L’Avis #47

http://www.podclub.ch/fr/emissions/l-avis-de-marie-f/450-lavis-de-marie-47-la-france-vue-par-ilian-11-mars-2011

Bonjour, bienvenue chez moi, sur mon podcast “ L’avis de Marie ”. Aujourd’hui nous sommes le 11 mars 2011 et aujourd’hui c’est un podcast un peu particulier puisque j’ai à mes côtés, Ilian, qui est mon invité. Nous allons parler de lui, de son pays, la Bulgarie, et de sa vision de la France.

Hello, welcome to my home, on my podcast “The opinion of Mary.” Today is March 11, 2011 and today is a rather special podcast as I have with me, Ilian, who is my guest. We’ll talk about him, his country, Bulgaria, and his vision of France.

Marie : Bonjour Ilian, ca va ?
Ilian : Oui merci, je suis heureux d’être là et que tu me donnes la parole.
Marie : Mais je t’en prie. Ilian, nos auditeurs [1] doivent te trouver un petit accent étrange [2], d’où viens-tu ?
Ilian : Je suis de Bulgarie, de la capitale Sofia.
Marie : Et peux-tu nous expliquer où tu as appris à parler le français ?
Ilian : J’ai appris le français en France, pendant mes différents séjours [3] dans le pays. J’ai appris sur le tas, je n’ai jamais pris de cours.
Marie : Waouh, tu es doué [4] dis-moi.
Ilian : Non, ce n’est pas ça, je voulais parler avec les gens et je trouve la langue très jolie.
Marie : Tu me dis avoir fait plusieurs séjours dans le pays, pourquoi, plusieurs séjours, c’était pour des vacances ?

Marie: Hello Ilian, how’s it going?
Ilian: Yes thank you, I’m happy to be there and you give me the word.
Marie : But please. Ilian, our audience [1] shall find your little accent strange [2], where are you from?
Ilian: I am from Bulgaria, the capital Sofia.
Mary: And can you tell us where you learned to speak French?
Ilian: I learned French in France, during my various stays  [3] in the country. I learned on the job, I have never taken lessons.
Marie: Wow, you ‘re good  [4] tell me.
Ilian: No, that’s not it, what I wanted was to talk with people and it is a very lovely language.
Mary: You say you have made several visits to the country, why, several stays, was it for a vacation?

Ilian : Non, je voulais juste visiter la France. J’ai toujours voulu la connaître vraiment de l’intérieur [5], et voir si l’image que j’avais d’elle correspondait à la réalité. Pour moi, venir en France, c’était un rêve d’enfant. Pour moi, la France, c’est Jean Paul Belmondo, c’est Jean Michel Jarre. C’est aussi le pays de l’amour, un pays très romantique. Quand j’imaginais Paris par exemple, je m’imaginais danser sur les Champs Elysées, boire du vin et être amoureux. Mon papa qui était volleyeur professionnel avait eu l’occasion de visiter beaucoup de pays, c’était une chance pour lui, car je te rappelle, la Bulgarie faisait partie du bloc communiste et donc c’était difficile d’aller à l’Ouest. Et grâce à ce que mon papa nous racontait sur la France, je me suis fabriqué des images. Et je voulais savoir si tout cela était vrai. Et tu sais un enfant à beaucoup d’imagination.
Marie : Et alors ? La réalité correspond [6]-t-elle à ce que tu avais imaginé ?
Ilian : La première fois quand je suis venu en France, tout était exactement comme je l’avais imaginé. Je suis tombé amoureux de [7] ce pays. Tout était super, la vie était belle. J’ai recommencé à jouer au volley, car en Bulgarie, j’y ai joué pendant 10 ans. C’est ma passion et j’étais très content de pouvoir jouer. Je me suis fait de nouveaux amis. J’aimais être en France et bien sûr j’ai découvert le fromage français.
Marie : Et dis moi, es-tu tombé amoureux à Paris et as tu dansé sur les Champs Elysées ?

Ilian: No, I just wanted to visit France. I always wanted to really know the inside [5], and see if the image I had of it corresponded to reality. For me, coming to France, it was a childhood dream. For me, France, Jean Paul Belmondo, Jean Michel Jarre. It is also the country of love, a romantic country. When I imagined Paris for example, I imagined myself dancing on the Champs Elysees, drinking wine and being in love. My dad was a professional volleyball player who had the opportunity to visit many countries, it was a chance for him because I remind you, Bulgaria was part of the communist bloc and so it was difficult to go to the West . And thanks to what my dad told us about France, I made pictures. And wanted to know if it was all true. And you know a child has a lot of imagination.
Marie: So what? The reality is [6] it to what you had imagined?
Ilian: The first time when I came to France, everything was exactly as I had imagined. I fell in love with [7] this country. Everything was great, life was good. I started to play volleyball, because in Bulgaria, I played for 10 years. It is my passion and I was very happy to play. I made new friends. I loved being in France and of course I discovered the French cheese.
Mary: And tell me, did you fall in love with Paris and have you dancing on the Champs Elysees?

Ilian : J’ai été à Paris, mais je n’ai pas eu l’occasion [8], ni d’aller danser, ni de boire du vin, et, je n’ai pas eu le temps de tomber amoureux, car la voiture de police dans laquelle j’étais assis, roulait trop vite.
Marie : La voiture de police ? Mais qu’est-ce que tu faisais dans cette voiture de police ?
Ilian : On m’a expulsé [9] du pays. C’était en 2002, à l’époque il fallait encore un visa. J’en avais un de 3 mois, mais je suis resté 7 mois, parce que je voulais continuer à vivre mon rêve. J’habitais chez ma tante à Huningue et la police est venue me chercher chez elle. On m’a dit que j’avais trois jours pour quitter le pays. On m’a emmené à Paris jusqu’à un centre de détention [10] à l’aéroport. J’étais triste.
Il fallait que je quitte le pays, mais j’étais sûr de revenir un jour. D’ailleurs j’ai dit ” Au revoir ” à tous les policiers, mais un m’a répondu : ” Non, adieu “.
Marie : Et tu es revenu en France !
Ilian : Un an après, oui. Je suis revenu chez ma tante, et cette fois, je n’avais plus besoin de visa, leslois [11] avaient changé. J’ai essayé pendant un an de construire ma vie ici, mais il y avait beaucoup debarrières [12] que je ne pouvais pas sauter. Au bout d’un an, j’étais déprimé, je n’avais pas de travail, je ne trouvais pas ma place. Et cette fois, c’est moi qui suis allé à la police pour qu’elle m’expulse. Ensuite, la voiture, Paris, l’aéroport, l’avion, enfin la même histoire. J’ai à nouveau vu Paris, mais je n’ai toujours pas eu le temps de tomber amoureux.
Marie : Pardonne-moi ma question, mais de quoi vivais-tu ?

Ilian: I was in Paris, but I did not have the opportunity [8], or to go dancing or drink wine, and I have not had time to fall in love, because the police car in which I sat, I was driving too fast.
Mary: The police car? But what were you doing in that police car?
Ilian: I was expelled [9] from the country. It was in 2002, at the time it was still necessary to have visas. I had one to three months, but I stayed 7 months, because I wanted to continue living my dream. I lived with my aunt in Huningue and the police came to take me home. I was told I had three days to leave the country. I was taken to Paris to a detention center [10] at the airport. I was sad.   I had to leave the country, but I was sure to return one day. Moreover I said “see you again” to all the police officers, but one replied: “No, goodbye.”
Mary: And you’re back in France!
Ilian: A year later, yes. I returned to my aunt, and this time I did not need a visa, the law [11] had changed. I tried for a year to build my life here, but there were many barriers [12] I could not jump. After a year, I was depressed, I was not working, I could not find my place. And this time it was me who went to the police to expel me. Then the car, Paris, the airport, the plane finally the same story. I saw Paris again, but I still have not had time to fall in love.
Marie: Forgive me my question, but what did you live?

Ilian : J’ai fait quelques travaux de saisonniers [13], comme ramasser du tabac, et puis bon, j’ai aussi un peu travaillé au noir.
Marie : C’est à dire un travail non déclaré c’est cela ?
Ilian : Oui, mais je vis de très peu.
Marie : Et ensuite qu’as-tu fais de ta vie ?
Ilian : J’ai travaillé en Bulgarie, en Espagne, mais, mon attirance [14] pour la France est tellement grande, que me revoilà ! Mais la situation n’a pas vraiment changé, c’est toujours difficile pour moi de travailler.
Marie : Oui, j’ai lu beaucoup de choses à ce sujet, et je dois expliquer à ceux qui nous écoutent la situation particulière des Bulgares et des Roumains. Ton pays la Bulgarie fait bien partie de la Communauté Européenne, non ?
Ilian : Oui, depuis 2007.
Marie : Et, normalement tout citoyen européen peut venir s’installer en France et partout en Europe, y travailler et y vivre. Mais vous les Bulgares, comme vous n’êtes pas encore dans la convention de Schengen, la situation est particulière et je dois dire qu’elle est presque ridicule. Je vais expliquer et si je me trompe [15] tu me corriges.
Ilian : D’accord.

Ilian: I did some seasonal work [13] like picking tobacco, and then good, I also worked a little black.
Mary: That is undeclared work right?
Ilian: Yes, but I saw very little.
Mary: And then what did you do with your life?
Ilian: I worked in Bulgaria, Spain, but my attraction [14] for France is so great that I’m back! But the situation has not changed, it’s still difficult for me to work.
Marie: Yes, I have read a lot about it, and I have to explain to those watching the special situation of Bulgarian and Romanians. Your country Bulgaria is actually part of the European Community, no?
Ilian: Yes, since 2007.
Marie:  And normally every European citizen can settle in France and throughout Europe, work and live. But you Bulgarians, as you’re not in the Schengen Convention, the situation is special and I must say that it is almost ridiculous. I will explain and if I am wrong [15] you corrected me.
Ilian: Okay.

Marie : Pour travailler il te faut une carte de séjour, c’est à dire une autorisation [16] de vivre en France, mais pour l’avoir cette autorisation de vivre en France, il te faut un travail, mais donc pour avoir un travail, il te faut la carte de séjour… c’est incohérent [17]. C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue, c’est à dire: c’est une histoire sans fin. En plus, j’ai lu que si un patron d’entreprise voulait te prendre commesalarié [18], il lui fallait prouver, c’est à dire démontrer, qu’aucun Français ne voulait le poste. Et plus il lui faut payer une taxe je crois, et les démarches [19] administratives, tout ce qu’il faut faire pour avoir l’autorisation, sont tellement compliquées, que même les plus courageux des patrons baissent les bras, c’est à dire abandonnent l’idée de recruter un citoyen Bulgare. Ai-je bien résumé Ilian ?
Ilian : Tout à fait Marie. Nous aurions dû rentrer dans Schengen au mois de mars de cette année, mais les politiciens Français et Allemands ont reporté [20] la date. Peut-être c’est pour cette année, peut-être pour l’année prochaine, peut-être pour dans deux ans.
Marie : Mais que vas-tu faire d’ici-là ?
Ilian : J’ai des contacts, des rendez-vous, je suis entrain de voir. C’est vrai que cette situation est lourde. Je suis Bulgare, je suis fier de mon origine, mais parfois, j’ai l’impression qu’on me regarde comme un criminel. Moi, je veux juste travailler, gagner ma vie.
Marie : Et alors l’image de la France a-t-elle changé pour toi aujourd’hui ?

Mary: To work you need a residence permit, ie an authorization [16] to live in France, but for this permission to live in France, you need a job, so to have a job, you need a residence permit … is incoherent . [17] This is the story of the serpent biting its tail, that is to say: it is a never ending story. In addition, I read that if a business owner wanted to take you as employee [18], he had to prove, ie demonstrate that no French can do the job. And he must pay a fee I think and administrative approach [19], all it takes to have authorization, are so complicated that even the bravest bosses give up, it’s ie abandon the idea of recruiting a Bulgarian citizen. I summed it, Ilian?
Ilian: Absolutely Mary. We should have entered Schengen in March of this year, but the French and German politicians have postponed [20] the date. Perhaps it is for this year, maybe next year, maybe for two years.
Marie: But what will you do until then?
Ilian: I have contacts, appointment, I am trying to see. It’s true that this is heavy. I am Bulgarian, I am proud of my origin, but sometimes I feel people look at me like a criminal. Me, I just want to work, earn a living.
Mary: And then the image of France she changed for you today?

Ilian : J’aime toujours la France, mais c’est vrai que l’image n’est plus celle que j’avais dans ma tête d’enfant. Pourtant, je suis heureux car un de mes rêves s’est réalisé. Je n’ai pas encore bu de vin sur les Champs Elysées, mais je suis tombé amoureux en France, et ma Française est pour moi, bien plus, que toutes les belles images que j’avais de la France. Elle me donne le courage de continuer à me battre pour enfin trouver ma place ici. Je ne suis pas libre de travailler, mais au moins je suis libre d’aimer.
Marie : Waouh, que c’est romantique. Finalement la moralité dans tout cela, c’est que c’est l’amour qui va peut-être nous sauver. Ilian, je te remercie de nous avoir fait partager un peu de ta vie.
Ilian : Merci, le plaisir était pour moi et merci de m’avoir donné la parole.
Marie : Oh, mais je t’en prie, et, je te souhaite beaucoup de courage dans ce parcours du combattant [21] et j’espère sincèrement que tu peux bientôt travailler en France afin d’y construire ta vie et vivre ton rêve.
Ilian : Oui, merci.
Marie : Voilà, nous arrivons à la fin de notre podcast, on se retrouve dans deux semaines surwww.podclub.ch et je vous parlerai de printemps, et nous ferons un petit tour du côté de l’actualité. En attendant de nous revoir, prenez soin de vous et vive l’amour !

 
Ilian: I still love France, but it is true that the image is not the one I had in my head of a child. Yet I am happy because one of my dreams came true. I have not drunk wine on the Champs Elysees, but I fell in love in France, and my French is for me, more than all the beautiful images I had of France. She gives me the courage to continue to fight to finally find my place here. I’m not free to work, but at least I am free to love.
Marie: Wow, that’s romantic. Finally morality in all this is that it is love that will perhaps save us. Ilian, I have done we thank you for sharing a bit of your life.
Ilian: Thank you, it was my pleasure and thank you for giving me the floor.
Mary: Oh, I beg you, and I will wants a lot of courage in the course of the fighting [21] and I sincerely hope that you can soon work in France in order to build your life and live your dream.
Ilian: Yes, thank you.
Mary: Well, we get to the end of our podcast, we meet in two weeks on http://www.podclub.ch and I will talk about spring, and we will do a small tour of the news. Waiting to see us, take care of yourself and live the love!

[1] l(e) auditeur : la personne qui écoute
[2] étrange : bizarre
[3] le séjour : lieu, place où on séjourne, temps pendant lequel on est dans un lieu
[4] être doué : avoir des facilités à apprendre ou à faire quelque chose
[5] l’intérieur : dedans, le contraire, l’extérieur, dehors
[6] correspondre : être comme
[7] tomber amoureux de : être séduit par, avoir des sentiments pour quelqu’un
[8] avoir l’occasion de : avoir l’opportunité de
[9] expulser : sortir du territoire, mettre à la porte du pays
[10] le centre de detention: la maison d’arrêt, un centre où on est en prison
[11] la loi : les règles de l’Etat
[12] la barrière : ici : les problèmes
[13] saisonnier : de la saison; l’été, l’automne, l’hiver et le printemps sont les saisons de l’année
[14] l(a) attirance : l’attrait, être attiré par, être séduit par… quand quelqu’un ou quelque chose vous plait, vous êtes attiré par ce quelqu’un ou ce quelque chose
[15] se tromper : ici : si je ne dis pas de choses justes
[16] l(a) autorisation : du verbe autoriser, permettre, avoir le droit de faire quelque chose
[17] incohérent : illogique
[18] le salarié : l’employé
[19] la démarche : tout ce qu’il faut faire; les coups de téléphone à passer, les lettres à écrire, les formulaires à remplir, les déplacements à faire
[20] reporter : remettre à plus tard
[21] le combattant : celui qui se bat et ici celui qui se bat contre le système, les lois

[1]  Auditor : the listener
[2]  strange : strange
[3]  stay : location, site where you stay, during which it is in a place
[4]  be gifted : have the facilities to learn or do something
[5]  inside : in, otherwise, outside, outside
[6]  match : be like
[7]  fall in love : be seduced by, having feelings for someone
[8] have the opportunity to
[9] expel : leave the country, to sack the country
[10] the detention center : the prison, a center that is in prison
[11] the law : the rules of the State
[12] barrier : here the problems
[13] season : the season; summer, autumn, winter and spring are the seasons of the year
[14] attraction : the attraction, be attracted to, be seduced by … when someone or thing you please, you are attracted to someone or that something that
[15] is wrong : here: if I do not say things just to
[16] authorization : the verb authorize, allow, be entitled to do something
[17] inconsistent : inconsistent
[18] the employee : the employee
[19] approach : all you need to do; the phone calls to make, letters to write, forms to fill out, travel to
[20] See : procrastinate
[21] the soldier : one who fights and here one who fights against the system, laws

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