “is that the simple past exists in a universe that is separate, which is distant from the world of the narrator or the lyrical subject who speaks, who tells the story.

“Les pierreries regardèrent”, ça décrit une action qui est passée, et à laquelle le locuteur, le sujet lyrique, ne participe pas. Il décrit une action qui existe Dans son propre univers. Et c’est pourquoi, dans les romans, dans les contes de fées, dans les fictions, on utilise à l’écrit le passé simple, et pas le passé composé, parce qu’on suppose toujours qu’on raconte un univers séparé de la réalité du narrateur, un univers de fiction séparé du réel, Le passé simple c’est un temps qui suppose que l’évènement décrit dans le passé existe dans son propre univers.

“The stones looked”, it describes an action that is passed, and which the speaker, lyrical subject, does not participate. It describes an action that exists in its own universe. And that is why, in novels, in fairy tales, in fiction, is used in writing the simple past, not the past tense, because we always assumed they say a separate universe the reality of the narrator, a separate fictional universe of reality Just past it is a time which assumes that the event described in the past exists in its own universe.

Un univers très très lointain dans le passé, ou un univers très loin de la réalité parce que c’est fictionnel. Mais Rimbaud utilise le passé simple et le passé composé dans la même phrase, et ça c’est très problématique et très étrange. Par exemple: “J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes”: passé composé, “et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit”: passé simple.

A very very distant universe in the past, or a universe very far from reality because it is fictional. But Rimbaud uses the simple past tense and in the same sentence, and that’s very problematic and very strange. For example: “I walked, waking vivid and warm breaths” tense, “and precious stones looked, and wings rose without a sound” single past.

Dans la même phrase on a un passé composé qui suggère que le sujet lyrique appartient au même univers que les événements décrits, et un passé simple qui suggère que les événements décrits, les ailes qui se levèrent, les pierreries qui regardèrent, appartiennent à un univers distant, fictionnel, lointain. On a ici un dérèglement des conventions de la prose, et une espèce de flou, de superposition entre l’univers de la fiction, des contes de fées, et l’univers réel du sujet lyrique qui raconte l’histoire, et qui s’adresse au lecteur. L’univers réel: narrateur, auteur, lecteur, et l’univers de la fiction se mélangent complètement par ce mélange entre le passé simple et le passé composé.

In the same sentence was passed a compound suggesting that the lyrical subject belongs to the same universe as the events described, and single past suggesting that the events described, the wings that arose, looked at the jewels that belong to a universe distant, fictional, remote. Here we have a disruption of the conventions of prose, and a kind of blur, overlap between the world of fiction, fairy tales and the real world of the lyrical subject that tells the story, and that s’ addresses the reader. The real universe: narrator, author, reader, and the universe of fiction mix thoroughly with this mix between the simple and the past tense.

Un autre dérèglement des conventions de la prose que Rimbaud fait dans ce texte, c’est le mélange entre les articles définis et les articles indéfinis. Un article indéfini c’est “un”, “une”, “des”. Par exemple, “rien ne bougeait au front des palais”. On appelle cet article “indéfini”, parce qu’il suppose qu’on parle de certains palais, dans un groupe de palais. on suppose que dans l’univers décrit, il existe plusieurs palais, mais on décrit certains palais, “des” palais.

Another disruption of conventions of prose that Rimbaud made in this text, it is the mixture between the definite articles and indefinite articles. It is an indefinite article “a”, “an”, “the”. For example, “nothing moved to the front of the palace.” We call this article “undefined” because it supposes that talks about some palace, in a group of palaces. it is assumed that in the universe described, there are several palaces, but describes some palace, “the” palace.

L’article indéfini permet de comprendre que les objets décrits n’existent pas seuls, ils ne sont pas uniques mais ils existent dans un groupe plus générique Au contraire, l’article défini: “le”, “la”, “les”, “l'”, suppose que l’objet qui est décrit est absolument unique. Soit parce que c’est un concept abstrait comme l’amour, et donc il est unique, Dans le royaume des pensées il n’y a qu’un seul concept qu’on appelle l’amour; soit parce que cet objet est unique dans l’univers, par exemple “le soleil”, il n’y a qu’un soleil donc on ne dira pas un soleil, on dira le soleil; ou alors parce que cet objet est l’unique objet dans un groupe d’objets, par exemple par exemple, “le copain de ma soeur”, ma soeur n’a qu’un copain.

The indefinite article helps to understand that the described objects do not exist alone, they are not unique but they exist in a more generic group Instead, the definite article “the”, “the”, “the” “the”, assumes that the object described is absolutely unique. Either because it is an abstract concept like love, and it is unique in the realm of thoughts there is only one concept called love; either because this object is unique in the universe, for example, “the sun”, there is a sun so we will not tell the sun, we say the sun; or else because this object is the only object in a group of objects, such as for example, “the friend of my sister,” my sister has a boyfriend.

Rimbaud utilise par exemple: “j’ai embrassé l’aube d’été” parce qu’il n’y a qu’une seule aube. C’est le matin, il n’y a qu’un matin. En particulier “l’aube d’été”, il n’y a qu’une seule aube qui peut être décrite comme l’aube de l’été.

Rimbaud used eg: “I embraced the summer dawn” because there is only one dawn. It is morning, there is a morning. In particular “the dawn of summer,” there is only one dawn that can be described as the beginning of the summer.

Mais à certains endroits, Rimbaud utilise le mauvais article. Et ça crée des effets très étranges. Par exemple, quand il dit: “l’eau était morte”. Il emploie donc l’article défini, “l'” Et ça suggère quoi? Est-ce que dans l’univers qu’il décrit il y a une seule eau? Ça n’a pas de sens, un univers où il y a une seule eau.

But in some places, Rimbaud uses the wrong item. And it creates very strange effects. For example, when he said, “the water was dead.” So he uses the definite article “the” And it suggests what? Does the universe he describes there is only one water? It makes no sense, a universe where there is only water.

Dans l’univers il y a des eaux. Il y a l’eau de l océan pacifique, l’eau de l’océan atlantique. Il aurait dû dire “l’eau du palais”, ou “l’eau des bois”. Non, il dit: “l’eau était morte”. De quelle eau il parle? Peut-être l’eau, c’est un déesse, comme l’aube, une personne unique? Peut-être l’eau, c’est une idée, un concept unique, comme l’amour? Qui sait?

In the world there are waters. There the water of Pacific Ocean water from the Atlantic Ocean. He should have said “water palace”, or “water timber”. No, he said, “the water was dead.” In what water he talking about? Perhaps the water is a goddess, like the dawn, a single person? Maybe the water, it is an idea, a unique concept, like love? Who knows?

C’est très étrange. Ce dérèglement, ça force le lecteur à faire des hypothèses sur nature des objets décrits, est-ce que ce sont des idées abstraites, des choses réelles, des choses fictives, des choses uniques? C’est très étrange.

It’s very strange. This disruption, it forces the reader to make assumptions about nature of the objects described, is that these are abstract ideas of real things, fictitious things, unique things? It’s very strange.

Une dernière façon que Rimbaud a de dérégler les conventions de la prose, c’est l’usage très particulier des sujets personnels, des sujets grammaticaux: “je”, “il”, “elle”, et les personnages que ces sujets représentent.

A final way that Rimbaud was to deregulate the conventions of prose, it’s very special personal subjects usage, grammatical topics: “I”, “he”, “she”, and the characters that these topics represent.

Le poème commence avec le sujet “je”: “j’ai embrassé l’aube d’été”. C’est le sujet lyrique. On peut imaginer que, pourquoi pas, c’est l’auteur. Ce n’est pas nécessaire. L’auteur, entre parenthèses, est un adolescent, c’est un enfant presque, au moment où il écrit ses poèmes. Et il y a un autre personnage qui est désigné par “elle”, c’est-à-dire l’aube. L’aube c’est un autre personnage. Et on a dite que, peut-être c’était la déesse qu’il a embrassée plus loin dans le poème. Donc on a “je”, on a l’aube, qui est “elle”, on a un autre pronom personnel singulier masculin, c’est “il”: “il était midi”. “il était midi” ce n’est pas un personnage. On dit “il était midi” comme “il est 3 heures”, “il pleut”, “il fait beau”, etc.

The poem begins with the subject “I”: “I embraced the summer dawn.” It is the lyrical subject. One can imagine that, why not, it is the author. It’s not necessary. The author, incidentally, is a teenager, it’s almost a child, when he wrote his poems. And there’s another character who is designated “it”, that is to say the dawn. The dawn is another character. And we said that maybe it was the goddess he has embraced later in the poem. So we ‘I’, it was dawn, which is “she” was another singular masculine pronoun is “it”, “it was noon.” “It was midday” is not a character. They say “it was noon” as “it is three o’clock”, “raining”, “it’s nice”, etc.

C’est ce qu’on appelle un sujet impersonnel. Ce n’est pas un personnage. Oui mais, il y a quelque chose de très étrange à la fin du poème. La fin du poème, l’avant dernier paragraphe, décrit un nouveau personnage: l’enfant. “L’aube et l’enfant tombèrent” “au bas du bois.” L’aube on connaît. On s’est dit c’est la déesse que le sujet lyrique chasse. Mais l’enfant, qu’est-ce que cet enfant fait ici?

This is called an impersonal subject. This is not a character. Yes, there is something very strange at the end of the poem. The end of the poem, the penultimate paragraph, describes a new character: the child. “Dawn and the child fell down” “at the bottom of the wood.” Dawn is known. We thought it was the hunting goddess lyrical subject. But the child, what is this child doing here?

C’est la première fois qu’on voit un enfant dans ce poème. “L’aube et l’enfant”, mais quel enfant? Encore une fois, l’article défini qui suppose qu’on sait de quel enfant il parle. On ne sait pas! Alors une hypothèse, 1 hypothèse, c’est que le sujet lyrique, Rimbaud, cet enfant, cet adolescent, qui commence dans le poème avec “je”, devient une troisième personne à la fin du poème.

This is the first time we see a child in the poem. “Dawn and the child,” but what child? Again, the definite article implies that we know what he’s talking about child. We do not know! Then a hypothesis, one hypothesis is that the lyrical subject, Rimbaud, this child, this teenager, in the poem that begins with “I” becomes a third person at the end of the poem.

Il y a une transformation de “je” en “l’enfant”. Comme si le poème produisait une dépersonalisation du sujet lyrique qui devient une troisième personne, l’enfant, lui, il. Et si on continue cette interprétation, on peut penser que la phrase finale “il était midi” a deux sens. D’abord “il est midi”, dans le sens impersonnel “il est 12 heures” Mais aussi “il” (l’enfant) était midi, l’enfant est devenu le midi.

There are a transformation of “I” in the “child”. As if the poem produced a depersonalization of the lyrical subject that becomes a third person, the child, he. And if we continue this interpretation, it is likely that the final sentence “it was noon” has two meanings. First, “it is noon,” in the impersonal sense “it is 12:00” But also “it” (the child) was noon, the child became lunch.

Et pourquoi pas puisque après tout l’aube, qui est un temps de la journée, le matin, est une déesse, une personne. L’enfant peut aussi être un temps de la journée: le midi. Donc on peut penser que le sujet lyrique, en embrassant l’aube, en embrassant le matin, un moment de la journée, il s’est dépersonnalisé, il s’est transformé en l’enfant, il, et l’enfant s’est transformé en midi.

And why not after all since dawn, a time of day in the morning is a goddess, a person. The child can also be a time of day: lunch. So we can think that the lyrical subject, embracing dawn embracing the morning, a time of day, it is depersonalized, it turned into the child, and the child s’ turned into noon.

Oui, c’est une interprétation très élaborée. Mais c’est justement ce genre d’interprétation, d’hypothèse, de questionnement, que le poème en prose force le lecteur à faire en déréglant toutes ces conventions de la prose Donc quand vous lisez les poèmes en prose de Rimbaud, faites attention à toutes ces conventions de la prose qui sont déréglées.

Yes, this is an elaborate interpretation. But it is precisely this kind of interpretation, hypothesis, questioning, that the prose poem forces the reader to do by disrupting these prose conventions So when you read the prose poems of Rimbaud, mind all these prose conventions that are unruly.

D’abord, est-ce que ce sont des paragraphes, ou est-ce que ce sont des vers? Est-ce qu’il faut les lire de façon linéaire, ou est-ce qu’il fait les lire avec des échos, ou en boucle? Ensuite les temps verbaux, est-ce que c’est du passé simple ou du passé composé, et pourquoi c’est important? Est-ce que ça crée une distinction ou une absence de distinction entre l’univers décrit, la fiction, et l’univers du narrateur ou du sujet lyrique où est inclu le lecteur?

First, is that these are paragraphs, or is it that they are worms? Is what to read in a linear fashion, or is he does play with echoes, or loop? Then the verbal times, is that it’s simple past or present perfect, and why is it important? Is it creates a distinction or no distinction between the universe described, fiction and the world of the narrator or lyrical subject is included, where the narrator?

Est-ce qu’il y a une confusion entre les temps et les univers? Ensuite les articles définis/indéfinis. Est-ce que l’usage des articles définis ou indéfinis par Rimbaud est correct? Et qu’est-ce que ça produit comme hypothèse, pour votre lecture? Et puis enfin, l’usage très particulier des personnages et des sujets personnels, qui peuvent varier. Des fois les personnages peuvent changer de sujet personnel au cours du récit. Tous ces déréglements des conventions de la prose créent un effet de chaos, Et le chaos crée de la complexité, et ouvre le poème a plein d’hypothèses d’interprétations.

Is it that there is a confusion between time and universe? Then items definite / indefinite. Does the use of definite or indefinite articles by Rimbaud is correct? And what it produces as a hypothesis, for your reading? And finally, the particular usage of characters and personal topics, which may vary. Sometimes the characters can change the personal subject in the narrative. All these profligacy of prose conventions create chaos because chaos and creates complexity and opens the poem full of interpretations assumptions.

Listening Exercise – L’Étranger d’Albert Camus

Yesterday, we introduced ourselves to a 22 minute dissertation on the French novel, The Stranger, by Albert Camus. Today we are going to listen to the video again, and work with the transcript and translation that follows:

Bonjour bienvenue sur cette leçon consacrée au roman l’Étranger d’Albert Camus écrit en mille neuf cent quarante-deux (1942). Ce roman met en scène un personnage qui s’appelle Mersault, et qui vit en Algérie française, à l’époque où l’Algérie était une colonie française. Ce personnage non seulement c’est le héro, le personnage principal du roman mais c’est aussi le narrateur du roman, qui raconte l’histoire en même temps.

Hello welcome to this lesson dedicated to the novel The Stranger by Albert Camus written in nineteen forty-two (1942). The novel features a character named Meursault, who is French and he lives in Algeria, at a time when Algeria was a French colony. This character not only is the hero, the main character of the novel, but also the narrator of the novel, who tells the story at the same time.

Le roman est découpé en deux parties. Dans la première partie, Mersault raconte deux semaines de sa vie pendant lesquelles il se passe des événements très importants. D’abord, il apprend la mort de sa mère et il va à l’enterrement de sa mère. Ensuite il va rencontrer des nouveaux amis, rencontrer une femme, et rencontrer des nouveaux amis, et à travers une suite d’événements, et de mauvais choix, il va commettre un crime, un crime terrible.

The novel is divided into two parts. In the first part, Meursault tells of the two weeks of his life during which very important events happen to him. First, he learns of the death of his mother and he goes to his mother’s funeral. Then, he will meet new friends, meet a woman, and meet new friends, and through a series of events, and poor choices, he will commit a crime, a terrible crime.

Et dans la deuxième partie du roman, il va être jugé pour son crime, il va être condamné à une peine, il va accepter sa condamnation par la justice humaine. Et finalement il va rencontrer un aumônier, c’est-à-dire le prêtre qui vient voir les hommes qui sont condamnés, avec lequel il va confronter son crime. Ce roman c’est l’histoire d’un criminel mais ce n’est pas un roman qui nous demande de juger le criminel.

And in the second part of the novel, he will be tried for his crime, he will be sentenced, he will accept his condemnation by human justice. And finally he meets a chaplain, that is to say, the priest who comes to see men who are condemned, with whom he will be confronted for his crime. This novel is the story of a criminal but it is not a novel that asks us to judge the criminal.

Dans les romans policiers par exemple on a des criminels, et puis le but de l’histoire c’est de savoir qui est le criminel, qui est le coupable, et comment le juger. Mais ce n’est pas un roman à propos de la justice. C’est un roman à propos de la culpabilité mais ce n’est pas un roman à propos du rapport entre la culpabilité et la justice.

In crime novels for example, we have the criminals, and then the goal of the story is to know who is the criminal, who is the culprit, and how to judge. But this is not a novel about justice. It is a novel about guilt but it is not a novel about the relationship between guilt and justice.

C’est un roman qui parle d’une position éthique, la position éthique du personnage, du héro Mersault. C’est quoi la différence entre la justice et l’éthique? La justice c’est la question de savoir qui est coupable et comment on doit le punir. L’éthique c’est différent. L’éthique c’est la question de savoir comment on peut être heureux dans les limites de la justice.

It is a novel about an ethical position, the ethical position of the character, the hero Meursault. What is the difference between justice and ethics? Justice is the question of who is guilty and how we must punish. Ethics is different. Ethics is the question of how one can be happy within the limits of justice.

Comment on peut être heureux tout en étant coupable? Mersault c’est un personnage qui est coupable mais qui est heureux en étant coupable. Donc c’est ça la question comment on peut être heureux en étant coupable? Et c’est une question éthique parce que c’est une question que tout le monde doit se poser.

How can we be happy while being guilty? Meursault is a character who is guilty but who is happy while being guilty. So that is the question, how can one be happy while being guilty? And it is a matter of ethics because it is a question that everyone should ask.

En effet, tout le monde n’est pas coupable mais tout le monde se sent coupable, tout le monde se sent coupable de quelque chose. En général, on se sent très souvent coupable de choses complètement triviales. On se sont coupable de ne pas avoir dit bonjour à son voisin, on se sent coupable de ne pas avoir appelé ses parents, on se sent coupable d’avoir trop parlé hier soir pendant le cocktail party, on se sent coupable pour des choses complètement triviales.

In fact, everyone is not guilty but everyone feels guilty, everybody feels guilty of something. In general, you often feel guilty about completely trivial things. We are guilty of not saying hello to a neighbor, one feels guilty for not having called their parents, you feel guilty for having talked too much last night during the cocktail party, you feel guilty for completely trivial things.

Et qu’est-ce que ça veut dire? C’est complètement absurde! Pour Camus c’est la preuve de l’absurdité de la vie. Comment expliquer qu’on doive vivre notre vie avec ce sentiment imaginaire, pathologique de culpabilité que nous partageons tous? Ce n’est pas seulement la culpabilité du criminel la culpabilité légale. Ce n’est pas non plus la culpabilité de l’homme de religion, le pêcheur, qui se sent coupables devant Dieu. Non.

And what does that mean? This is completely absurd! For Camus this is proof of the absurdity of life. How to explain that we should live our lives with this imaginary feeling, a pathological guilt that we all share? It is not just the guilt of the criminal. This is not the guilt of the religious man, the fisherman, who feels guilty before God. No.

C’est une culpabilité imaginaire que tout le monde partage, et qui n’a aucun sens, qui est absurde. Donc pour Camus, la question éthique c’est de savoir comment vivre une vie heureuse malgré ce sentiment absurde de culpabilité qui définit la condition humaine.

This is an imaginary guilt that everyone shares and that makes no sense, which is absurd. So for Camus, the ethical question is how to live a happy life despite this absurd sense of guilt that defines the human condition.

Mersault, c’est un personnage qui n’est pas complètement banal, c’est un héro. Qu’est-ce que ça veut dire? Un héro c’est un personnage qui va risquer sa vie pour défendre des valeurs. Quelle est la valeur que défend le personnage Mersault?

Meursault, this is a character that is not completely trivial, this is a hero. What does that mean? A hero is a person who will risk his life to defend values. What is the value that the character of Meursault defends?

Mersault défend la valeur de l’absurdité. Il défend l’idée qu’on doit pouvoir être heureux, malgré l’absurdité de la vie, en ayant conscience que la vie est absurde. En quelque sorte on doit pouvoir accepter, embrasser l’absurdité de notre vie et être heureux avec cette absurdité.

Meursault defends the value of absurdity. He argues that we must be happy, despite the absurdity of life, with the awareness that life is absurd. Somehow we must accept, embrace the absurdity of our lives and be happy with this nonsense.

C’est une valeur éthique. Mersault va être le héro de cette valeur. Il a risquer sa vie, il va faire des choix dangereux pour défendre cette valeur. Le roman commence avec une expérience très forte de l’absurdité.

It is an ethical value. Meursault is going to be the hero of this value. He risk his life, he will make dangerous choices to defend this value. The novel begins with a powerful experience of absurdity.

C’est l’expérience de perdre sa mère. Mersault perd sa mère au début du roman, et c’est une expérience complètement absurde pour lui. C’est une expérience qui est étrange. Mersault, devant l’annonce de la mort de sa mère, il ne sait pas à quoi ressentir, il ne sait pas quel est le sentiment adéquat devant la mort de sa mère, il ne sait pas quoi dire, il ne sait pas quoi faire, il ne sait pas quoi penser.

It is the experience of losing her mother. Meursault lost his mother at the beginning of the novel and it is a completely absurd experience for him. It is an experience that is strange. Meursault, before the announcement of the death of his mother, does not know what to feel, he does not know what is the proper feeling for the death of his mother, he does not know what to say, he does not know what to do, he does not know what to think.

Et donc il se sent très gêné, très mal à l’aise, très maladroit, et aussi très coupable de ne pas savoir quoi penser de la mort de sa mère. On imagine que quand sa mère meurt, on doit se sentir triste, on doit porter le deuil, mais en vérité, ça, ça vient après.

So he feels very embarrassed, very uncomfortable, very awkward, and also very guilty of not knowing what to think about the death of his mother. We imagine that when one’s mother dies, one has to feel sad, one should mourn, but in truth, that, that comes next.

La première réaction c’est qu’on ne sait pas quoi penser. Et donc Mersault se sent coupable de ne pas savoir s’il doit être triste, par exemple. Puisque l’expérience de perdre sa mère est tellement indescriptible, que même le sentiment de la tristesse n’est pas adéquat.

The first reaction is that we do not know what to think. So Meursault feels guilty for not knowing whether to be sad, for example. Since the experience of losing his mother is so indescribable that even the feeling of sadness is not adequate.

Il n’y a aucun mot, il n’y a aucun sentiment, qui peut décrire la mort. La mort c’est l’absence de mot, c’est l’absence de sentiment, alors comment décrire la mort? Et ce qui vient à la place de l’absence de sentiment, c’est ce drôle de sentiment de culpabilité, la culpabilité d’être vivant.

There are no words, there is no feeling that can describe death. Death is the absence of the word, it is the absence of feeling, then how to describe death? And what comes in place of the lack of feeling is this strange feeling of guilt, the guilt of being alive.

C’est très étrange. Par exemple il se sent coupable de devoir se justifier devant son patron, devant son employeur, qu’il doit manquer un jour de travail, qu’il doit prendre un jour de congé, pour aller à l’enterrement de sa mère. Il écrit: “j’ai demandé deux jours de congé à mon patron et l ne pouvait pas me le refuser avec une excuse pareille. Mais il n’avait pas l’air content. Je lui ai même dit: “Ce n’est pas ma faute.” Il n’a pas répondu. J’ai pensé alors que je n’aurais pas dû dire cela.”

It’s very strange. For example he feels guilty of having to justify to his boss, to his employer, he must miss a day of work, that he must take a day off to go to the funeral of his mother. He writes: “I asked for two days off to my boss. And he could not refuse me with such an excuse. But he does not look happy. I even said, “It’s not my fault.” He did not answer. I thought that I should not have said that.”

D’abord, il se sent coupable de devoir se justifier devant son patron de son jour de congé, il se sent coupable de se sentir coupable! On voit ici que le sentiment de culpabilité est complètement pathologique, complètement imaginaire, n’a aucun sens, il est absurde.

First, he feels guilty of having to justify to his boss his day off, he feels guilty about feeling guilty! Here we see that the sense of guilt is completely pathological, completely imaginary, makes no sense, it is absurd.

Mersault à travers cette expérience fait la constatation de l’absurdité des sentiments, de l’absurdité des mots, de l’absurdité de l’expérience humaine, et ce sentiment de l’absurdité il va décider de le rechercher, de le poursuivre, de le mener jusqu’au bout.

Meursault through this experience is the recognition of the absurdity of feelings, of the absurdity of words, the absurdity of the human experience, and that feeling of absurdity he will decide to seek, to continue, to lead to the end.

On voit dans la manière dont il raconte son récit que tout ce qu’il fait à partir de ce moment-là va avoir un ton absurde, une couleur absurde. Par exemple, il raconte tous les événements avec un style de narration qui est très factuel, des phrases courtes, simples, comme un télégramme, qui ne donnent beaucoup de sens aux évènements. Par exemple, le roman commence sur ces lignes: “Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile: ‘Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués.’ Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.”

We see in the way he tells his story that everything he does from this point is going to have an absurd tone, absurd color. For example, he tells to all the events with a narrative style that is very factual, short sentences, simple, like a telegram, which do not give much sense to the events. For example, the novel begins on these lines: “Today Mom died. Or maybe yesterday, I do not know. I received a telegram from the home: “Mother died. Burial tomorrow. Best regards.” It does not mean anything. Maybe it was yesterday.”

Les phrases sont très courtes, très simples, elles sont comme un télégramme. Elles ne donne pas de sens aux événements, elles décrivent les événements de manière factuelle. Et la phrase “cela ne veut rien dire” est très ambigue. On ne sait pas qu’est ce qui ne veut rien dire dans ce télégramme. Première possibilité la phrase “sentiments distingués” ne veut rien dire.

The sentences are very short, very simple, they are like a telegram. They do not give a sense of the events, they describe factual events. And the phrase “it means nothing” is very ambiguous. We do not know what means nothing in this telegram. The first possibility is that the phrase “best regards” means nothing.

En effet, c’est une formule de politesse artificielle, qui n’a vraiment aucun sens devant la mort. Deuxième possibilité, la phrase “enterrement demain” ne veut rien dire. En effet, Mersault se demande quand sa mère est morte.

Indeed, it is an artificial salutation that really makes no sense before the death. The second possibility, the phrase “funeral tomorrow” does not mean anything. Indeed, Meursault wonders when his mother died.

Si l’enterrement est demain ça ne veut rien dire: peut-être elle est morte aujourd’hui, peut-être elle est morte hier. La phrase “enterrement demain” ne donne pas de sens à la mort. Troisième possibilité: la phrase “mère décédée” n’a pas de sens. Il n’arrive pas à donner du sens à la mort de sa mère. Même des mots aussi factuels que “mère décédée” ne peuvent pas décrire ce qu’est la mort.

If the funeral is tomorrow it does not mean anything: perhaps she’s dead now, perhaps she died yesterday. The phrase “funeral tomorrow” does not give meaning to death. The third possibility: the phrase “dead mother” has no meaning. He cannot make sense of the death of his mother. Even such factual words “dead mother” cannot describe what death is.

La mort c’est l’absence de mot, c’est l’absence de sentiments, donc il n’y a même pas de mots pour décrire la mort. Donc cette expérience lui donne le sentiment que tout est absurde, y compris ses sentiments envers la mort de sa mère.

Death is the absence of the word, is the absence of feeling, so there’s not even words to describe the death. So this experience gives him the feeling that everything is absurd, including his feelings for the death of his mother.

Un autre élément qui contribue à donner un ton absurde au roman, c’est pas seulement les phrases dans leur structure, dans leur longueur, c’est aussi le temps employé par Mersault. Mersault décrit tous les événements au passé composé. Et ça c’est très étrange.

Another element that contributes to an absurd tone to the novel, it is not only the sentences in their structure, in their length, but also the time taken by Meursault. Meursault described all events in past tense. And this is very strange.

En général, quand on écrit un roman, quand on raconte quelque chose par écrit, on emploie le passé simple, pour raconter les événements passés. On emploie le passé simple qui décrit des événements qui se sont passés dans un passé lointain, dans un passé fictionnel, qui sont en tout cas loin du moment de la narration, du moment de l’énonciation, du moment où le narrateur raconte l’histoire.

Generally, when writing a novel, when you tell something in writing, we use the simple past, to tell past events. We use the simple past which describes events that occurred in the distant past, in a fictional past, which are in any case far from the moment of the narration, the time of the utterance, the time the narrator tells the history.

Mais Mersault n’emploie pas le passé simple, il emploie le passé composé. Le passé composé c’est un temps qui suggère que les événements passés qui sont racontés ont toujours une conséquence dans le présent, sont liés, sont attachés au moment de l’énonciation, au moment du récit, au moment de la narration.

But Meursault does not use the simple past, he uses the past tense. The past tense is a time that suggests that narrated past events always have a consequence in the present, they are linked, are attached to the time of the utterance, at the moment of the story, the moment of the narrative.

Alors par exemple, Mersault écrit: “Ce jour-là maman est morte”, au passé composé. Non, il écrit “Aujourd’hui maman est morte” au passé composé, et pas “aujourd’hui maman mourut”. Quelle est la différence?

So for example, Meursault wrote: “That day Mom died,” in the compound past. No, he writes “Today Mom died” in the past tense, not “mom died today.” What is the difference?

S’il avait écrit “aujourd’hui de maman mourut”, au passé simple, eh bien on n’aurait plus que sentir que d’abord elle est morte aujourd’hui, et pas hier, et que entre le moment où elle est morte, le moment où il a appris sa mort, et le moment où il le raconte, il s’est passé du temps, et pendant ce temps, peut-être, Mersault a commencé à faire le deuil, à comprendre la mort.

If he had written “Mom died today,” the simple past, well we would not have that feeling that at first she died today, not yesterday, and that between the time, when he heard of her death, and when he tells it, he spent time, and during that time, perhaps Mersault began to mourn, to understand death.

Mais quand il écrit “aujourd’hui maman est morte”, on ne sait pas quand elle est morte, parce que si elle est morte hier, aujourd’hui maman est toujours morte. En quelque sorte le passé composé ce n’est pas vraiment un temps du passé, c’est plutôt un temps du présent.

But when he writes “Today Mom died,” it is not known when she died, because if she died yesterday, today mom is still dead. In a way the past tense is not really a time of the past, rather it is a time of the present.

C’est un temps qui raconte des événements passés qui ont des conséquences dans le présent. Sa mère est toujours morte, et elle sera toujours morte tous les jours maintenant, elle ne va jamais cesser d’être morte. Au contraire, le passé simple distancie l’événement passé et permet de lui donner un sens rétrospectif, permet de clore, de finir, de donner une fin à l’événement passé. Mais le passé composé ne donne pas de fin à l’événement passé, c’est comme si l’événement passé continuait dans le présent.

It is a time which tells of past events that have consequences in the present. His mother is still dead, and she will always be dead any day now, she will never stop being dead. On the contrary, the simple past and the past event distances can give him a retrospective sense, allows to close, to finish, to give an end to the past event. But the past tense does not end at the past event, it is as if the past event continued into the present.

Et par conséquent, c’est une façon de dire que les événements du passé n’ont pas de sens défini, puisqu’ils n’ont pas de fin, ils ne cessent pas d’être en train de de se transformer. Les événements du passé continuent à se définir dans le présent, ils n’ont pas de sens arrêté.

And therefore, it’s a way of saying that the events of the past have no defined feeling, since they have no end, they do not cease to be in the process of transforming. The events of the past continue to define themselves in the present, they have no fixed meaning.

La mort de la mère de Mersault n’a toujours pas de sens au moment où il raconte l’histoire c’est pour ça que il dit “maman est morte” et pas “maman mourut”. C’est ça la différence. c’est une autre façon, dans le récit, en employant le passé composé, de montrer que les événements pour Mersault, n’ont pas de sens, sont absurdes.

The death of the mother of Meursault still has no meaning when he tells the story that is why he said “Mom is dead” and not “mom died.” That’s the difference. This is another way, in the story, using the past tense, showing that events for Meursault, have no meaning, are absurd.

En général on enseigne l’Étranger de Camus aux étudiants de niveau intermédiaire parce que justement les phrases sont très simples, sont très courtes, et puis il emploie que le passé composé, et en général c’est le niveau qui correspond au niveau d’écriture d’un étudiant de niveau de français intermédiaire.

Usually we teach The Stranger by Camus to intermediate students precisely because the sentences are simple, are very short, and then it uses the past tense, and in general it is the level which corresponds to the level of Writing for an intermediate level student of French.

Et vous faites l’expérience vous aussi que quand vous devez par nécessité écrire des phrases courtes et simples et employer le passé composé, vous avez un rapport au monde qui est nécessairement un peu absurde. Il est difficile de donner beaucoup de sens à ce que vous dites, du sens complexe, avec des moyens si simples. Mersault fait la même expérience mais par choix. Il fait le choix de l’absurde et dans la façon qu’il a de raconter ça s’entend, ça se sent.

And you also experience that when you have a need to write short, simple sentences and use the past tense, you have a relationship with the world that is usually a bit absurd. It is difficult to give much meaning to what you say, the complex way, with such simple means. Mersault had the same experience but by choice. He made the absurd choice and in the way he must tell it, you can hear, you can feel it.

Donc, après l’enterrement de sa mère, Mersault essaie de faire des choses normales comme aller à la plage, rencontrer une femme, coucher avec une femme, aller au cinéma, rencontrer de nouveaux amis etc.

So, after the funeral of his mother, Meursault is trying to do normal things like go to the beach, meet a woman, have sex with a woman, go to movies, meet new friends etc.

Mais tous ces événements sont racontées avec le même style qui leur donne un ton absurde, qui donne aux événements l’apparence de quelque chose qui n’a pas vraiment de sens. Et en effet c’est à partir de ce moment-là que Mersault va décider d’être le héro de l’absurde, de défendre les valeurs de l’absurde, et il va commencer à faire des choix absurdes.

But all these events are told with the same style that gives them an absurd tone, giving the appearance of events and something that does not really make sense. And indeed it is from that moment Mersault will decide to be the hero of the absurd, to defend the values ​​of the absurd, and he will begin to make an absurd choice.

D’abord aller à la plage, rencontrer une femme, coucher avec une femme, et aller au cinéma le jour après l’enterrement de sa propre mère, c’est un peu absurde. C’est comme s’il décidait que toute la vie n’avait pas de sens alors autant faire comme si tout était normal depuis la mort de ma mère.

First to go to the beach, meet a woman, have sex with a woman and to go to movies on the day after the funeral of his own mother, it’s a bit absurd. It’s as if he decided that all life had no meaning and to act as if everything was normal following the death of my mother.

Et puis ensuite il fait un autre choix complètement immoral: les amis qu’il rencontre, c’est pas des très bons amis. Il rencontre son voisin Raymond, c’est un proxénète. Un proxénète c’est un homme qui gagne sa vie en faisant le commerce de la prostitution.

And then he made another completely immoral choice: the friends he meets, they are not very good friends. He meets his neighbor Raymond who is a pimp. A pimp is a man who makes his living trading in prostitution.

Et ce proxénète, Raymond, demande à Merault de l’aider à écrire une lettre parce que Raymond ne sait pas écrire. Donc il demande à Mersault de l’aider à écrire une lettre, une lettre d’insultes, une lettre d’injures contre une femme, une femme que par ailleurs Raymond bat, qu’il entretient.

And that pimp, Raymond, asks Merault for help in writing a letter because Raymond is unable to write. So he asks Meursault to help him write a letter, an insulting letter, a letter of abuse against a woman, a woman who also beat Raymond, he maintains.

Donc c’est une situation complètement immorale, et Mersault dit “bah oui!” “je vais le faire” pas vraiment par amitié pour Raymond, il n’a pas vraiment d’amitié pour Raymond mais comme il a une position passive devant les événements, devant ses choix pour la vie, comme tout est absurde, il dit “pourquoi pas”.

So it’s a completely immoral situation and Meursault says “yeah!” “I will do that” not really out of friendship for Raymond, he did not really have friendship for Raymond but he has a passive position to the events before his choice for life, like everything is absurd, so he says ” why not”.

Et donc il aide Raymond à faire quelque chose d’immoral. De la même manière, la femme qu’il rencontre, Marie, elle veut se marier, très tôt, une semaine après qu’ils se rencontrent elle veut se marier avec lui, et elle lui demande s’il l’aime, et lui il répond quelque chose de complètement absurde, il répond: “je lui ai répondu que cela ne voulait rien dire” [le mot amour] “mais que” “il me semblait que non” Il lui semble qu’il ne l’aime pas il n’est même pas sûr, mais il accepte malgré tout de se marier avec elle, en parole.

And so he helps Raymond to do something immoral. Similarly, the woman he met, Mary, she wants to get married very early, a week after they met she wants to marry him, and she asks him if he loves her, and he answers something completely absurd, he replies: “I told him that  it meant nothing” [the word love] “but” it seemed that seems that he does not like, he is not even sure, but he nevertheless accepts to marry, in words.

Donc c’est complètement absurde. C’est comme si l’amitié, l’amour étaient des mots, des valeurs, qui n’avaient pas de sens pour lui. Mersault comme ça à l’air d’être complètement indifférent au monde mais en fait il n’est pas indifférent au monde, il est indifférent aux mots et aux valeurs morales que ces mots représentent comme l’amour ou l’amitié, mais il est très sensible aux sensations corporelles, aux sensations physiques.

So it’s absurd. It’s like friendship, the love was the words, values ​​which had no meaning for him. Meursault as it looks to be completely indifferent to the world, but he is in fact not indifferent to the world, he is indifferent to the words and moral values ​​that these words are, like love or friendship, but he is very sensitive to bodily sensations, physical sensations.

Dans son récit il décrit beaucoup et de façon très détaillée ses sensations visuelles, les petits détails qu’il remarque. El décrit ses sensations tactiles, la chaleur, l’humidité, la mobilité. Il décrit ses sensations olfactives, les odeurs, l’odorat.

In his account he describes many and in great detail his visual sensations, the little things he notices. He describes his tactile sensations, heat, humidity, mobility. He describes his olfactory sensations, the smells, the odor.

Il décrit ses sensations auditives, l’ouïe, tout ce qu’il entend. Donc il est très très sensible à ses sensations corporelles et aussi à ses besoins: le sommeil, le désir sexuel. En fait il est très très sensible. Il a un monde sensuel très contrasté, très riche, très varié, à la différence de son monde intellectuel qui est complètement indifférent: l’amour? l’amitié? aimer, ne pas aimer, c’est indifférent, c’est égal.

He describes his auditory sensations, hearing, everything he hears. So he is very sensitive to bodily sensations and also to his needs: sleep, sexual desire. In fact he is very sensitive. He has a very sensual world of contrasts, rich, varied, unlike his intellectual world that is completely indifferent to love? friendship? love, not love is indifferent, never mind.

Donc il y a une grande différence entre son monde sensuelle et son monde intellectuel. Et cette différence va le conduire à commettre un crime. Il commet un crime qui n’a aucune justification morale, aucun motif, aucune raison, un crime complètement absurde. Mais il commet ce crime à cause de sensations physiques: il est sur la plage, il fait très chaud, il fait trop chaud, il se sent mal à l’aise, mal dans son corps, il veut bouger, il veut remuer et il commet un crime.

So there is a big difference between the sensual world and the intellectual world. And this difference will lead him to commit a crime. He commits a crime that has no moral justification, no motive, no reason, a completely absurd crime. But he commits this crime because of physical sensations: he is on the beach, it is very hot, it’s too hot, he feels uncomfortable, ill in his body, he wants to move, he wants to move and he commits a crime.

Et quand le tribunal du procès lui demande, dans la deuxième partie du roman, pourquoi vous avez commis ce crime, il dit: “à cause du soleil” donc cette différence entre son monde sensuel et son monde intellectuel le conduit à commettre un crime.

And when the trial court asked, in the second part of the novel, why did you commit the crime, he said, “because of the sun” so this difference between his sensual world and his intellectual world leads him to commit a crime.

Son crime est immoral, son crime n’a aucune justification, et donc il est condamné par la justice des hommes à une peine. Et il accepte cette peine parce que c’est un héro, c’est un héros qui va jusqu’au bout de son destin, le destin qu’il a choisi, le chemin de l’absurde le destin de l’absurde.

His crime is immoral, his crime has no justification, and he is condemned by human justice and sentenced. And he accepts this punishment because he is a hero and he is a hero who goes to the end of his fate, the destiny he has chosen, the absurd path for the absurd fate.

En accomplissant son destin, en acceptant la justice des hommes, il accomplit sa mission éthique, sa mission héroïque. Quelle est sa mission héroïque? D’abord, il a transformé sa culpabilité imaginaire, en culpabilité réelle. Vous vous souvenez, il se sentait coupable de la mort de sa mère, c’était imaginaire. Maintenant, il ne se sent pas coupable, il est vraiment coupable, pour de vrai, d’un crime qu’il a commis.

In fulfilling his destiny, by accepting the justice of men, he is performing his ethical mission, his heroic mission. What is his heroic mission? First, he is transformed by his imaginary guilt, real guilt. You remember, he felt guilty for the death of his mother, it was imaginary. Now he does not feel guilty, he is really guilty, for real, for a crime he committed.

Donc il a transformé quelque chose d’ imaginaire en quelque chose de réel. Il a aussi prouvé que la culpabilité réelle, légale, produite par la justice des hommes, n’avait pas de sens. C’est vrai il a commis un crime et donc maintenant il a une peine, il est condamné, mais le jury, le tribunal de son procès ne comprend pas pourquoi il a commis son crime. Et en effet son crime n’a pas de sens, n’a aucune morale, n’a aucune justification.

So he transformed something imaginary into something real. He also proved that the real guilt, legal, produced by the justice of men, had no meaning. It’s true he has committed a crime and so now he has a sentence, if convicted, but the jury, the trial court did not understand why he committed his crime. And indeed his crime has no meaning, has no moral, has no justification.

Quand il dit “c’est à cause du soleil”, les gens rient, ils ne comprennent pas. Et donc, Il a prouvé, en acceptant sa condamnation, que la justice des hommes n’avait pas de sens, qu’elle était arbitraire, dans le sens que la justice des hommes, ne peut pas donner de raison, de sens, à son crime.

When he says “it is because of the sun”, people laugh, they do not understand. And so he proved, accepting his conviction, that the justice of men had no sense that he was arbitrary, in the sense that the justice of men, cannot give reason, sense, to his crime.

Son crime n’a pas de raison, et donc il a prouvé que la justice des hommes était mécanique, et qu’elle était arbitre, et qu’elle n’avait pas de sens. Il a transformé une culpabilité imaginaire en culpabilité réelle mais arbitraire, et donc il a prouvé que la culpabilité ça n’existe pas.

His crime has no reason, and thus it proved that human justice was mechanical, and was arbitrary, and that it has no meaning. He transformed an imaginary guilt to an arbitrary real guilt, and thus he proved that guilt does not exist.

Il s’est débarrassé de l’emprise de cette culpabilité imaginaire, et en effet il se sent libéré, maintenant qu’il est condamné par les hommes, il ne se sent plus coupable, simplement il est condamné par la justice, c’est normal, mais il n’y a aucune culpabilité parce qu’il n’y a aucune raison réelle pour sa condamnation.

He got rid of the grip of this imaginary guilt, and indeed he feels liberated now that he is condemned by men, he no longer feels guilty, he is simply condemned by normal justice, but there is no guilt because there is no real reason for his conviction.

Et donc il ne se sent plus coupable et alors, enfin, il peut découvrir ce qui le fait vivre, ce qui le rend heureux. Une fois qu’il ne se sent plus coupable, il peut ouvrir les yeux sur comment il aime les femmes, comment il aime le monde, comment il aime le silence dans la nuit, la chaleur dans les pays chauds.

And so he no longer feels guilty and then finally he can find out what makes him live, what makes him happy. Once he no longer feels guilty, he may open his eyes to how he likes women, how he loves the world, how he likes the silence at night, the heat in hot countries.

Il découvre ce qui le fait vraiment vivre, ce qui le rend heureux. C’est ça sa mission héroïque: c’est d’aller jusqu’au bout de l’absurdité, pour se débarrasser de la culpabilité imaginaire, et enfin découvrir ce qui le rend heureux.

He discovers what really makes him live, what makes him happy. That’s his heroic mission: it is to go through the nonsense, to get rid of the imaginary guilt, and finally find out what makes him happy.

Comment être heureux et coupable en même temps? Alors il y a un dernier moment dans ce roman, c’est sa confrontation avec un aumônier. L’aumônier, c’est un prêtre de la religion chrétienne, qui vient voir les condamnés pour leur dire: après la condamnation de la justice de l’homme, il y a la condamnation de Dieu, vous pouvez demander pardon à Dieu, et donc être lavé, être absout, de vos pêchés.

How to be happy and guilty at the same time? So there is a last moment in this novel, that is his confrontation with a chaplain. The chaplain is a priest of the Christian religion, who comes to see the convicts for their telling: after the conviction of the justice of man, there is the condemnation of God, you can ask God for forgiveness, and be washed, be absolved of your sins.

Mersault se met très en colère et insulte l’aumônier. En gros il lui dit, j’ai fait tout ce chemin de l’absurde pour me débarrasser de la culpabilité, parce que je pense que la culpabilité est absurde, pour être heureux j’avais besoin de me débarrasser de la culpabilité, et vous vous venez me dire qu’il y a encore la culpabilité chrétienne, non, je refuse!

Meursault gets very angry and insults the chaplain. Basically he said, I have come all the way from the absurd to get rid of the guilt, because I think that guilt is absurd, to be happy I needed to get rid of the guilt, and you tell me he still has to have Christian guilt, no, I refuse!

il se révolte contre cette culpabilité chrétienne. c’est un dernier moment qui pose beaucoup de questions, des questions humaines, éthiques, des questions aussi sur la religion.

He rebels against this Christian guilt. At the last minute he raises many questions, human, ethical issues, questions about religion.

Ce roman c’est pas seulement l’histoire d’un criminel, c’est pas seulement l’histoire d’un homme immoral, c’est avant tout une allégorie de la vie, et de la position éthique qu’on peut prendre dans la vie pour être heureux dans les limites de la justice.

This novel is not only the story of a criminal, it is not just the story of an immoral man, it is primarily an allegory of life and the ethical position that can be taken in life to be happy within the limits of justice.

En quelque sorte c’est un destin impossible à suivre. C’est pour ça que c’est un roman, c’est une fiction. Mersault c’est un héro. Personne ne peut être un héro comme Mersautl. Mais il nous apprend que pour découvrir ce qui nous rend heureux, ce qui nous fait désirer dans la vie, il faut parfois prendre le chemin de l’absurde.

In a way it is impossible to follow a destiny. It is for this that it is a novel is a fiction. Meursault is a hero. No one can be a hero as Mersautl. But he tells us that to discover what makes us happy, which makes us desire in life, you sometimes have to take the path of the absurd.

Listening Exercise – Leçon Consacrée Au Roman l’Étranger d’Albert Camus

In our first 13 practice sessions, we watched Extra French episodes and had the benefit of understanding what was being said, through situational awareness. I’m going to shift the difficulty a bit, and introduce several lectures. We can still use our lip reading skills but listening to a single speaker can be a different kind of listening challenge.

This video is an excellent learning tool for English speakers because if you choose, “More” and then “Transcript”, you will active a drop down viewing box of French dialogue that is in-synch with what they young man is saying in French. If you wish to repeat a line, simply click the line and the video will automatically queue to that line. Not all YouTube videos with automatic transcripts are very accurate, but the ones uploaded from this user seem to be. It appears that these are French Literature professors from the University of Georgia, so the accents may not be authentic, but the French is very understandable, for my American ear.

Since I am reading this novel in French, I find that I am appreciating the novel more after watching this video commentary.

The video takes a little over 22 minutes, which is an excellent length because most people can stay focused for that average amount of time before requiring a break.

On this first day, let’s just watch the video with the transcript scrolling, in one pass, from beginning to end. Simply follow the words and anticipate the pronunciation.

Tomorrow we will work with this same video a little more, and build upon the listening exercise. I will also post my version of the corrected transcript because there are many errors.