L’Avis #58

http://podclub.ch/fr/emissions/l-avis-de-marie-f/521-lavis-de-marie-58-le-franc-fort-et-les-emotions-fortes-16-septembre-2011

Bonjour à tous et bienvenue sur mon podcast “ L’avis de Marie ”. Aujourd’hui nous sommes le 16 septembre et je suis heureuse de vous retrouver. Un sujet d’actualité d’abord, le franc suisse et puis, puisque dans la vie il n’y a pas que l’argent, il y a aussi le plaisir, je vais vous raconter une expérience que j’ai vécue il n’y a pas si longtemps et qui m’a donné de fortes émotions.

Hello everyone and welcome to my podcast “The opinion of Mary”. Today is September 16 and I am happy to find you. A topical issue first, the Swiss franc and then, since in life there is not only money, there is also pleasure, I will tell you an experience that I experienced not so long ago that gave me strong emotions.

L’argent est un sujet un peu tabou, et vous aurez remarqué que peu de gens avouent combien ils gagnent, car peut-être ne veulent-ils pas mettre mal à l’aise [1]. Femme ? Homme ? Etranger ? Diplômé ? Ces critères justifient-ils une différence de salaire ? En France, dans les entreprises de l’Etat, c’est à dire dans le public, il y a des grilles de salaire. C’est l’âge, les études, et l’expérience qui déterminent ce que l’on gagne. Dans le secteur privé, par contre, c’est vrai qu’il n’y a pas de règles, sinon que le salaire minimal est de 7, 06 euros net de l’heure, soit environ 1070,76 euros net par mois pour un emploi à plein temps [2]. Plus de la moitié des Français gagnent moins de 1500 euros par mois, et pourtant on dit que le salaire moyen est de 2000 euros !

Money is a somewhat taboo subject, and you will have noticed that few people admit to how much they earn, because maybe they do not want to feel uncomfortable [1]. Woman ? Man? Foreigner? Diploma ? Do these criteria justify a difference in wages? In France, in the enterprises of the State, that is to say in the public, there are salary scales. It is age, education, and experience that determine what you earn. In the private sector, on the other hand, it is true that there are no rules, except that the minimum wage is € 7.06 net per hour, or about € 1070.76 net per month for a full-time [2]job. More than half of French people earn less than 1500 euros a month, and yet they say that the average salary is 2000 euros!

Cela laisse imaginer les inégalités qu’il y a entre les salariés ! Tout dépend du secteur d’emploi dans lequel on travaille. C’est drôle non ? Le professeur qui apprend à lire et à écrire à vos enfants ou l’infirmière qui soigne votre grand-mère gagne moins que l’employé de banque qui vous vole, pardon qui s’occupe de votre argent. Le médecin qui refait vos seins gagne plus que celui qui vous soigne d’un cancer. Il y a des logiques dans ce monde qui sont, pour moi, assez incohérentes. Et puis tout dépend aussi du pays dans lequel on travaille. Le frontalier, celui qui tous les jours traverse la frontière suisse, gagne pour un travail égal à son collègue resté du côté français, 2 à 3 fois plus. Bon, il ne le fait pas exprès. Imaginez, vous habitez à deux pas de la frontière suisse, que faites-vous ?

This allows one to imagine the inequalities that exist between employees! It all depends on the sector of employment in which we work. It’s funny is it not ? The teacher who learns to read and write to your children or the nurse who cares for your grandmother earns less than the bank clerk who steals from you, forgiveness, who takes care of your money. The doctor who remakes your breasts earns more than the one who treats you of cancer. There are logics in this world that are, to me, quite incoherent. And then it all depends on the country in which we work. The cross-border commuter, the one who crosses the Swiss border every day, earns for a job like his colleague who remained on the French side, 2 to 3 times more. Well, he does not do it on purpose. Imagine, you live close to the Swiss border, what are you going to do?

Au lieu de prendre tous les matins la direction de la France, vous traversez la frontière. C’est plutôt écologique non ? Bien sûr ça c’est l’argument un peu hypocrite, L’avantage financier est le moins cité, mais le plus encourageant ! Surtout en ce moment où le Franc est si fort. D’ailleurs les frontaliers viennent parfois de très loin pour se rendre dans l’Eldorado helvétique. Puisque les frontaliers ont un niveau de vie supérieur aux salariés français, le niveau de vie dans ces régions frontalières est aussi plus élevé que dans d’autres régions de France. Les artisans [3] ont des tarifs supérieurs, les locations et les maisons sont plus onéreuses [4], les assurances privées ont des cotisations plus élevées, même dans les magasins, les produits sont plus chers qu’ailleurs [5]. De plus être frontalier, c’est être un grand ami des impôts [6] français, vous êtes en quelque sorte un sponsor important !

Instead of going the direction to France every morning, you cross the border. It’s environmentally friendly, is it not? Of course this is the somewhat hypocritical argument, The financial advantage is the least cited, but the most encouraging! Especially at this moment when the Frank is so strong. Besides, the border workers sometimes come from far away to go to the Helvetic Eldorado. Since cross-border commuters have a higher standard of living than French employees, the standard of living in these border regions is also higher than in other regions of France. The artisans [3] have higher rates, rentals and houses are more expensive [4], private insurance have higher premiums, even in the stores, the products are more expensive that elsewhere [5]. In addition to the border being a great tax friend for the [6] French, you are somehow a major sponsor!

La forte valeur actuelle du franc suisse peut sembler être à l’avantage des frontaliers, mais pas pour tous. En effet, j’ai lu que certaines entreprises suisses ont commencé à payer le salaire de leurs salariés français en euros, ce qui signifie pour ces derniers une baisse de salaire de 30 %, d’autres entreprises ont aussi exigé deux heures de travail en plus par semaine. Soit les salariés acceptaient, soit ils démissionnaient, c’est à dire qu’ils quittaient leur poste. Cette mesure est-elle juste ? S’il s’agit pour un patron de sauver son entreprise, je peux le comprendre, mais s’il s’agit de faire du profit, que dire, sinon que nous sommes tousprisonniers [7] de notre société de consommation.

The current high value of the Swiss franc may seem to be to the advantage of cross-border workers, but not to all. Indeed, I have read that some Swiss companies have begun paying the wages of their French employees in euros, which means that they have a 30% wage cut, other companies have also required two hours of work more per week. Either the employees accepted or they resigned, that is to say that they left their post. Is this fair? If it is for a boss to save his business, I can understand it, but if it is to make profit, what to say, except that we are all prisoners [7] of our consumer society.

Bon voyons le bon côté des choses, les parkings des supermarchés sont à nouveau remplis de voitures immatriculées en Suisse. En allant dans un magasin decarrelage [8], je me suis improvisée traductrice [9], car la patronne dont le niveau d’allemand devait correspondre à mon niveau de chinois, c’est à dire nul, avait bien du mal à parler affaires au client suisse, qui lui n’avait pas dû être bien attentif à l’école pendant ses leçons de français.

Good on the bright side, the car parks of the supermarkets are again filled with cars registered in Switzerland. By going to a tile store [8], I improvised my translator [9] because the boss whose German level would match my Chinese level, ie zero, did not seem to speak business to the Swiss customer, who had not been attentive in school during his French lessons.

L’homme qui venait de Zug, c’est à dire à 150 kilomètres de là où il était, souhaitait acheter une grosse quantité de carrelage et était prêt à payer le gîte et le couvert [10] à l’artisan français qui viendrait lui faire les travaux. La chute de l’euro a donc fait marcher les commerces français et a fait faire de bonnes affaires aux consommateurs suisses.

The man who had just taken the train, that is to say 150 kilometers from where he was, wanted to buy a large quantity of tiles and was willing to pay the room and board [10] to the French artisan who came to him to do the work. The fall of the euro has therefore made French businesses work and has made good business for Swiss consumers.

Ces vacances j’ai fait une chose incroyable. J’ai survolé le lac d’Annecy avec mon parapente [11]. Je suis partie avec 4 copains à la recherche de soleil et de pentes pour y décoller avec nos parapentes. Cela faisait un petit temps que je n’avais plus volé et j’étais à la fois un peu anxieuse et excitée. Nous voilà donc partis en minibus. Nous sommes passés par Grand Villard, les Diablerets, Villard, Villeneuve pour arriver à Annecy. Y êtes-vous déjà allés ? C’est très joli, surtout une fois que vous êtes au dessus du lac. Mais que de monde au décollage [12], on se serait cru aux caisses d’un grand magasin, le jour des soldes, chacun attendant son tour, mais essayant tout de même d’arriver au plus vite à la caisse. Sauf qu’il y a aussi l’appréhension, la petite peur du décollage.

These holidays I did something incredible. I flew over Lake Annecy with my paraglider [11]. I left with 4 buddies in search of Sun and slopes to take off with our paragliders. It had been a while since I had flown and I was both a little anxious and excited. So we left by minibus. We passed through Grand Villard, Les Diablerets, Villard, Villeneuve to reach Annecy. Have you ever been there? It is very pretty, especially once you are over the lake. But as we left the world [12], it was like the boxes of a department store, the day of the sales, each waiting his turn, but still trying to get quickly to checkout. Except there is also apprehension, the small fear of takeoff.

Non en fait, il y a une pression incroyable, il faut être rapide et surtout ne pas rater [13] son décollage, pour une question de sécurité d’abord, mais aussi car tout le monde vous regarde. Il y a deux façons de décoller, face à la voile ou dos à la voile. Quand il y a du vent, il est mieux de décoller face à sa voile, et une fois qu’elle est en l’air, c’est le pilote qui se retourne et qui se met face à la pente et après quelque pas, vous êtes en l’air. Cela paraît simple, et c’est aussi simplement que j’ai décollé.

No, actually, there is incredible pressure, you have to be quick and do not miss [13] takeoff, for reasons of safety first, but also because everyone is looking at you. There are two ways to take off, facing the sail or back to the sail. When there is wind, it is better to take off in front of one’s sail, and once it is in the air, it is the pilot who turns and faces the slope and after a few steps, You’re in the air. It sounds simple, and it’s just that I took off.

Quand on vole à Annecy, il y a un grand tour à faire : aller prendre de la hauteur le long des roches, un peu plus loin, sur la droite du décollage, au dessus de la forêt de Sellier, et puis traverser le lac et reprendre en face sur les crêtes du côté de la forêt du Blondé, les traverser et rejoindre l’atterrissage [14] au bout du lac.

When you fly to Annecy, there is a big tour to do: go up the hill along the rocks, a little farther on the right of the takeoff, over the forest of Sellier, and then cross the lake and back in front on the ridges of the side of the forest Blondé, cross and join landing [14] at the end of the lake.

Moi, je vole sans variomètre, sans cet appareil qui fait ” Bip, bip ” quand vous êtes en train de prendre de l’altitude et qui vous dit la hauteur à laquelle vous êtes. Bien sûr c’est pratique, surtout pour repérer les thermiques, mais voilà, je vole sans. Oh je n’avais pas besoin d’un ” Bip, bip ” pour me sentir monter, puis descendre, puis remonter, puis redescendre, tant je me suis fait secouer [15]. Oh, je ne faisais pas la fière sous ma voile, même qu’elle m’a fait plusieurs petites fermetures et puis tout à coup j’étais haut, vraiment haut. Moi, je voulais traverser le lac. Oui mais, avais-je assez de hauteur ? Alors imaginez-moi, peut-être à 1500, 1800 ou 2000 mètres dans le ciel, toute seule – pas d’autres voiles autour de moi que j’aurais pu suivre – toute seule, en train de me poser cette question essentielle : Traverser ou non ?

Me, I fly without variometer, without this device that makes a “beep, beep” when you are taking altitude and it tells you the height at which you are. Of course it is practical, especially to spot the thermals, but voila, I fly without. Oh I did not need a “Beep, beep” for me to know up, then down, then up, then down, so I got to shake [15]. Oh, I was not proud under my sail, even that she made me several small closures and then suddenly I was high, really high. I wanted to cross the lake. Yes, but was I high enough? So imagine me, maybe at 1500, 1800 or 2000 meters in the sky, all alone – no other sails around me that I could have followed – all alone, asking me this essential question: Cross or not ?

Je n’avais pas envie de faire la une des journaux. Rendez-vous compte, je commence à traverser le lac, perds de la hauteur, me retrouve à atterrir sur un bateau, si j’ai de la chance, ou encore sur la route, le long du lac ! Il fallait prendre une décision rapidement. Moi qui ai horreur de prendre des décisions, cela a été un moment horrible. Et puis, j’ai regardé mes pieds. Oui, je les ai mis l’un devant l’autre, et derrière eux, au second plan, il y avait le lac et comme la longueur de mes deux pieds était supérieure à celle du lac, j’en ai conclu que j’avais assez de hauteur. Oh mes amis, quelle aventure ! Je traverse, ouf, une chose de faite, mais voilà que j’étais bien basse [16], je me dirige vers l’autre montagne et là oup, je suis aspirée [17] vers le haut.

I did not want to make headlines. Be aware, I begin to cross the lake, lose height, find myself on a boat, if I am lucky, or even on the road, along the lake! A decision had to be made quickly. I who hates to make decisions, it was a horrible moment. And then I looked at my feet. Yes, I put them one in front of the other, and behind them, in the background, there was the lake, and as the length of my two feet was greater than that of the lake, I had enough height. Oh my friends, what an adventure! I cross, phew, a thing done, but now I was low [16], I head to the other mountain and there I sucked it [17] up.

Mais la crête [18] que je dois traverser est plus haute que moi, je dois m’approcher du versant [19], mais pas trop. Au plus près de la forêt, c’est là qu’on monte le mieux, mais c’est aussi là que le risque de rester coincer dans un arbre est le plus grand. Je lutte[20] sous ma voile, je mets de la pression pour monter le long de la montagne. Oh non, que vient faire cette ligne à haute tension [21] sur ma route ? Il va falloir que je la survole. Il faut absolument que j’arrive à prendre plus de hauteur.

But the peak [18] I have to cross is taller than me, I have to approach the slope [19], but not much. Closer to the forest, this is where you climb the better, but it is also there that the risk of getting caught in a tree is the greatest. I fight [20] under my veil, I put pressure to rise along the mountain. Oh no, what is this power line [21] on my route? I’ll have to fly over it. It is imperative that I manage to take more height.

Je m’approche encore un peu plus des arbres, met encore un peu plus de tension dans ma voile, sens le vent qui me pousse. ” Allez encore un peu plus de hauteur “, je me fais balancer, je monte , je redescends, ” Allez encore peu ” , je retiens mon souffle pendant que je survole la ligne à haute tension, et voilà que j’atteins le sommet de la crête et que je peux passer de l’autre côté de la montagne…. Et moi, j’ai hurlé de joie !

I go a little closer to the trees, put a little more tension in my sail, sense the wind that pushes me. “Go a little more”, I get swinging, I go up, I go down again, “Go little again”, I hold my breath while I fly over the high voltage line, and then I reach the summit of the ridge and I can pass on the other side of the mountain …. And I, howled with joy!

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, nous nous retrouvons dans deux semaines sur http://www.podclub.ch où nous parlerons de courses de vaches, et d’équipement d’un chez soi. En attendant de nous retrouver, profitez de la vie, faites-vous plaisir, achetez-vous du carrelage, valsez avec les nuages. Mais prenez soin de vous ! A bientôt.

Well, that’s all for today, we find ourselves in two weeks on http://www.podclub.ch we speak of cow racing, and equipment of the home. While waiting to meet us, enjoy life, indulge yourself, buy tile, go with the clouds. But take care of yourself! See you soon.

[1] mettre mal à l’aise : mettre dans une situation embarrassante
[2] à plein temps : à 100%
[3] l(e) artisan : travailleur manuel
[4] onéreux : cher
[5] ailleurs : dans d’autres endroits, d’autres lieux
[6] l(e) impôt : les taxes que demande l’Etat sur la base de vos revenus, de ce que vous gagnez
[7] le prisonnier : celui qui n’a pas de liberté
[8] le carrelage : pierre, céramique que l’on met généralement dans une salle de bain, au sol
[9] le traducteur : la personne qui traduit des langues, qui met les mots d’une langue à une autre
[10] le gîte et le couvert : l’hébergement, l’endroit pour dormir et les repas
[11] le parapente : avec une voile, on s’envole dans le ciel, on vole
[12] le décollage : l’endroit d’où on décolle, on va en l’air, dans le ciel
[13] rater : ne pas réussir
[14] l(e) atterrissage : du verbe atterrir le contraire de décoller, reposer sur le sol
[15] secouer : ballotter, c’est à dire être agité, subir des mouvements vifs
[16] être bas (se) : le contraire de haut(e)
[17] aspirer : être attiré ; ici : prendre de la hauteur
[18] la crête : le sommet de la montagne
[19] le versant : le côté de la montagne
[20] lutter : se battre
[21] la ligne à haute tension : des câbles électriques

[1] put uncomfortable : put in a quandary
[2] Full-time : 100%
[3] artisan : manual worker
[4] expensive : expensive
[5] elsewhere : in other places, other places
[6] Tax : taxes demanded by the State on the basis of your income, what you gain
[7] the prisoner : he who has no freedom
[8] tile : stone, ceramic which is generally put in a bathroom, floor
[9] the translator : the person who translated language, which puts the words from one language to another
[10] the room and board : accommodation, place to sleep and meals
[11] paragliding : with a veil, it flies in the sky, we fly
[12] takeoff : the place where we take off, we’re going up in the sky
[13] miss : fail
[14] landing : tense land otherwise take off, resting on the ground
[15] shake : toss, ie be agitated, undergo sharp movements
[16] be low : otherwise high
[17] aspirate : be attracted; here get high
[18] peak : the top of the mountain
[19] the side : the side of the mountain
[20] fight : fight
[21] the power line : electrical cables

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