French Novel – La Disparition by Georges Perec

Georges Perec, La Disparition

Anton Voyl n’arrivait pas à dormir. Il alluma. Son Jaz marquait minuit vingt. Il poussa un profond soupir, s’assit dans son lit, s’appuyant sur son polochon. ll prit un roman, il l’ouvrit, il luit, mais il n’y saississait qu’un imbroglio confus, il butait à tout instant sur un mot dont il ignorait la signification.

Il abandonna son roman sur son lit. Il alla à son lavabo, il mouilla un gant qu’il passa sur son front, sur son cou. Son pouls battait trop fort. Il avait chaud. Il ouvrit son vasistas scruta la nuit. Il faisait doux…

Il ouvrit son frigo mural, il prit du lait froid, il but un grand bol. Il s’apaisait. Il s’assist sur son cosy, il prit un journal qu’il parcourut d’un air distrait. Il alluma un cigarillo qu’il fuma jusqu’au bout quoiqu’il trouvàt son parfum irritant. Il toussa…

Il dut s’assoupir un instant, car il sursauta soudain. La radio annonçait: “Voici nos Informations”. Il n’y avait aucun fait important: à Valparaiso, l’inauguration d’un pont avait fait vingt-cinq morts: à Mantignon, Pompidou proposait aux syndicats l’organisation d’un stqtu quo social, mais faisait chou blanc.

Au Biafra, conflits raciaux; à Conakry, on parlait d’un putsch. Un typhon s’abbattait sur Nagasaki, tandis qu’un ouragan au joli surnom d’Amanda s’annonçait sur Tristan da Cunha dont on rapatriait la population par avions-cargos.

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