Poem – Le Cancre by Jacques Prévert

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu’il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés

Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les hués des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur

He says no with his head
But he says yes with his heart
He says yes to what he likes
He says no to the teacher
He is standing
He is questioned
And all the problems are posed

Suddenly a fit of laughter siezes him
And he erases everything
The numbers and the words
The dates and the names
The sentences and the traps
And despite the teacher’s threats
Under the boos of the child prodigies
With pieces of chalk of every color
On the blackboard of misfortune
He draws the face of happiness

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Demain, dès l’aube… by Victor Hugo

Victor Hugo Les contemplations demain, dès l’aube…
Demain, dès l’aube,
à l’heure où blanchit la compagne,Je partirai. Vois-tu,
je sais que tu m’attends.

J’irai par la forêt,
j’irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi
plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés
sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors,
sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé,
les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi
sera comme la nuit.

Je ne regarderai
ni l’or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin
descendant vers Harfleur,

Et quand j’arriverai,
je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert
et de bruyère en fleur.

Translated:

Victor Hugo, The contemplations, Tomorrow, at dawn…

Tomorrow, at dawn,
at the time when the countryside whitens,

I will leave. You see,
I know that you are waiting for me.

I will go through the forest,
I will go through the mountain,

I cannot remain far from you
any longer.

I will walk my eyes fixed
on my thoughts,

Without seeing anything outside,
without hearing any sound,

Alone, unknown, my back bent,
my hands crossed,

Sad, and the day for me
will be like the night.

I will look
neither at the gold of the evening falling,

Neither at the sails in the distance
going down to Harfleur,

And when I arrive,
I will put on your grave

A bouquet of green holly
and heather in bloom.

French Novel – La Disparition by Georges Perec

Georges Perec, La Disparition

Anton Voyl n’arrivait pas à dormir. Il alluma. Son Jaz marquait minuit vingt. Il poussa un profond soupir, s’assit dans son lit, s’appuyant sur son polochon. ll prit un roman, il l’ouvrit, il luit, mais il n’y saississait qu’un imbroglio confus, il butait à tout instant sur un mot dont il ignorait la signification.

Il abandonna son roman sur son lit. Il alla à son lavabo, il mouilla un gant qu’il passa sur son front, sur son cou. Son pouls battait trop fort. Il avait chaud. Il ouvrit son vasistas scruta la nuit. Il faisait doux…

Il ouvrit son frigo mural, il prit du lait froid, il but un grand bol. Il s’apaisait. Il s’assist sur son cosy, il prit un journal qu’il parcourut d’un air distrait. Il alluma un cigarillo qu’il fuma jusqu’au bout quoiqu’il trouvàt son parfum irritant. Il toussa…

Il dut s’assoupir un instant, car il sursauta soudain. La radio annonçait: “Voici nos Informations”. Il n’y avait aucun fait important: à Valparaiso, l’inauguration d’un pont avait fait vingt-cinq morts: à Mantignon, Pompidou proposait aux syndicats l’organisation d’un stqtu quo social, mais faisait chou blanc.

Au Biafra, conflits raciaux; à Conakry, on parlait d’un putsch. Un typhon s’abbattait sur Nagasaki, tandis qu’un ouragan au joli surnom d’Amanda s’annonçait sur Tristan da Cunha dont on rapatriait la population par avions-cargos.

French Poem – Le Pélican by A. de Musset

Alfred de Musset, La Nuit de Mai, Le Pélican

Lorsque le pélican, lassé d’un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s’abattre sur les eaux.

Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.

Lui, gagnant à pas lents une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pécheur mélancolique, il regarde les cieux.

Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte:
En vain il a des mers fouillé la profondeur:
L’Océan était vide et la plage déserte:
Pour toute nourriture il apporte son coeur.

Sombre et silencieux, étendu sur la pierre
Partageant à ses fils ses entrailles de pére,
Dans son amour sublime il berce sa douleur,

Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s’affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d’horreur.

Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant

Alors il se souléve, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le coeur avec un cri sauvage,

Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort, se recommande à Dieu.

(Repeat faster).

Translation from the Video:

The May Night, The Pelican

When the pelican tired of a long journey,
In the evening mists returns to his reeds,
His starving youngs run on the bank
When they see him from afar dropping to the waters.

Already, thinking to seize and share their prey,
They run to their father with cries of joy,
Shaking their beaks on their hideous goiters.

He, reaching with slow steps a raised rock,
With his dangling wing protecting his brood,
Sad fisherman, he looks to the skies.

The blood flows in long waves from his open chest;
In vain heas he searched the depths of the sea;
The Ocean was empty and the shore deserted;
All the food he can bring is his hear.

Dark and silent, stretched out on the rock
Sharing his fatherly entrails to his sons,
In his sublime love he soothes his pain;

And, watching his bloody breast drop,
On this death-feast he sinks and staggers,
Drunk on pleasure, on tenderness and horror.

But sometimes, in the middle of the divine sacrifice,
Weary to die in a too long torment,
He fears that his children will leave him alive;

Then he raises himself, opens his wing to the wind,
And, striking his heart with a wild cry,
He lets out in the night such a mournful farewell,
That the sea birds leave the shore,
And the traveler who stayed late on the beach,
Feeling death passing, commend himself to God.

My Translation:

When the pelican, tired from a long journey,
in the evening mist he returns to his reeds,
his little hungry ones run on the shore
Seeing him land on the water.

Already believing in a capture and sharing their prey,
they run to their father with joy
Shaking their beaks on their hideous goiters

He, slowly gaining a high rock,
for his waiting wing to sheltering his brood,
Sad fisherman, watching the skies.

Blood flows in long streams in his open chest:
In vain he searched the depths of the seas:
The ocean was empty and the beach deserted:
For all food he brings his heart.

Dark and silent, lying on the stone
Sharing with his sons his fatherly womb,
in his sublime love he cradles his pain,

And looking sunken his bloody breast,
on his death feast he staggers and collapses,
Drunk on lust, tenderness and horror.

But sometimes, in the middle of the divine sacrifice,
Tired of dying in an overly long ordeal,
he fears that his children leave the living

Then he raises his wing opens to the wind,
and, striking his heart with a wild cry,

he grows in the night so funereal farewell,
That the sea birds desert the shore,
and the traveler lingered on the beach
Feeling death pass, he recommends himself to God.

French Novel – Sans Famille by Hector Malot

Hector Malot, Sans Famillle, Première Partie 1. Au village.

Je suis un enfant trouvé.
Mais, jusqu’à huit ans, j’ai cru que comme tous les autres enfants,
j’avais une mère, car, lorsque je pleurais, il y avait une femme
qui me serrait si doucement dans ses bras en me berçant,
que mes larmes s’arrêtaient de couler.

I am an orphan.
But only eight years old, I believed that like all other children,
I had a mother, because when I was crying, there was a woman
who held me so gently in her arms cradling me,
that my tears stopped flowingly

Jamais je ne me couchais dans mon lit sans qu’une femme vint
m’embrasser, et, quand le vent de décembre collait la neige contre les vitres blanchies,
elle me prenait les pieds entre ses deux mains et elle restait à me
les réchauffer en me chantant une chanson, dont je retrouve encore dans ma
mémoire l’air et quelques paroles.

I never slept in my bed without a woman coming to kiss me, and when the December wind was striking snow against whitewashed windows,
she took my feet in her hands and stayed with me
warmly singing me a song, of which I still find a few words in my memory

Quand j’avais une querelle avec un de mes camarades, elle me faisait conter
mes chagrins, et presque toujours elle trouvait de bonnes paroles pour me
consoler ou me donner raison.

When I had a quarrel with one of my friends, she made ​​me tell
my sorrows, and almost always she found good words for me
consoling me and giving me direction.

Par tout cela et par bien d’autres choses encore, par la façon dont elle me
parlait, par la façon dont elle me regardait, par ses caresses, par la douceur
qu’elle mettait dans ses gronderies, je croyais qu’elle était ma mère.
Voici comment j’appris qu’elle n’était que ma nourrice.

For all this and much more, for me the way she
talked, the way she looked at me with her ​​caresses, by the gentleness that she put in her scoldings, I thought she was my mother.
That’s how I learned that she was my nurse

Note: If you are new to my blog, and wish to reference French pronunciation, I do have a guide that would be helpful:

 

French Poetry – Mère Térèsa – La Vie est La Vie

Mère Térèsa – La Vie est La Vie

La vie est une chance, saisis-la.
La vie est beauté, admire-la.
La vie est félicité, profites-en.
La vie est un rêve, réalise-le.
La vie est un défi, relève-le.
La vie est un devoir, fais-le.
La vie est un jeu, joue-le.

La vie est précieuse, soigne-la bien.
La vie est richesse, conserve-la.
La vie est amour, jouis-en.
La vie est un mystère, pénètre-le.
La vie est une promesse, tiens-la.

La vie est un hymne, chante-le.
La vie est un combat, accepte-le.
La vie est une tragédie, lutte avec elle.
La vie est une aventure, ose-la.
La vie est un bonheur, mérite-la.
La vie est la vie, défends-la.

(Repeat faster)

Translated:

Life is an opportunity, seize it.
Life is beauty, admire it.
Life is bliss, enjoy it.
Life is a dream, realize it.
Life is a challenge, meet it.
Life is a duty, do it.
Life is a game, play with it.

Life is precious, treat her well.
Life is wealth, keep it.
Life is love, enjoy-it.
Life is a mystery, solve it.
Life is a promise, enjoy it.

Life is a hymn, sing it.
Life is a struggle, accept it.
Life is a tragedy, struggle with it.
Life is an adventure, dare it.
Life is happiness, deserve it.
Life is life, defend it.

French Poem – Mon Rêve Familier by Paul Verlaine

Paul Verlaine, Poemes Saturniens, Mon rêve est familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l’ignore.
Son nom? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

(Repeat faster)

Translated:

I often have this strange and penetrating dream
of an unknown woman, whom I love and who loves me,
and who every time, is not quite the same
Nor quite like another, and she loves and understands me.

For she understands me, and my transparent heart
For she alone, alas! ceases to be a problem
For she alone, and the dampness of my pale forehead,
She alone knows the cool, crying.

Is she brown haired, blond or red? I do not know.
Her name? I remember how sweet and sound that it is,
like those that have loved that life exiled.

Her eyes are like the eyes of statues,
And, her voice distant and quiet and serious, she  has
the dear voice inflection that falls silent.