Poem – Le Cancre by Jacques Prévert

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu’il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés

Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les hués des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur

He says no with his head
But he says yes with his heart
He says yes to what he likes
He says no to the teacher
He is standing
He is questioned
And all the problems are posed

Suddenly a fit of laughter siezes him
And he erases everything
The numbers and the words
The dates and the names
The sentences and the traps
And despite the teacher’s threats
Under the boos of the child prodigies
With pieces of chalk of every color
On the blackboard of misfortune
He draws the face of happiness

In English, Everything Makes Perfect Sense

Today we speak, but first we spoke;
Some faucets leak, but never loke.
Today we write, but first we wrote;
We bite our tongues, but never bote.

Each day I teach, for years I taught,
And preachers preach, but never praught.
This tale I tell, this tale I told;
I smell the flowers, but never smold.

If knights still slay, as once they slew,
Then do we play, as once we plew?
If I still do as once I did,
Then do cows moo, as they once mid?

Demain, dès l’aube… by Victor Hugo

Victor Hugo Les contemplations demain, dès l’aube…
Demain, dès l’aube,
à l’heure où blanchit la compagne,Je partirai. Vois-tu,
je sais que tu m’attends.

J’irai par la forêt,
j’irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi
plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés
sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors,
sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé,
les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi
sera comme la nuit.

Je ne regarderai
ni l’or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin
descendant vers Harfleur,

Et quand j’arriverai,
je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert
et de bruyère en fleur.


Victor Hugo, The contemplations, Tomorrow, at dawn…

Tomorrow, at dawn,
at the time when the countryside whitens,

I will leave. You see,
I know that you are waiting for me.

I will go through the forest,
I will go through the mountain,

I cannot remain far from you
any longer.

I will walk my eyes fixed
on my thoughts,

Without seeing anything outside,
without hearing any sound,

Alone, unknown, my back bent,
my hands crossed,

Sad, and the day for me
will be like the night.

I will look
neither at the gold of the evening falling,

Neither at the sails in the distance
going down to Harfleur,

And when I arrive,
I will put on your grave

A bouquet of green holly
and heather in bloom.

French Poetry – Mère Térèsa – La Vie est La Vie

Mère Térèsa – La Vie est La Vie

La vie est une chance, saisis-la.
La vie est beauté, admire-la.
La vie est félicité, profites-en.
La vie est un rêve, réalise-le.
La vie est un défi, relève-le.
La vie est un devoir, fais-le.
La vie est un jeu, joue-le.

La vie est précieuse, soigne-la bien.
La vie est richesse, conserve-la.
La vie est amour, jouis-en.
La vie est un mystère, pénètre-le.
La vie est une promesse, tiens-la.

La vie est un hymne, chante-le.
La vie est un combat, accepte-le.
La vie est une tragédie, lutte avec elle.
La vie est une aventure, ose-la.
La vie est un bonheur, mérite-la.
La vie est la vie, défends-la.

(Repeat faster)


Life is an opportunity, seize it.
Life is beauty, admire it.
Life is bliss, enjoy it.
Life is a dream, realize it.
Life is a challenge, meet it.
Life is a duty, do it.
Life is a game, play with it.

Life is precious, treat her well.
Life is wealth, keep it.
Life is love, enjoy-it.
Life is a mystery, solve it.
Life is a promise, enjoy it.

Life is a hymn, sing it.
Life is a struggle, accept it.
Life is a tragedy, struggle with it.
Life is an adventure, dare it.
Life is happiness, deserve it.
Life is life, defend it.

French Poem – Mon Rêve Familier by Paul Verlaine

Paul Verlaine, Poemes Saturniens, Mon rêve est familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l’ignore.
Son nom? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

(Repeat faster)


I often have this strange and penetrating dream
of an unknown woman, whom I love and who loves me,
and who every time, is not quite the same
Nor quite like another, and she loves and understands me.

For she understands me, and my transparent heart
For she alone, alas! ceases to be a problem
For she alone, and the dampness of my pale forehead,
She alone knows the cool, crying.

Is she brown haired, blond or red? I do not know.
Her name? I remember how sweet and sound that it is,
like those that have loved that life exiled.

Her eyes are like the eyes of statues,
And, her voice distant and quiet and serious, she  has
the dear voice inflection that falls silent.

Poetry – Letters from My Windmill by Alphonse Daudet

Alphonse Doté, Lettres de Mon Moulin, Chapitre deux, Installation

Ce sont les lapins qui ont été étonnés!….Depuis si longtemps qu’ils voyaient la porte du moulin fermée, les murs et la plate-forme envahis par les herbes, ils avaient fini par croire que la race des meuniers était éteinte, et, trouvant la place bonne, ils en avaient fait quelque chose comme un quartier général, un centre d’opérations stratégiques; le moulin de Jemmapes des lapins…

La nuit de mon arrivée, il y en avait biens, sans mentir, une vingtaine assis en round sur la plate-forme, en train de se chauffer les pattes à un rayon de lune…Le temps d’entrouvrir une lucarne, frrt! voilà le bivouac en déroute, et tous ces petits derrières blancs qui détalent, la queue en l’air, dans le fourré. J’espère bien qu’ils reviendront.

Quelqu’un de très étonné aussi en me voyant, c’est le locataire du premier, un vieux hibou sinistre, à la tête de penseur, qui habite le moulin depuis plus de vingt ans. Je l’ai trouvé dans la chambre du haut, immobile et droit sur l’arbre de couche, au milieu des plâtras, des tuiles tombées.

Il m’a regardé un moment avec son oeil rond; puis tout effaré de ne pas me reconnaître, il s’est mis à faire; “Hou! Hou!” et à secouer péniblement ses ailes grises de poussière; -ces diables de penseurs! ça ne se brosse jamais…


These are the rabbits that were amazed! …. For as long they saw the windmill door were closed, the walls and deck overgrown, they had come to believe that the millers were extinct, and finding the right place, they had made something like a headquarters, a strategic operations center; the Jemmapes windmill rabbits …

The night of my arrival, it had been well, without lying, twenty sitting around on a platform, trying to warm their legs in the moonlight … the weather finding a half-open window, frrt ! Then the camp was routed, and all those little white behinds scampered, tail in the air, into the thicket. I hope they will come back.

Someone was very surprised when he saw me, the first tenant, an old sinister owl, with head in thought, who lived in the mill for over twenty years. I found him in the upstairs room, motionless and to the right on the main shaft, amid the rubble, of fallen tiles.

He looked at me for a moment with his round eye; then scared to not have recognized me, he started to say; “Hou! Hou!” painfully and shake his gray wings of dust; -these devilish thoughts! That never brushed …

French Poetry – Que serais-je sans toi?

Note: Although this seems like a very simple poem, it helped me reinforce the pronunciation of simple connecting words like…le (loh), ce (say), qui (kee), qu’il (keel), que (ka), qu’un (kan), au (oh),  cette (set), de (doh).

We also get a consistent diet of how to pronounce “oi”…toi (twa), bois (bwa); the “ay” sounds of the French “ais”…désormais (day-sor-may), “ait”…fait (fay), and many other French pronunciations.

The English voice in my head wants to pronounce these words with English phonetics, instead of French phonetics, which is personally the biggest challenge to my own verbal fluency and listening comprehension. The poem also has several liaisons…cet enfer (say-tahn-fare), les étoiles (lay-say-twa), tout appris (too-tah-pree)…for more on liaison (notice the spelling), go here:


Louis Aragon, Le roman inachevé

Que serais-je sans toi ?
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre.
Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant.
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre.
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
J’ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j’ai vu désormais le monde à ta façon.
J’ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines
Comme au passant qui chante, on reprend sa chanson.
J’ai tout appris de toi jusqu’au sens du frisson.
J’ai tout appris de toi pour ce qui me concerne.
Qu’il fait jour à midi, qu’un ciel peut être bleu.
Que le bonheur n’est pas un quinquet de taverne.
Tu m’as pris par la main, dans cet enfer moderne
Où l’homme ne sait plus ce que c’est qu’être deux.
Tu m’as pris par la main comme un amant heureux.
Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes.
N’est-ce pas un sanglot que la déconvenue
Une corde brisée aux doigts de guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe.
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues.

Louis Aragon, The unfinished novel

What would I be without you who came to meet me.
What would I be without you but a sleeping heart.
But this hour stopped on a clock face.
What would I be without you but this beginning.
I learned everything from you on human things.
And since then I saw the world your way.
I learned everything from you as one drinks from fountains
As one reads in the sky faraway stars.
As with the passerby who sings, one sings along.
I learned everything from you up to the meaning of shivers.
I learned everything from you that concerns me.
That it is daylight at noon, that the sky can be blue
That happiness is not a tavern’s oil lamp.
You took me by the hand, in this modern hell
Where man does not know anymore what it is to be two.
You took me by the hand like a happy lover.
Who talks of happiness often has sad eyes.
Isn’t disappointment a sob
A broken string in the guitar player’s fingers
And still I am telling you that happiness exists.
Somewhere else than in dreams. Somewhere else than in heaven/the clouds.
Earth, earth, here are its unknown harbors.