La Belle et la Bête – Audiobook

Youtube does have French audiobooks, and below is how you can get more out of some of them. Many have “Transcript” under the “More” drill-down. This audiobook is a 36 minute version of Beauty and the Beast. The translation is mine, and maybe you can do better.

youtube transcript choice

Il y avait une fois un marchand, qui était extrêmement riche. Il avait six enfants, trois garçons et trois filles ; et comme ce marchand était un homme d’esprit, il n’épargna rien pour l’éducation de ses enfants, et leur donna toutes sortes de maîtres. Ses filles étaient très belles ; mais la cadette surtout se faisait admirer, et on ne l’appelait, quand elle était petite, que la belle enfant ; en sorte que le nom lui en resta : ce qui donna beaucoup de jalousie à ses sœurs. Cette cadette, qui était plus belle que ses sœurs, était aussi meilleure qu’elles. Les deux aînées avaient beaucoup d’orgueil, parce qu’elles étaient riches ; elles faisaient les dames, et ne voulaient pas recevoir les visites des autres filles de marchands ; il leur fallait des gens de qualité pour leur compagnie. Elles allaient tous les jours au bal, à la comédie, à la promenade, et se moquaient de leur cadette, qui employait la plus grande partie de son temps à lire de bons livres.

There was once a merchant who was extremely rich. He had six children, three boys and three girls; and as this merchant was a clever man, he spared nothing for the education of his children and provided them with all kinds of teachers. His daughters were very beautiful; but the youngest was especially admired, and she was called, when she was little, the beautiful child; ensuring that the name remained with her, which made her sisters jealous. The youngest, who was more beautiful than her sisters, was also better than them. The two eldest had a lot of pride, because they were rich; they were ladies, and did not want to receive visits from other girls of merchants; they needed quality people for their company. They went every day to the ball, to a comedy, to walk, and laughed at their youngest, who spent most of her time reading good books.

Comme on savait que ces filles étaient fort riches, plusieurs gros marchands les demandèrent en mariage ; mais les deux aînées répondirent, qu’elles ne se marieraient jamais, à moins qu’elles ne trouvassent un duc, ou tout au moins, un comte. La Belle, (car je vous ai dit que c’était le nom de la plus jeune) la Belle, dis-je, remercia bien honnêtement ceux qui voulaient l’épouser, mais elle leur dit qu’elle était trop jeune, et qu’elle souhaitait de tenir compagnie à son père, pendant quelques années. Tout d’un coup, le marchand perdit son bien, et il ne lui resta qu’une petite maison de campagne, bien loin de la ville. Il dit en pleurant à ses enfants, qu’il fallait aller demeurer dans cette maison, et qu’en travaillant comme des paysans, ils y pourraient vivre. Ses deux filles aînées répondirent qu’elles ne voulaient pas quitter la ville, et qu’elles avaient plusieurs amants, qui seraient trop heureux de les épouser, quoiqu’elles n’eussent plus de fortune ; les bonnes demoiselles se trompaient : leurs amants ne voulurent plus les regarder, quand elles furent pauvres.

As we knew that these girls were very rich, several large merchants demanded the marriage; but the two eldest answered, that they would never marry, unless they found a Duke, or at least, an Earl. Beauty, (as I told you it was the name of the youngest) Beauty, I say, simply thanked those who wanted to marry her, but she told them she was too young, and that she wanted to keep company with his father for a few years. Suddenly, the merchant lost his property, and all that remained for him was a small country house, far from the city. He said, weeping for his children, who had to stay in this house, that by working as peasants, they could live. Her two eldest daughters replied that they did not want to leave the city, and had several lovers, who would be only too happy to marry them, though they had more fortune; the good ladies were wrong: their lovers would no longer look at them when they were poor.

Comme personne ne les aimait, à cause de leur fierté, on disait, « elles ne méritent pas qu’on les plaigne ; nous sommes bien aises de voir leur orgueil abaissé ; qu’elles aillent faire les dames, en gardant les moutons ». Mais, en même temps, tout le monde disait, « pour la Belle, nous sommes bien fâchés de son malheur ; c’est une si bonne fille : elle parlait aux pauvres gens avec tant de bonté, elle était si douce, si honnête ». Il y eut même plusieurs gentilshommes qui voulurent l’épouser, quoiqu’elle n’eût pas un sol : mais elle leur dit, qu’elle ne pouvait se résoudre à abandonner son pauvre père dans son malheur, et qu’elle le suivrait à la campagne pour le consoler et lui aider à travailler. La pauvre Belle avait été bien affligée d’abord, de perdre sa fortune, mais elle s’était dit à elle-même, quand je pleurerais bien fort, mes larmes ne me rendront pas mon bien, il faut tâcher d’être heureuse sans fortune.

As nobody liked them because of their pride, they said, “they do not deserve to be pitied; we are very glad to see their pride humbled; that they ladies go and keep the sheep”. But at the same time, everyone said, “for Beauty, we are very sorry for her misfortune; she is a good girl: she was talking to poor people so kindly, she was so sweet, so honest. ” There were even several gentlemen who wanted to marry her, although she does not have a floor, but she told them she could not bring himself to abandon her poor father during his misfortune, and she would follow him to the country to comfort him and help him work. Poor Belle was initially afflicted, losing her fortune, but she had told herself, when I cry out loud, my tears will not make my property, you have to try to be happy without fortune.

Quand ils furent arrivés à leur maison de campagne, le marchand et ses trois fils s’occupèrent à labourer la terre. La Belle se levait à quatre heures du matin, et se dépêchait de nettoyer la maison, et d’apprêter à dîner pour la famille. Elle eut d’abord beaucoup de peine, car elle n’était pas accoutumée à travailler comme une servante ; mais au bout de deux mois, elle devint plus forte, et la fatigue lui donna une santé parfaite. Quand elle avait fait son ouvrage, elle lisait, elle jouait du clavecin, ou bien, elle chantait en filant. Ses deux sœurs, au contraire, s’ennuyaient à la mort ; elles se levaient à dix heures du matin, se promenaient toute la journée, et s’amusaient à regretter leurs beaux habits et les compagnies. « Voyez notre cadette, disaient-elles, entre elles, elle a l’âme basse, et est si stupide qu’elle est contente de sa malheureuse situation. » Le bon marchand ne pensait pas comme ses filles. Il savait que la Belle était plus propre que ses sœurs à briller dans les compagnies. Il admirait la vertu de cette jeune fille, et surtout sa patience ; car ses sœurs, non contentes de lui laisser faire tout l’ouvrage de la maison, l’insultaient à tout moment.

When they arrived at their country house, the merchant and his three son took care to till the earth. Beauty rose at four in the morning and hurried to clean the house and prepare dinner for the family. She first had great difficulty because she was not accustomed to work as a servant; but after two months, she became stronger, and fatigue gave her perfect health. When she had done her work, she read, she played the harpsichord, or else she sang spinning. Her two sisters, however, were bored to death; they got up at ten in the morning, walked all day, and played to regret their best clothes and companies. “See our younger, they said among themselves, she has the lowest soul and she is so stupid that she is content with her unfortunate situation”. The good merchant did not think like his girls. He knew that Belle was cleaner than her sisters to shine in her companies. He admired the virtue of this young girl, and especially her patience; because her sisters, were content to let him do all the house work, insulted all the time.

Il y avait un an que cette famille vivait dans la solitude, lorsque le marchand reçut une lettre, par laquelle on lui marquait qu’un vaisseau, sur lequel il avait des marchandises, venait d’arriver heureusement. Cette nouvelle pensa tourner la tête à ses deux aînées, qui pensaient qu’à la fin, elles pourraient quitter cette campagne, où elles s’ennuyaient tant ; et quand elles virent leur père prêt à partir, elles le prièrent de leur apporter des robes, des palatines, des coiffures, et toutes sortes de bagatelles. La Belle ne lui demandait rien ; car elle pensait en elle-même, que tout l’argent des marchandises ne suffirait pas pour acheter ce que ses sœurs souhaitaient. « Tu ne me pries pas de t’acheter quelque chose, lui dit son père. – Puisque vous avez la bonté de penser à moi, lui dit-elle, je vous prie de m’apporter une rose, car il n’en vient point ici. » Ce n’est pas que la Belle se souciât d’une rose, mais elle ne voulait pas condamner par son exemple la conduite de ses sœurs, qui auraient dit que c’était pour se distinguer, qu’elle ne demandait rien. Le bonhomme partit ; mais quand il fut arrivé, on lui fit un procès pour ses marchandises, et après avoir eu beaucoup de peine, il revint aussi pauvre qu’il était auparavant.

It has been a year that this family had lived in solitude, when the merchant received a letter, which listed him as a vessel, on which he had goods, and it had just fortunately arrived. This new thought, turning his head to his two eldest, who thought that in the end they could leave the country, as they were bored; and when they saw their father ready to leave, they asked him to bring their dresses, their belongings, hairstyles, and all sorts of trifles. Belle never asked him for anything; because she thought to herself, that all the money would not be enough to buy the goods that her sisters wished for. “You do not pray for me to buy you something,” said her father.”Since you have the kindness to think of me”, she said, “I beg you to bring me a rose because they do not come from here”. It’s was not that Belle wanted a rose, who said that to establish tht she was wanting nothing. The good man went; but when he arrived, he was given a trial for his goods, and having had great difficulty, he returned as poor as he was before. 

Il n’avait plus que trente milles pour arriver à sa maison, et il se réjouissait déjà du plaisir de voir ses enfants ; mais comme il fallait passer un grand bois, avant de trouver sa maison, il se perdit. Il neigeait horriblement ; le vent était si grand, qu’il le jeta deux fois en bas de son cheval, et la nuit étant venue il pensa qu’il mourrait de faim, ou de froid, ou qu’il serait mangé des loups, qu’il entendait hurler autour de lui. Tout d’un coup, en regardant au bout d’une longue allée d’arbres, il vit une grande lumière, mais qui paraissait bien éloignée. Il marcha de ce côté-là, et vit que cette lumière sortait d’un grand palais, qui était tout illuminé. Le marchand remercia Dieu du secours qu’il lui envoyait, et se hâta d’arriver à ce château ; mais il fut bien surpris de ne trouver personne dans les cours. Son cheval, qui le suivait, voyant une grande écurie ouverte, entra dedans, et ayant trouvé du foin et de l’avoine, le pauvre animal, qui mourait de faim, se jeta dessus avec beaucoup d’avidité. Le marchand l’attacha dans l’écurie, et marcha vers la maison, où il ne trouva personne ; mais étant entré dans une grande salle, il y trouva un bon feu ; et une table chargée de viande, où il n’y avait qu’un couvert.

He had only thirty miles to get to his house, and he was already looking forward the pleasure of seeing his children; but as it was necessary to pass a large forest before finding his home, he was lost. It snowed horribly; the wind was so great, that he was thrown off his horse twice, and as the night came he thought that he would die of hunger or cold, or he would be eaten by wolves, he heard screaming around him. Suddenly, looking at the end of a long avenue of trees, he saw a great light, but that seemed far removed. He walked in that direction, and saw that the light was coming out of a large palace, which was all lit up. The merchant thanked God for the help he had sent him, and hastened to get to this castle; but was surprised to find no one in the entryway. His horse, following him, seeing a large open barn, entered in, and found hay and oats, the poor animal, who was starving, fell upon it with great relief. The merchant tied him to the stable, and walked toward the house, where he found no one; but having entered a large room, he found a good fire; and a table loaded with meat, where there was a cover.

Comme la pluie et la neige l’avaient mouillé jusqu’aux os, il s’approcha du feu pour se sécher, et disait en lui-même, le maître de la maison, ou ses domestiques me pardonneront la liberté que j’ai prise, et sans doute ils viendront bientôt. Il attendit pendant un temps considérable ; mais onze heures ayant sonné, sans qu’il vît personne, il ne put résister à la faim, et prit un poulet, qu’il mangea en deux bouchées, et en tremblant. Il but aussi quelques coups de vin, et devenu plus hardi, il sortit de la salle, et traversa plusieurs grands appartements, magnifiquement meublés. A la fin, il trouva une chambre, où il y avait un bon lit, et comme il était minuit passé, et qu’il était las, il prit le parti de fermer la porte, et de se coucher. Il était dix heures du matin, quand il se leva le lendemain, et il fut bien surpris de trouver un habit fort propre, à la place du sien, qui était tout gâté. Assurément, dit-il en lui-même, ce palais appartient à quelque bonne fée, qui a eu pitié de ma situation.

As the rain and snow had soaked him to the bone, he approached the fire to dry himself, and said to himself, the master of the house, or his servants, to forgive me for the freedom that I took and no doubt they will come soon. He waited for a considerable time; but eleven o’clock having struck, without having seen the anyone, he could not resist the hunger, and took a chicken, ate it in two bites, and trembled. He also drank a few shots of wine, and became bolder, he left the room and crossed various large apartments, beautifully furnished. At the end, he found a room where there was a good bed, and as it was after midnight and he was tired, he decided to close the door, and go to bed. It was ten o’clock in the morning when he got up the next day and he was very surprised to find a clean clothes, in place of his own, which had been soiled. Surely he said himself, this palace belongs to some good fairy, who took pity on my situation. 

Il regarda par la fenêtre, et ne vit plus de neige, mais des berceaux de fleurs qui enchantaient la vue. Il rentra dans la grande salle, où il avait soupé la veille, et vit une petite table où il y avait du chocolat. « Je vous remercie, madame la fée, dit-il tout haut, d’avoir eu la bonté de penser à mon déjeuner. » Le bonhomme, après avoir pris son chocolat, sortit pour aller chercher son cheval, et comme il passait sous un berceau de roses, il se souvint que la Belle lui en avait demandé, et cueillit une branche, où il y en avait plusieurs. En même temps, il entendit un grand bruit, et vit venir à lui une bête si horrible, qu’il fut tout prêt de s’évanouir. « Vous êtes bien ingrat, lui dit la Bête, d’une voix terrible ; je vous ai sauvé la vie, en vous recevant dans mon château, et pour ma peine, vous me volez mes roses, que j’aime mieux que toutes choses au monde. Il faut mourir pour réparer cette faute ; je ne vous donne qu’un quart d’heure pour demander pardon à Dieu. »

He looked out the window and did not see any more snow, but cradles of flowers that delighted the view. He returned to the hall, where he had dined the night before, and saw a small table where there was chocolate. “Thank you, Madam Fairy, he said aloud, to have had the kindness to think of my lunch”. The man, after his chocolate, went to fetch his horse, and as he passed under a group of roses, he remembered what Belle had asked him, and plucked a branch, where there were several. At the same time, he heard a loud noise and saw a beast come to him so horrible that he was ready to faint. “You are very ungrateful, ‘said the Beast, in a terrible voice; I saved your life by receiving you in my castle, and for my trouble, you fly me my roses, which I like better than all things in the world. You must die to repair this fault; I give you a quarter hour to ask God for forgiveness. “

Le marchand se jeta à genoux, et dit à la Bête, enjoignant les mains : « Monseigneur, pardonnez-moi, je ne croyais pas vous offenser, en cueillant une rose pour une de mes filles, qui m’en avait demandé.

The merchant fell on his knees and said to the Beast, clasping his hands: “My Lord, forgive me, I did not believe that I offended, picking a rose for one of my daughters, who had asked me.

« Je ne m’appelle point Monseigneur », répondit le monstre, «mais la Bête.  Je n’aime pas les compliments, moi, je veux qu’on dise ce que l’on pense ; ainsi, ne croyez pas me toucher par vos flatteries. Mais vous m’avez dit que vous aviez des filles ; je veux bien vous pardonner, à condition qu’une de vos filles vienne volontairement, pour mourir à votre place ; ne me raisonnez pas : partez, et si vos filles refusent de mourir pour vous, jurez que vous reviendrez dans trois mois. »

“I am no longer called Monseigneur,” replied the monster, “rather the Beast. I do not like compliments, to me, I want one to say what they think;. also, don’t you believe that you have touched me with your flattery . But you told me you had daughters; I will forgive you, provided that your girls come voluntarily, to die in your place; do not give me reason, leave, and if your daughters refuse to die for you, swear that you will return in three months.”

Le bonhomme n’avait pas dessein de sacrifier une de ses filles à ce vilain monstre ; mais il pensa, au moins, j’aurai le plaisir de les embrasser encore une fois. Il jura donc de revenir, et la Bête lui dit qu’il pouvait partir quand il voudrait ; « mais, ajouta-t-elle, je ne veux pas que tu t’en ailles les mains vides. Retourne dans la chambre où tu as couché, tu y trouveras un grand coffre vide ; tu peux y mettre tout ce qu’il te plaira, je le ferai porter chez toi. » En même temps la Bête se retira, et le bonhomme dit en lui-même, s’il faut que je meure, j’aurai la consolation de laisser du pain à mes pauvres enfants. Il retourna dans la chambre où il avait couché, et y ayant trouvé une grande quantité de pièces d’or, il remplit le grand coffre, dont la Bête lui avait parlé ; le ferma, et ayant repris son cheval, qu’il retrouva dans l’écurie, il sortit de ce palais avec une tristesse égale à la joie qu’il avait, lorsqu’il y était entré.

The good man did not plan to sacrifice one of his daughters to the ugly monster, but he thought, at least I have the pleasure of kissing them once again, so he therefore vowed to return, and the Beast told him he could leave whenever he wanted, “but,” he added, “I do not want you to go away empty handed. Return to the room where you slept and you will find a large empty chest; you can put all what you will, that you will bring home”. At the same time the Beast retired, and the man said to himself, if necessary. if I am to die, I will have the consolation of leaving bread to my poor children. He returned to the room where he had slept, and there having found a large amount of gold, he fills the big chest, which the Beast had spoke to him of; closed it, and having regained his horse, found in the stable, he left the palace with equal sadness to joy he had when he had entered it.

Son cheval prit de lui-même une des routes de la forêt, et en peu d’heures, le bonhomme arriva dans sa petite maison. Ses enfants se rassemblèrent autour de lui, mais, au lieu d’être sensible à leurs caresses, le marchand se mit à pleurer, en les regardant. Il tenait à la main la branche de roses, qu’il apportait à la Belle : il la lui donna, et lui dit : « La Belle, prenez ces roses ; elles coûteront bien cher à votre malheureux père » ; et tout de suite, il raconta à sa famille la funeste aventure qui lui était arrivée. A ce récit, ses deux aînées jetèrent de grands cris, et dirent des injures à la Belle, qui ne pleurait point. « Voyez ce que produit l’orgueil de cette petite créature, disaient-elles ; que ne demandait-elle des ajustements comme nous ; mais non, mademoiselle voulait se distinguer ; elle va causer la mort de notre père, et elle ne pleure pas. – Cela serait fort inutile, reprit la Belle ; pourquoi pleurerais-je la mort de mon père ? Il ne périra point. Puisque le monstre veut bien accepter une de ses filles, je veux me livrer à toute sa furie, et je me trouve fort heureuse, puisqu’en mourant, j’aurai la joie de sauver mon père, et de lui prouver ma tendresse. – Non, ma sœur, lui dirent ses trois frères, vous ne mourrez pas, nous irons trouver ce monstre, et nous périrons sous ses coups, si nous ne pouvons le tuer.

His horse took one of the roads of the forest, and in a few hours, the man came to his little house. His children gathered around him, but instead of being sensitive to their caresses, the merchant began to cry, watching. He was holding the rose branch, he brought for Belle: he gave it to her, and said: “Belle, take these roses; they will cost your unhappy father dearly”; and immediately, he told his family the unfortunate adventure that had happened to him. In this story, his two eldest raised their voices, and said insults to Belle, who never cried. “See what produces the pride of this small creature”, they said, “she asked that no adjustments be made for us; but no, miss wanted to distinguish; it will cause the death of our father, and she does not cry”. “That would be quite useless,” said Belle, “therefore I weep the death of my father? He will not perish. Since the monster would accept a daughter, I want to indulge in all his fury, and I am very happy, because in dying, I have the joy of saving my father, and prove my affection”. “No, my sister”, said her three brothers, you do not die, we will find this monster, and we will perish under his blows, if we can kill him”.

– Ne l’espérez pas, mes enfants, leur dit le marchand, la puissance de cette Bête est si grande, qu’il ne me reste aucune espérance de la faire périr. Je suis charmé du bon cœur de la Belle, mais je ne veux pas l’exposer à la mort. Je suis vieux, il ne me reste que peu de temps à vivre, ainsi, je ne perdrai que quelques années de vie, que je ne regrette qu’à cause de vous, mes chers enfants. – Je vous assure, mon père, lui dit la Belle que vous n’irez pas à ce palais sans moi ; vous ne pouvez m’empêcher de vous suivre. Quoique je sois jeune, je ne suis pas fort attachée à la vie, et j’aime mieux être dévorée par ce monstre, que de mourir du chagrin que me donnerait votre perte. » On eut beau dire, la Belle voulut absolument partir pour le beau palais, et ses sœurs en étaient charmées, parce que les vertus de cette cadette leur avaient inspiré beaucoup de jalousie.

“Do not expect it, my children”, said the merchant, “the power of this beast is so great that there is no hope for me to destroy him. I am glad for the good heart of the Belle, but I do not want to expose her to death. I am old, I only have a short time to live, and I will only lose a few years of life, I do not regret that because of you, my dear children”. “I assure you, my father”, said Beauty, “you will not go to the palace without me; you can not help but follow you. Although I am young, I am not strongly attached to life, and I would rather be devoured by this monster, than die of grief given your loss.” It was useless to say, Belle insisted on leaving for the beautiful palace, and her sisters were charmed, because the virtues of this young one had inspired in them a lot of jealousy. 

Le marchand était si occupé de la douleur de perdre sa fille, qu’il ne pensait pas au coffre qu’il avait rempli d’or ; mais, aussitôt qu’il se fut renfermé dans sa chambre pour se coucher, il fut bien étonné de le trouver à la ruelle de son lit. Il résolut de ne point dire à ses enfants qu’il était devenu si riche, parce que ses filles auraient voulu retourner à la ville, qu’il était résolu de mourir dans cette campagne ; mais il confia ce secret à la Belle, qui lui apprit, qu’il était venu quelques gentilshommes pendant son absence, et qu’il y en avait deux qui aimaient ses sœurs. Elle pria son père de les marier ; car elle était si bonne qu’elle les aimait, et leur pardonnait de tout son cœur le mal qu’elles lui avaient fait. Ces deux méchantes filles se frottaient les yeux avec un oignon pour pleurer lorsque la Belle partit avec son père ; mais ses frères pleuraient tout de bon, aussi bien que le marchand : il n’y avait que la Belle qui ne pleurait point, parce qu’elle ne voulait pas augmenter leur douleur. Le cheval prit la route du palais, et sur le soir, ils l’aperçurent illuminé, comme la première fois. Le cheval fut tout seul à l’écurie, et le bonhomme entra avec sa fille dans la grande salle, où ils trouvèrent une table, magnifiquement servie, avec deux couverts.

The merchant was so occupied with the pain of losing her daughter, that he did not think he had the chest filled with gold; but as soon as he was confined to his room to lie down, he was astonished to find it in the alley of the bed. He resolved to say point to his children that he had become so rich, because his daughters would have wanted to return to the city, but he was determined to die in this countryside; but he confided this secret to Belle, who told him that he had come a few gentlemen during his absence, and that there were two who loved his sisters. She begged her father to marry; because it was so good that she loved them and forgave them with all her heart the evil they had done to her. These two mean girls rubbed their eyes with an onion to cry when Belle went with her father; but her brothers were crying in earnest, as well as the merchant: there was the Belle who never cried because she did not want to increase their pain. The horse took the road of the palace, and in the evening they saw it illuminated, like the first time. The horse was alone in the stable, and the man came in with his daughter in the big room, where they found a table, beautifully served, with two seats. 

Le marchand n’avait pas le cœur de manger ; mais Belle, s’efforçant de paraître tranquille, se mit à table, et le servit ; puis elle disait en elle-même : la Bête veut m’engraisser avant de me manger, puisqu’elle me fait si bonne chère. Quand ils eurent soupé, ils entendirent un grand bruit, et le marchand dit adieu à sa pauvre fille en pleurant ; car il pensait que c’était la Bête. Belle ne put s’empêcher de frémir, en voyant cette horrible figure : mais elle se rassura de son mieux, et le monstre lui ayant demandé si c’était de bon cœur qu’elle était venue, elle lui dit, en tremblant, que oui. « Vous êtes bien bonne, dit la Bête, et je vous suis bien obligée. Bonhomme, partez demain matin, et ne vous avisez jamais de revenir ici. Adieu la Belle. – Adieu la Bête, répondit-elle, et tout de suite le monstre se retira. – Ah, ma fille ! dit le marchand, en embrassant la Belle, je suis à demi-mort de frayeur. – Croyez-moi, laissez-moi ici ; non, mon père, lui dit la Belle avec fermeté, vous partirez demain matin, et vous m’abandonnerez au secours du Ciel ; peut-être aura-t-il pitié de moi.»

The merchant did not have the heart to eat; but Belle, trying to appear calm, sat down, and served him; then she said to herself: the Beast wants to fatten me before you eat me, because she makes good food. When they had supped, they heard a loud noise, and the merchant said goodbye to his poor girl weeping; because he thought it was the Beast. Belle could not help but shudder, seeing this horrible figure: but she reassured herself the best, and the monster having asked her if she had come with a good heart, she said, trembling, Yes I do. “You are very good, said the Beast, and I am much obliged to you. Good man, leave tomorrow and never you dare come back here. Goodbye Belle. Farewell the Beast, she replied, and immediately the monster withdrew. – Ah, girl! said the merchant, embracing Belle, I’m half dead of fright. – Trust me, leave me here; no, my father said Belle firmly, you will leave tomorrow morning, and you abandon me to the aid of Heaven; Perhaps he will have mercy on me.”

Ils furent se coucher, et croyaient ne pas dormir de toute la nuit, mais à peine furent-ils dans leurs lits, que leurs yeux se fermèrent. Pendant son Sommeil, la Belle vit une dame qui lui dit : « Je suis contente de votre bon cœur, la Belle ; la bonne action que vous faites, en donnant votre vie, pour sauver celle de votre père, ne demeurera point sans récompense. » La Belle en s’éveillant, raconta ce songe à son père, et quoiqu’il le consolât un peu, cela ne l’empêcha pas de jeter de grands cris, quand il fallut se séparer de sa chère fille. Lorsqu’il fut parti, la Belle s’assit dans la grande salle, et se mit à pleurer aussi ; mais comme elle avait beaucoup de courage, elle se recommanda à Dieu, et résolut de ne se point chagriner, pour le peu de temps qu’elle avait à vivre ; car elle croyait fermement que la Bête la mangerait le soir. Elle résolut de se promener en attendant, et de visiter ce beau château. Elle ne pouvait s’empêcher d’en admirer la beauté. Mais elle fut bien surprise de trouver une porte, sur laquelle il y avait écrit : Appartement de la Belle. Elle ouvrit cette porte avec précipitation, et elle fut éblouie de la magnificence qui y régnait : mais ce qui frappa le plus sa vue, fut une grande bibliothèque, un clavecin, et plusieurs livres de musique. ”

They were to sleep, and they did not believe they would sleep all night, but hardly were they in their beds, their eyes closed. During his sleep, the Belle saw a lady who said, “I’m glad of your good heart, Belle; the good deed you do, by giving your life to save that of your father, did not remain unrewarded.” The Belle on waking, told this dream to her father, and although he was consoled a little, this does not prevent him from weeping loudly when he left his beloved daughter. When he was gone, Belle sat in the great room and wept too; but as it was a lot of courage, she commended herself to God, and resolved not to grieve during the little time she had left to live; because she firmly believed that the Beast would eat her in the evening. She resolved to walk in the meantime, and visit this beautiful castle. She could not help but admire the beauty. But she was very surprised to find a door, on which it had been written: the apartment of Belle. She opened the door hastily, and was dazzled by the magnificence that reigned there: but what most struck her sight, was a large library, a harpsichord, and several music books. 

On ne veut pas que je m’ennuie “, dit-elle, tout bas ; elle pensa ensuite, si je n’avais qu’un jour à demeurer ici, on ne m’aurait pas fait une telle provision. Cette pensée ranima son courage. Elle ouvrit la bibliothèque et vit un livre, où il y avait écrit en lettres d’or : Souhaitez, commandez ; vous êtes ici la reine et la maîtresse. « Hélas ! dit-elle, en soupirant, je ne souhaite rien que de revoir mon pauvre père, et de savoir ce qu’il fait à présent » : elle avait dit cela en elle-même. Quelle fut sa surprise ! en jetant les yeux sur un grand miroir, d’y voir sa maison, où son père arrivait avec un visage extrêmement triste. Ses sœurs venaient au-devant de lui, et malgré les grimaces qu’elles faisaient, pour paraître affligées, la joie qu’elles avaient de la perte de leur sœur, paraissait sur leur visage. Un moment après, tout cela disparut, et la Belle ne put s’empêcher de penser, que la Bête était bien complaisante, et qu’elle n’avait rien à craindre d’elle. A midi, elle trouva la table mise, et pendant son dîner, elle entendit un excellent concert, quoiqu’elle ne vît personne. Le soir, comme elle allait se mettre à table, elle entendit le bruit que faisait la Bête, et ne put s’empêcher de frémir. « La Belle, lui dit ce monstre, voulez-vous bien que je vous voie souper ?

“One does not want that I’m bored,” she said, softly; Then she thought, if I had to stay here only one day, there would be no such provision. This thought revived her courage. She opened the library and saw a book where there was written in letters of gold: Would, order; you are the queen and mistress. “Alas! she said, sighing, I just want to see my poor father, and know what he does now, “she had said this in itself. What was his surprise! by glancing at a large mirror, to see his house, where his father arrived with a very sad face. His sisters came to meet him, and despite the grimaces they were doing, to look distressed, joy they had lost their sister, appeared on their face. A moment later, it all disappeared, and the Belle could not help thinking, that the Beast was well complacent, and she had nothing to fear from her. At noon, she found the table, nor during his dinner, she heard a great concert, although no one should see. In the evening, as she was sitting down to dinner, she heard the noise made by the Beast, and could not help but shudder. “Beauty, told this monster, would you please let me see you dinner?

Vous êtes le maître, répondit la Belle, en tremblant. – Non, répondit la Bête, il n’y a ici de maîtresse que vous. Vous n’avez qu’à me dire de m’en aller, si je vous ennuie ; je sortirai tout de suite. Dites-moi, n’est-ce pas que vous me trouvez bien laid ? – Cela est vrai, dit la Belle, car je ne sais pas mentir, mais je crois que vous êtes fort bon. – Vous avez raison, dit le monstre, mais, outre que je suis laid, je n’ai point d’esprit  je sais bien que je ne suis qu’une bête.

You are the master, the Belle replied, trembling. – No, replied the Beast, there is no mistress here but you. Just tell me to go, if I bore you; I will get out immediately. Tell me, do you not find me ugly? – This is true, says Belle, because I can not lie, but I think you are very good. – You are right, said the monster, but besides that I’m ugly, I do not much mind, I know, I’m just a beast.

– On n’est pas bête, reprit la Belle, quand on croit n’avoir point d’esprit : un sot n’a jamais su cela. – Mangez donc, la Belle, lui dit le monstre, et tâchez de ne vous point ennuyer dans votre maison ; car tout ceci est à vous ; et j’aurais du chagrin, si vous n’étiez pas contente. – Vous avez bien de la bonté, dit la Belle. Je vous avoue que je suis bien contente de votre cœur ; quand j’y pense, vous ne me paraissez plus si laid. – Oh dame, oui, répondit la Bête, j’ai le cœur bon, mais je suis un monstre. – Il y a bien des hommes qui sont plus monstres que vous, dit la Belle, et je vous aime mieux avec votre figure, que ceux qui avec la figure d’hommes, cachent un cœur faux, corrompu, ingrat. – Si j’avais de l’esprit, reprit la Bête, je vous ferais un grand compliment pour vous remercier, mais je suis un stupide ; et tout ce que je puis vous dire, c’est que je vous suis bien obligé. » La Belle soupa de bon appétit.

– One is not stupid, said Belle, when one believes to have minded a point that a fool never knew. – Eat then, Belle, said the monster, and try not to get bored in your home; for all this is yours; and I should be sorry if you were not happy. – You are very kind, said Belle. I confess I’m glad I am in your heart; when I think that, you appear so ugly. – Oh lady, yes, replied the Beast, I have a good heart, but I’m a monster. – There are many men who are more of a monster than you, said Belle, and I love you best with your figure, as those with the figure of men, hiding a fake heart, spoiled, ungrateful. – If I were clever, said the Beast, I would do you a giver you a great compliment, but I’m stupid; and all I can say is that I am much obliged to you. Belle ate with a good appetite.

Elle n’avait presque plus peur du monstre ; mais elle manqua mourir de frayeur, lorsqu’il lui dit : « La Belle, voulez-vous être ma femme ? » Elle fut quelque temps sans répondre ; elle avait peur d’exciter la colère du monstre en le refusant elle lui dit pourtant en tremblant : « Non, la Bête. » Dans le moment, ce pauvre monstre voulut soupirer, et il fit un sifflement si épouvantable, que tout le palais en retentit : mais Belle fut bientôt rassurée ; car la Bête lui ayant dit tristement, « adieu la Belle », sortit de la chambre, en se retournant de temps en temps pour la regarder encore. Belle se voyant seule, sentit une grande compassion pour cette pauvre Bête : « Hélas, disait-elle, c’est bien dommage qu’elle soit si laide, elle est si bonne ! » Belle passa trois mois dans ce palais avec assez de tranquillité. Tous les soirs, la Bête lui rendait visite, l’entretenait pendant le souper, avec assez de bon sens, mais jamais avec ce qu’on appelle esprit, dans le monde. L’habitude de le voir l’avait accoutumée à sa laideur, et loin de craindre le moment de sa visite, elle regardait souvent à sa montre, pour voir s’il était bientôt neuf heures ; car la Bête ne manquait jamais de venir à cette heure-là. Il n’y avait qu’une chose qui faisait de la peine à la Belle, c’est que le monstre, avant de se coucher, lui demandait toujours si elle voulait être sa femme, et paraissait pénétré de douleur, lorsqu’elle lui disait que non.

She was almost afraid of the monster; but failed to die of fright when he said: “Beauty, will you be my wife?” There was some time without answering; she was afraid to arouse the anger of the monster by denying him, she told him still trembling, “No, Beast.” In that moment, the poor monster sighed, and he made a whistle so terrible that the whole palace resounded: Belle was soon reassured; because the Beast having said sadly, “farewell Belle” left the room, turning from time to time to look again. Belle felt alone, feeling a great compassion for this poor beast,” Alas, she said, what a shame he’s so ugly, he’s so good!” Belle spent three months in this palace with enough tranquility. Every night, the Beast visited her, maintained it during supper, with enough common sense, but never with so-called mind, in the World. The habit of seeing him accustomed her to his ugliness, and far from fearing the time of his visit, she often looked at her watch to see if it was soon to be nine o’clock; for the Beast never missed coming at that time. There was one thing that made it difficult for Belle, is the monster, before bed, always asked her if she would be his wife, and seemed penetrated with grief when he said no.

Elle lui dit un jour : « Vous me chagrinez, la Bête ; je voudrais pouvoir vous épouser, mais je suis trop sincère, pour vous faire croire que cela arrivera jamais. Je serai toujours votre amie, tâchez de vous contenter de cela. – Il le faut bien, reprit la Bête ; je me rends justice. Je sais que je suis bien horrible ; mais je vous aime beaucoup; cependant je suis trop heureux de ce que vous voulez bien rester ici ; promettez-moi que vous ne me quitterez jamais. » La Belle rougit à ces paroles. Elle avait vu dans son miroir, que son père était malade de chagrin, de l’avoir perdue, et elle souhaitait le revoir. « Je pourrais bien vous promettre, dit-elle à la Bête, de ne vous jamais quitter tout à fait ; mais j’ai tant d’envie de revoir mon père, que je mourrai de douleur, si vous me refusez ce plaisir. – J’aime mieux mourir moi-même, dit ce monstre, que de vous donner du chagrin.

She told him: “You make me sad, Beast; I want to marry you, but I am too sincere to make you think that this will ever happen. I will always be your friend, try to accept this. – It must be so, replied the Beast; I realize justice. I know I’m horrible; but I love you very much; However, I am very happy that you’ll stay here; promise me you’ll never leave me.” Belle blushed at these words. She saw in his mirror, her father was sick with grief for having lost her, and she wanted to see him again. “I could well promise you, she says to the Beast, do you ever leave altogether; but I so much want to see my father, I shall die of grief if you refuse me that pleasure. – I would rather die myself, says the monster, as to give you grief.

Je vous enverrai chez votre père, vous y resterez, et votre pauvre Bête en mourra de douleur. – Non, lui dit la Belle, en pleurant, je vous aime trop pour vouloir causer votre mort. Je vous promets de revenir dans huit jours. Vous m’avez fait voir que mes sœurs sont mariées, et que mes frères sont partis pour l’armée. Mon père est tout seul, souffrez que je reste chez lui une semaine. – Vous y serez demain au matin, dit la Bête mais souvenez-vous de votre promesse. Vous n’aurez qu’à mettre votre bague sur une table en vous couchant, quand vous voudrez revenir. Adieu la Belle. » La Bête soupira selon sa coutume, en disant ces mots, et la Belle se coucha toute triste de la voir affligée. Quand elle se réveilla le matin, elle se trouva dans la maison de son père, et ayant sonné une clochette, qui était à côté de son lit, elle vit venir la servante, qui fit un grand cri, en la voyant. Le bonhomme accourut à ce cri, et manqua mourir de joie, en revoyant sa chère fille ; et ils se tinrent embrassés plus d’un quart d’heure. La Belle, après les premiers transports, pensa qu’elle n’avait point d’habits pour se lever ; mais la servante lui dit, qu’elle venait de trouver dans la chambre voisine un grand coffre, plein de robes toutes d’or, garnies de diamants. Belle remercia la bonne Bête de ses attentions ; elle prit la moins riche de ces robes, et dit à la servante de serrer les autres, dont elle voulait faire présent à ses sœurs : mais à peine eut-elle prononcé ces paroles, que le coffre disparut. Son père lui dit que la Bête voulait qu’elle gardât tout cela pour elle, et aussitôt, les robes et le coffre revinrent à la même place.

I will send you to your father, you will stay there, and your poor Beast will die in pain. – No, said Beauty, weeping, I love you too much to want to cause your death. I promise to return in eight days. You made me see that my sisters are married, and my brothers left for the army. My father is alone, suffer without me so I can stay home for one week. – You will be tomorrow morning, says the Beast but remember your promise. You just have to put your ring on a table setting, when you want to return. Belle Goodbye. “The Beast sighed as usual, saying these words, Belle slept very poorly seeing him distressed. When she awoke in the morning, she was found in the house of her father, who rang a bell, which was next to her bed, she spied the maid, which made a loud cry, seeing her. The man ran to cry, and nearly died of joy at seeing his dear daughter; and they stood embraced for more than a quarter of an hour. La Belle after the first transports, thought she had clothes to wake up to; but the maid told her that she had found in the next room a large chest full of dresses, all of gold, adorned with diamonds. Belle thanked the good Beast for his attentions; she took the poorer of these dresses and asked the maid to take the others, since she wanted to do that to her sisters: but scarcely had she uttered these words than the trunk disappeared. Her father told her that she should understand that the Beast wanted all this for her, and soon, the dresses and the trunk came back to the same place.

La Belle s’habilla, et pendant ce temps, on fut avertir ses sœurs, qui accoururent avec leurs maris. Elles étaient toutes deux fort malheureuses. L’aînée avait épousé un gentilhomme, beau comme l’amour; mais il était si amoureux de sa propre figure, qu’il n’était occupé que de cela, depuis le matin jusqu’au soir, et méprisait la beauté de sa femme. La seconde avait épousé un homme, qui avait beaucoup d’esprit ; mais il ne s’en servait que pour faire enrager tout le monde, et sa femme toute la première. Les sœurs de la Belle manquèrent mourir de douleur, quand elles la virent habillée comme une princesse, et plus belle que le jour. Elle eut beau les caresser, rien ne put étouffer leur jalousie, qui augmenta beaucoup, quand elle leur eut conté combien elle était heureuse. Ces deux jalouses descendirent dans le jardin, pour y pleurer tout à leur aise et elles se disaient, pourquoi cette petite créature est-elle plus heureuse que nous ? Ne sommes-nous pas plus aimables qu’elle ? « Ma sœur, dit l’aînée, il me vient une pensée ; tâchons de l’arrêter ici plus de huit jours, sa sotte Bête se mettra en colère, de ce qu’elle lui aura manqué de parole, et peut-être qu’elle la dévorera. – Vous avez raison, ma sœur, répondit l’autre. Pour cela, il lui faut faire de grandes caresses. » Et ayant pris cette résolution, elles remontèrent et firent tant d’amitié à leur sœur, que la Belle en pleura de joie. Quand les huit jours furent passés, les deux sœurs s’arrachèrent les cheveux, et firent tant les affligées de son départ, qu’elle promit de rester encore huit jours.

Belle dressed, and during that time, they were warning her sisters, who ran with their husbands. They were both very unhappy. The eldest had married a gentleman, beautiful like love; but he was so in love with his own figure, he was occupied with this, from morning until evening, and despised the beauty of his wife. The second had married a man who was very intelligent; but he used it only to enrage others, and his wife was always the first. The sisters of the Belle almost died of grief when they saw her dressed like a princess, and more beautiful than the day. She was beautiful to caress, nothing could stifle their jealousy, which greatly increased when she had told them how happy she was. These jealous ones went down into the garden to weep to ease themselves and they said, why is this little creature happier than us? Are we not more amiable than she? “My sister, said the eldest, I have an idea; try to hold her here for eight days, her foolish Beast will be angry, for she has missed her word, and maybe she’ll be devoured. – You are right, sister, replied the other. For this, he has to make big hugs. “And having taken this resolution, they went up and made so friendly to their sister, Belle wept for joy. When eight days were past, the sisters tore their hair, and both acted afflicted by her departure, as she had promised to stay for eight days.

Cependant Belle se reprochait le chagrin qu’elle allait donner à sa pauvre Bête, qu’elle aimait de tout son cœur, et elle s’ennuyait de ne la plus voir. La dixième nuit qu’elle passa chez son père, elle rêva qu’elle était dans le jardin du palais, et qu’elle voyait la Bête, couchée sur l’herbe, et prête à mourir, qui lui reprochait son ingratitude. La Belle se réveilla en sursaut, et versa des larmes. « Ne suis-je pas bien méchante, disait-elle, de donner du chagrin à une Bête, qui a pour moi tant de complaisance? Est-ce sa faute, si elle est si laide, et si elle a peu d’esprit ? Elle est bonne, cela vaut mieux que tout le reste. Pourquoi n’ai-je pas voulu l’épouser ? Je serais plus heureuse avec elle, que mes sœurs avec leurs maris. Ce n’est, ni la beauté, ni l’esprit d’un mari, qui rendent une femme contente : c’est la bonté du caractère, la vertu, la complaisance : et la Bête a toutes ces bonnes qualités.

However Belle blamed herself for the grief she would give to her poor Beast, whom she loved with all her heart, and she was bored to not see him anymore. The tenth night she spent with her father, she dreamed she was in the garden of the Palace, and she saw the Beast, lying on the grass, and ready to die, who reproached her for her ingratitude. Beauty awoke with a start, and wept. “Am I bad, she said, for giving grief to the Beast, who was for me so complacent? Is it his fault that he’s so ugly, and if he has little mind? He is good, he’s better than everything else. Why do I not want to marry him? I would be happier with him, than my sisters with their husbands. That is neither the beauty nor the spirit of a husband who makes a woman happy: the goodness of character, virtue, complacency and the Beast has all these good qualities.

Je n’ai point d’amour pour elle ; mais j’ai de l’estime, de l’amitié, et de la reconnaissance. Allons, il ne faut pas la rendre malheureuse ; je me reprocherais toute ma vie mon ingratitude. » A ces mots, Belle se lève, met sa bague sur la table, et revient se coucher. A peine fut-elle dans son lit, qu’elle s’endormit, et quand elle se réveilla le matin, elle vit avec joie qu’elle était dans le palais de la Bête. Elle s’habilla magnifiquement pour lui plaire, et s’ennuya à mourir toute la journée, en attendant neuf heures du soir ; mais l’horloge eut beau sonner, la Bête ne parut point. La Belle, alors, craignit d’avoir causé sa mort. Elle courut tout le palais, en jetant de grands cris ; elle était au désespoir. Après avoir cherché partout, elle se souvint de son rêve, et courut dans le jardin vers le canal, où elle l’avait vue en dormant. Elle trouva la pauvre Bête étendue sans connaissance, et elle crut qu’elle était morte. Elle se jeta sur son corps, sans avoir horreur de sa figure, et sentant que son cœur battait encore, elle prit de l’eau dans le canal, et lui en jeta sur la tête.

I have no love for her; but I have esteem, friendship, and gratitude. Come on, do not make her unhappy; I reproach myself all my life my ingratitude.” At these words, Belle gets up, puts her ring on the table, and returned to bed. As soon as she was in bed, she fell asleep and when she awoke in the morning, she was alive with joy that she was in the Palace of the Beast. She dressed beautifully to please him, and was bored to death all day, until nine at night; but the clock sounded in vain, the Beast did not appear. Belle, then, afraid of causing his death. She ran through the whole Palace, throwing a great shout; she was in despair. After searching everywhere, she remembered her dream, and ran into the garden to the canal, where she had seen him sleeping. She found the poor beast unconscious, and she thought he was dead. She threw herself on his body, without fear of his face, and feeling that his heart was still beating, she took water from the channel, and threw it on his head.

La Bête ouvrit les yeux et dit à la Belle : « Vous avez oublié votre promesse, le chagrin de vous avoir perdue, m’a fait résoudre à me laisser mourir de faim ; mais je meurs content, puisque j’ai le plaisir de vous revoir encore une fois. – Non, ma chère Bête, vous ne mourrez point, lui dit la Belle, vous vivrez pour devenir mon époux ; dès ce moment je vous donne ma main, et je jure que je ne serai qu’à vous. Hélas, je croyais n’avoir que de l’amitié pour vous, mais la douleur que je sens, me fait voir que je ne pourrais vivre sans vous voir. » A peine la Belle eut-elle prononcé ces paroles, qu’elle vit le château brillant de lumière, les feux d’artifices, la musique, tout lui annonçait une fête mais toutes ces beautés n’arrêtèrent point sa vue : elle se retourna vers sa chère Bête, dont le danger la faisait frémir. Quelle fut sa surprise ! La Bête avait disparu, et elle ne vit plus à ses pieds qu’un prince plus beau que l’amour, qui la remerciait d’avoir fini son enchantement. Quoique ce prince méritât toute son attention, elle ne put s’empêcher de lui demander où était la Bête. « Vous la voyez à vos pieds, lui dit le prince.

The Beast opened his eyes and told Belle: “You have forgotten your promise, the sorrow of having lost you, made me resolve to let myself starve; but I die happy, because I had the pleasure to see her once. – No, dear Beast, you will not die, said Beauty, you will live to become my husband; from this moment I give you my hand, and I swear to you I will. Alas, I have only thought of friendship for you, but the pain I feel, made me see that I could not live without seeing you.” Hardly had Belle uttered these words, that she saw the castle light up brilliantly, fireworks, music, everything pointed to him a party but all these beauties did not stop her sight: she turned to her dear Beast, whose threatening was thrilling. What was her surprise! The Beast had disappeared, and she was now living at the feet of a Prince more beautiful than love, thanking her for having finished his enchantment. Although this Prince deserved full attention, she could not help asking him where the Beast was. “You see him at your feet, said the Prince.”

Une méchante fée m’avait condamné à rester sous cette figure jusqu’à ce qu’une belle fille consentît à m’épouser, et elle m’avait défendu de faire paraître mon esprit. Ainsi, il n’y avait que vous dans le monde assez bonne, pour vous laisser toucher à la bonté de mon caractère ; et en vous offrant ma couronne, je ne puis m’acquitter des obligations que je vous ai. » La Belle, agréablement surprise, donna la main à ce beau prince pour se relever. Ils allèrent ensemble au château, et la Belle manqua mourir de joie, en trouvant dans la grande salle son père, et toute sa famille, que la belle dame, qui lui était apparue en songe, avait transportés au château. « Belle, lui dit cette dame, qui était une grande fée, venez recevoir la récompense de votre bon choix : vous avez préféré la vertu à la beauté et à l’esprit, vous méritez de trouver toutes ces qualités réunies en une même personne. Vous allez devenir une grande reine : j’espère que le trône ne détruira pas vos vertus. Pour vous, mesdemoiselles, dit la fée aux deux sœurs de Belle, je connais votre cœur, et toute la malice qu’il enferme.

A wicked fairy had condemned me to remain in this figure until a beautiful girl would consent to marry me, and she had forbidden me to show my spirit. Thus, there was you in pretty good world, to let you touch the goodness of my character; and offering you my crown, I can not fulfill my obligations that I have.” Belle, pleasantly surprised, gave her hand to the handsome Prince to get up. They went together to the castle, Belle almost died of joy, finding in the great room her father, and all her family, the beautiful lady, who had appeared to her in a dream, were transported to the castle. “Belle, said the lady, who was a great fairy, come to receive the reward of your good choice: you have preferred virtue to beauty and spirit, you deserve to find all these qualities combined in one person. You will become a great Queen: I hope the throne will not destroy your virtues. For you ladies, said the fairy to the sisters of Belle, I know your heart, and all the malice that it holds.

Devenez deux statues ; mais conservez toute votre raison sous la pierre qui vous enveloppera. Vous demeurerez à la porte du palais de votre sœur, et je ne vous impose point d’autre peine, que d’être témoins de son bonheur. Vous ne pourrez revenir dans votre premier état, qu’au moment où vous reconnaîtrez vos fautes ; mais j’ai bien peur que vous ne restiez toujours statues. On se corrige de l’orgueil, de la colère, de la gourmandise et de la paresse : mais c’est une espèce de miracle que la conversion d’un cœur méchant et envieux. » Dans le moment la fée donna un coup de baguette, qui transporta tous ceux qui étaient dans cette salle, dans le royaume du prince. Ses sujets le virent avec joie, et il épousa la Belle, qui vécut avec lui fort longtemps, et dans un bonheur parfait, parce qu’il était fondé sur la vertu.

You will become two statues; but keep your reason in the entire stone that surrounds you. You will remain at the door of the palace of your sister, and I will not impose any other penalties on you, other than to witness her happiness. You can return to your former state, when you recognize your faults; but I’m afraid you will still stay statues. One corrects pride, anger, gluttony and laziness, but it’s a kind of miracle that the conversion of a wicked and envious heart.” In the moment the fairy waved a wand, all who were in this room, in the kingdom of the prince, were transported. The subjects saw him with joy, and he married Belle, who lived with him a long time, and in perfect happiness, because it was based on virtue.

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