Listening Exercise – Rimbaud

Bonjour et bienvenue dans cette leçon consacrée à la poésie d’Arthur Rimbaud. En particulier on va étudier les poèmes en prose  qui sont inclus dans le recueil de poésie “Illuminations” écrit à la fin du 19e siècle.

Hello and welcome to this lesson dedicated to the poetry of Arthur Rimbaud. In particular we will study the prose poems included in the book of poetry “Illuminations” written in the late 19th century.

Qu’est-ce que c’est des “poèmes en prose”? Des poèmes en prose c’est des poèmes qui utilisent les conventions de la prose. C’est-à dire, pas les conventions de la poésie traditionnelle versifiée. il n’y a pas nécessairement de vers, c’est-à-dire de lignes, de pieds comptés, de mètre, c’est de la prose, et c’est organisé en paragraphes.

What is the “prose poems”? Prose poetry is poetry that uses the conventions of prose. That is to say, not the conventions of traditional verse poetry. There is not necessarily, that is to say lines, counted feet, meter, it is prose, and it is organized into paragraphs.

Mais Rimbaud utilise les conventions de la prose d’une manière très étrange. Il dérègle certaines conventions de la prose, et c’est ça qui fait que c’est justement de la poésie, de la poésie en prose. On va voir un nouveau genre de poésie, un nouveau genre de poème, le poème en prose, qui va nous inviter à chercher à produire un définition nouvelle de la poésie.

But Rimbaud uses the conventions of prose in a very strange way. It disrupts certain conventions of prose, and that’s what it is precisely that of poetry, poetry in prose. We will see a new kind of poetry, a new kind of poem, the poem in prose, which will invite us to seek to produce a new definition of poetry.

On va commencer par lire un poème en prose du recueil “Illuminations”, qui s’appelle “Aube”. et que je vous lis: “Aube. J’ai embrassé l’aube d’été.” Rien ne bougeait encore au front des palais L’eau était morte.

We will begin by reading a prose poem collection “Illuminations”, called “Dawn”, and I will read: “.. Dawn I kissed the summer dawn” Nothing yet moved to the front of the palaces. The water was dead.

Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent et les ailes se levèrent sans bruit. La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Shadows camps did not leave the road of wood. I walked, waking vivid and warm breaths, and the precious stones looked and wings rose without a sound. The first opening in the path was already filled with fresh and pale gleams, a flower who told me her name.

Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins. A la cîme argentée, je reconnus la déesse. Alors je levai un à un les voiles, dans l’allée en agitant les bras, par la plaine où je l’ai dénoncée au coq. A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant, sur les quais de marbre, je la chassais. En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu son immense corps.

I laughed at the blond waterfall that — through the trees. At the silver summit I recognized the goddess. So I lifted one by one the sails in the driveway waving his arms, the plain where I denounced the cock. In the city, she fled among the steeples and domes, and running like a beggar on the marble quays, I chased her. At the top of the road, near a laurel wood, I surrounded with gathered veils, and I felt a little her immense body.

L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois. Au réveil, il était midi. Donc vous voyez que ce poème est organisé en plusieurs parties qu’on peut décrire comme des paragraphes. Dans le premier paragraphe, on a un sujet, “je”, le sujet lyrique, ou le narrateur, qui embrasse l’aube. On peut supposer que l’aube, c’est une personne, peut-être une déesse. Dans le deuxième paragraphe le sujet lyrique marche sur la route d’un bois Dans le 3e paragraphe, il voit une fleur.

Dawn and the child fell to the bottom of the timber. Upon awakening, it was noon. So you see that this poem is organized into parts that can be described as paragraphs. In the first paragraph, it was a subject, “I”, the lyrical subject, or the narrator, who embraces dawn. Presumably dawn, it is a person, perhaps a goddess. In the second paragraph the lyrical subject walking on the road with wood. In the third paragraph, he sees a flower.

Dans le 4e paragraphe, il reconnaît la déesse en haut d’une cascade d’eau. Dans le 5e paragraphe, il poursuit, il chasse la déesse à travers une ville. Dans le 6e paragraphe finalement, il attrape la déesse près d’un bois.

In the fourth paragraph, it recognizes the goddess on top of a waterfall. In the fifth paragraph, he continues, he drives the goddess through a city. In the sixth paragraph, finally, he catches the goddess near a wood.

Et enfin, “il était midi”. Donc l’organisation en paragraphes suggère que ce texte, c’est comme une histoire, comme un récit qu’on doit lire de façon linéaire, dans l’ordre. Mais en même temps, il y a deux “paragraphes” qui ressemblent à des vers versifiés, à des lignes versifiée, avec un nombre de syllabes, de pieds, précis. C’est la première ligne et la dernière ligne. La première ligne: “J’ai embrassé l’aube d’été” a huit pieds, comme un octosyllabe.

And finally, “it was noon.” So the organization in paragraphs suggests that this text is like a story, as a story that must be read linearly in order. At the same time, there are two “sections” that look like worms in verse, in verse lines, with a number of syllables, feet, accurate. This is the first line and the last line. The first line: “I kissed the summer dawn” eight feet, like an octo-syllable.

Et la dernière ligne, “Au réveil il était midi.” a huit pieds, comme un octosyllabe. Alors est-ce que ces “paragraphes” son des paragraphes, ou est-ce que ce sont des vers? La position de ces deux lignes, ou vers, ou paragraphes au début à la fin suggère que nous devons les comparer, suggère que le lecteur, arrivé à la fin, doit revenir au début.

And the last line, “In the morning it was noon.” eight feet, like an octo-syllable. So do these “sections” of its paragraphs, or is it that they are worms? The position of these two lines, or to, or paragraphs at the beginning at the end suggests that we must compare them, suggests that the reader, come to the end, must return to the beginning.

Le texte invite le lecteur à avoir une lecture non pas linéaire mais une lecture en boucle, une lecture cyclique, une lecture qui est plus proche d’un poème écrit avec des vers. Rimbaud dérègle les conventions de la prose en mélangeant des paragraphes et des choses qui ressemblent à des vers. Ensuite Rimbaud dérègle les conventions la prose en mélangeant différents registres de temps verbaux.

The text invites the reader to have a non-linear reading but not a playback loop, cyclic reading, a reading that is more like a poem written with worms. Rimbaud disrupts the conventions of prose by mixing sections and things that look like worms. Then Rimbaud disrupts the conventions of prose by mixing different registers of tenses.

Le texte, comme vous le voyez, est au passé. Mais il y a deux formes de passé. Il y a le passé composé: “J’ai embrassé l’aube d’été”, et il y a le passé simple: “les pierreries regardèrent”. Qu’est-ce que c’est ces deux temps du passé? Et qu’est-ce qu’ils font dans le même texte?

The text, as you see, is the past. But there are two forms of the past. There is the past tense: “I embraced the summer dawn”, and there is the simple past: “The stones looked.” What is the two-time past? And what they are doing in the text?

Le passé composé: “J’ai embrassé l’aube d’été”. C’est le temps du passé qu’on utilise dans la conversation orale, courante, familière, pour parler des événements passés. C’est le temps que vous employez quand vous parlez français.

The past tense: “I kissed the summer dawn.” It is the past tense is used in oral conversation, common, familiar, to speak of past events. This is the time that you use when you speak French.

Pourquoi vous employez le passé composé quand vous parlez? Parce que le passé composé décrit une action dans le passé qui est toujours vraie aujourd’hui, qui est toujours actuelle aujourd’hui. La passé composé suppose que la personne qui parle, “je”, et l’évènement décrit, “J’ai embrassé l’aube d’été”, existent dans le même univers, dans la même réalité.

Why you use the past tense when you speak? Because the tense describes an action in the past that is still true today which is still present today. The past tense assumes that the person speaking, “I”, and the event described, “I kissed the summer dawn,” exist in the same universe, in the same reality.

Et donc ça crée une impression d’adresse directe entre “je”, le sujet lyrique, et le lecteur. “je”, le lecteur, les évènements passés, nous sommes tous dans le même univers. Dans le deuxième paragraphe, Rimbaud utilise un autre temps du passé: L’imparfait et le passé simple, qui sont les deux temps du passé qu’on emploie toujours ensemble. dans des récits, dans la littérature, dans les romans, dans les comptes de fées, etc.

And so it creates a direct address printing between “I”, the lyrical subject and the reader. “I”, the reader, past events, we are all in the same universe. In the second paragraph, Rimbaud uses a different time from the past: the imperfect and the simple past, which are the two times of the past we always used together. in stories, in literature, in novels, in fairy accounts, etc.

L’imparfait c’est le temps qu’on emploie pour décrire un décor, dans un récit, ou pour décrire une habitude, ou pour décrire une action dont la durée est indéterminée. Par exemple, dans ce décor, il y a des palais, il y a des bois.

The imperfect is the time employed to describe a scene in a story, or to describe a habit, or to describe an action whose duration is indefinite. For example, in this setting, there are palaces, there are wood.

Ça ressemble un peu à un compte de fée. L’imparfait est en général utilisé avec le passé simple, qui décrit une action ponctuelle, dans le passé, sur le fond de ce décor décrit avec des verbes à l’imparfait. Par exemple, l’eau était morte, c’est l’imparfait, ça décrit le décor.

It looks a bit like a fairy tale. The imperfect is generally used with the simple past, which describes a specific action in the past, on the background of this scene described with verbs in the past tense. For example, the water was dead, it is imperfect, it describes the decor.

Et dans ce décor, il y a une au action passé simple: “Les pierreries regardèrent”, “regardèrent” c’est le passé simple du verbe “regarder”. L’action est soudaine. La différence entre le passé simple: “regardèrent”, et le passé composé: j’ai embrassé”, c’est que le passé simple existe dans un univers qui est séparé, qui est distant de l’univers du narrateur ou du sujet lyrique qui parle, qui raconte l’histoire.

And in this setting, there is a simple past work: “The stones looked”, “watched” is the simple past of the verb “watch”. The action is sudden. The difference between the simple past, “looked at” and the past tense: I kissed “is that the simple past exists in a universe that is separate, which is distant from the world of the narrator or the lyrical subject who speaks, who tells the story.

“Les pierreries regardèrent”, ça décrit une action qui est passée, et à laquelle le locuteur, le sujet lyrique, ne participe pas. Il décrit une action qui existe Dans son propre univers. Et c’est pourquoi, dans les romans, dans les contes de fées, dans les fictions, on utilise à l’écrit le passé simple, et pas le passé composé, parce qu’on suppose toujours qu’on raconte un univers séparé de la réalité du narrateur, un univers de fiction séparé du réel, Le passé simple c’est un temps qui suppose que l’évènement décrit dans le passé existe dans son propre univers.

“The stones looked”, it describes an action that is passed, and which the speaker, lyrical subject, does not participate. It describes an action that exists in its own universe. And that is why, in novels, in fairy tales, in fiction, is used in writing the simple past, not the past tense, because we always assumed they say a separate universe the reality of the narrator, a separate fictional universe of reality Just past it is a time which assumes that the event described in the past exists in its own universe.

Un univers très très lointain dans le passé, ou un univers très loin de la réalité parce que c’est fictionnel. Mais Rimbaud utilise le passé simple et le passé composé dans la même phrase, et ça c’est très problématique et très étrange. Par exemple: “J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes”: passé composé, “et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit”: passé simple.

A very very distant universe in the past, or a universe very far from reality because it is fictional. But Rimbaud uses the simple past tense and in the same sentence, and that’s very problematic and very strange. For example: “I walked, waking vivid and warm breaths” tense, “and precious stones looked, and wings rose without a sound” single past.

Dans la même phrase on a un passé composé qui suggère que le sujet lyrique appartient au même univers que les événements décrits, et un passé simple qui suggère que les événements décrits, les ailes qui se levèrent, les pierreries qui regardèrent, appartiennent à un univers distant, fictionnel, lointain. On a ici un dérèglement des conventions de la prose, et une espèce de flou, de superposition entre l’univers de la fiction, des contes de fées, et l’univers réel du sujet lyrique qui raconte l’histoire, et qui s’adresse au lecteur. L’univers réel: narrateur, auteur, lecteur, et l’univers de la fiction se mélangent complètement par ce mélange entre le passé simple et le passé composé.

In the same sentence was passed a compound suggesting that the lyrical subject belongs to the same universe as the events described, and single past suggesting that the events described, the wings that arose, looked at the jewels that belong to a universe distant, fictional, remote. Here we have a disruption of the conventions of prose, and a kind of blur, overlap between the world of fiction, fairy tales and the real world of the lyrical subject that tells the story, and that s’ addresses the reader. The real universe: narrator, author, reader, and the universe of fiction mix thoroughly with this mix between the simple and the past tense.

Un autre dérèglement des conventions de la prose que Rimbaud fait dans ce texte, c’est le mélange entre les articles définis et les articles indéfinis. Un article indéfini c’est “un”, “une”, “des”. Par exemple, “rien ne bougeait au front des palais”. On appelle cet article “indéfini”, parce qu’il suppose qu’on parle de certains palais, dans un groupe de palais. on suppose que dans l’univers décrit, il existe plusieurs palais, mais on décrit certains palais, “des” palais.

Another disruption of conventions of prose that Rimbaud made in this text, it is the mixture between the definite articles and indefinite articles. It is an indefinite article “a”, “an”, “the”. For example, “nothing moved to the front of the palace.” We call this article “undefined” because it supposes that talks about some palace, in a group of palaces. it is assumed that in the universe described, there are several palaces, but describes some palace, “the” palace.

L’article indéfini permet de comprendre que les objets décrits n’existent pas seuls, ils ne sont pas uniques mais ils existent dans un groupe plus générique Au contraire, l’article défini: “le”, “la”, “les”, “l'”, suppose que l’objet qui est décrit est absolument unique. Soit parce que c’est un concept abstrait comme l’amour, et donc il est unique, Dans le royaume des pensées il n’y a qu’un seul concept qu’on appelle l’amour; soit parce que cet objet est unique dans l’univers, par exemple “le soleil”, il n’y a qu’un soleil donc on ne dira pas un soleil, on dira le soleil; ou alors parce que cet objet est l’unique objet dans un groupe d’objets, par exemple par exemple, “le copain de ma soeur”, ma soeur n’a qu’un copain.

The indefinite article helps to understand that the described objects do not exist alone, they are not unique but they exist in a more generic group Instead, the definite article “the”, “the”, “the” “the”, assumes that the object described is absolutely unique. Either because it is an abstract concept like love, and it is unique in the realm of thoughts there is only one concept called love; either because this object is unique in the universe, for example, “the sun”, there is a sun so we will not tell the sun, we say the sun; or else because this object is the only object in a group of objects, such as for example, “the friend of my sister,” my sister has a boyfriend.

Rimbaud utilise par exemple: “j’ai embrassé l’aube d’été” parce qu’il n’y a qu’une seule aube. C’est le matin, il n’y a qu’un matin. En particulier “l’aube d’été”, il n’y a qu’une seule aube qui peut être décrite comme l’aube de l’été.

Rimbaud used eg: “I embraced the summer dawn” because there is only one dawn. It is morning, there is a morning. In particular “the dawn of summer,” there is only one dawn that can be described as the beginning of the summer.

Mais à certains endroits, Rimbaud utilise le mauvais article. Et ça crée des effets très étranges. Par exemple, quand il dit: “l’eau était morte”. Il emploie donc l’article défini, “l'” Et ça suggère quoi? Est-ce que dans l’univers qu’il décrit il y a une seule eau? Ça n’a pas de sens, un univers où il y a une seule eau.

But in some places, Rimbaud uses the wrong item. And it creates very strange effects. For example, when he said, “the water was dead.” So he uses the definite article “the” And it suggests what? Does the universe he describes there is only one water? It makes no sense, a universe where there is only water.

Dans l’univers il y a des eaux. Il y a l’eau de l océan pacifique, l’eau de l’océan atlantique. Il aurait dû dire “l’eau du palais”, ou “l’eau des bois”. Non, il dit: “l’eau était morte”. De quelle eau il parle? Peut-être l’eau, c’est un déesse, comme l’aube, une personne unique? Peut-être l’eau, c’est une idée, un concept unique, comme l’amour? Qui sait?

In the world there are waters. There the water of Pacific Ocean water from the Atlantic Ocean. He should have said “water palace”, or “water timber”. No, he said, “the water was dead.” In what water he talking about? Perhaps the water is a goddess, like the dawn, a single person? Maybe the water, it is an idea, a unique concept, like love? Who knows?

C’est très étrange. Ce dérèglement, ça force le lecteur à faire des hypothèses sur nature des objets décrits, est-ce que ce sont des idées abstraites, des choses réelles, des choses fictives, des choses uniques? C’est très étrange.

It’s very strange. This disruption, it forces the reader to make assumptions about nature of the objects described, is that these are abstract ideas of real things, fictitious things, unique things? It’s very strange.

Une dernière façon que Rimbaud a de dérégler les conventions de la prose, c’est l’usage très particulier des sujets personnels, des sujets grammaticaux: “je”, “il”, “elle”, et les personnages que ces sujets représentent.

A final way that Rimbaud was to deregulate the conventions of prose, it’s very special personal subjects usage, grammatical topics: “I”, “he”, “she”, and the characters that these topics represent.

Le poème commence avec le sujet “je”: “j’ai embrassé l’aube d’été”. C’est le sujet lyrique. On peut imaginer que, pourquoi pas, c’est l’auteur. Ce n’est pas nécessaire. L’auteur, entre parenthèses, est un adolescent, c’est un enfant presque, au moment où il écrit ses poèmes. Et il y a un autre personnage qui est désigné par “elle”, c’est-à-dire l’aube. L’aube c’est un autre personnage. Et on a dite que, peut-être c’était la déesse qu’il a embrassée plus loin dans le poème. Donc on a “je”, on a l’aube, qui est “elle”, on a un autre pronom personnel singulier masculin, c’est “il”: “il était midi”. “il était midi” ce n’est pas un personnage. On dit “il était midi” comme “il est 3 heures”, “il pleut”, “il fait beau”, etc.

The poem begins with the subject “I”: “I embraced the summer dawn.” It is the lyrical subject. One can imagine that, why not, it is the author. It’s not necessary. The author, incidentally, is a teenager, it’s almost a child, when he wrote his poems. And there’s another character who is designated “it”, that is to say the dawn. The dawn is another character. And we said that maybe it was the goddess he has embraced later in the poem. So we ‘I’, it was dawn, which is “she” was another singular masculine pronoun is “it”, “it was noon.” “It was midday” is not a character. They say “it was noon” as “it is three o’clock”, “raining”, “it’s nice”, etc.

C’est ce qu’on appelle un sujet impersonnel. Ce n’est pas un personnage. Oui mais, il y a quelque chose de très étrange à la fin du poème. La fin du poème, l’avant dernier paragraphe, décrit un nouveau personnage: l’enfant. “L’aube et l’enfant tombèrent” “au bas du bois.” L’aube on connaît. On s’est dit c’est la déesse que le sujet lyrique chasse. Mais l’enfant, qu’est-ce que cet enfant fait ici?

This is called an impersonal subject. This is not a character. Yes, there is something very strange at the end of the poem. The end of the poem, the penultimate paragraph, describes a new character: the child. “Dawn and the child fell down” “at the bottom of the wood.” Dawn is known. We thought it was the hunting goddess lyrical subject. But the child, what is this child doing here?

C’est la première fois qu’on voit un enfant dans ce poème. “L’aube et l’enfant”, mais quel enfant? Encore une fois, l’article défini qui suppose qu’on sait de quel enfant il parle. On ne sait pas! Alors une hypothèse, 1 hypothèse, c’est que le sujet lyrique, Rimbaud, cet enfant, cet adolescent, qui commence dans le poème avec “je”, devient une troisième personne à la fin du poème.

This is the first time we see a child in the poem. “Dawn and the child,” but what child? Again, the definite article implies that we know what he’s talking about child. We do not know! Then a hypothesis, one hypothesis is that the lyrical subject, Rimbaud, this child, this teenager, in the poem that begins with “I” becomes a third person at the end of the poem.

Il y a une transformation de “je” en “l’enfant”. Comme si le poème produisait une dépersonalisation du sujet lyrique qui devient une troisième personne, l’enfant, lui, il. Et si on continue cette interprétation, on peut penser que la phrase finale “il était midi” a deux sens. D’abord “il est midi”, dans le sens impersonnel “il est 12 heures” Mais aussi “il” (l’enfant) était midi, l’enfant est devenu le midi.

There are a transformation of “I” in the “child”. As if the poem produced a depersonalization of the lyrical subject that becomes a third person, the child, he. And if we continue this interpretation, it is likely that the final sentence “it was noon” has two meanings. First, “it is noon,” in the impersonal sense “it is 12:00” But also “it” (the child) was noon, the child became lunch.

Et pourquoi pas puisque après tout l’aube, qui est un temps de la journée, le matin, est une déesse, une personne. L’enfant peut aussi être un temps de la journée: le midi. Donc on peut penser que le sujet lyrique, en embrassant l’aube, en embrassant le matin, un moment de la journée, il s’est dépersonnalisé, il s’est transformé en l’enfant, il, et l’enfant s’est transformé en midi.

And why not after all since dawn, a time of day in the morning is a goddess, a person. The child can also be a time of day: lunch. So we can think that the lyrical subject, embracing dawn embracing the morning, a time of day, it is depersonalized, it turned into the child, and the child s’ turned into noon.

Oui, c’est une interprétation très élaborée. Mais c’est justement ce genre d’interprétation, d’hypothèse, de questionnement, que le poème en prose force le lecteur à faire en déréglant toutes ces conventions de la prose Donc quand vous lisez les poèmes en prose de Rimbaud, faites attention à toutes ces conventions de la prose qui sont déréglées.

Yes, this is an elaborate interpretation. But it is precisely this kind of interpretation, hypothesis, questioning, that the prose poem forces the reader to do by disrupting these prose conventions So when you read the prose poems of Rimbaud, mind all these prose conventions that are unruly.

D’abord, est-ce que ce sont des paragraphes, ou est-ce que ce sont des vers? Est-ce qu’il faut les lire de façon linéaire, ou est-ce qu’il fait les lire avec des échos, ou en boucle? Ensuite les temps verbaux, est-ce que c’est du passé simple ou du passé composé, et pourquoi c’est important? Est-ce que ça crée une distinction ou une absence de distinction entre l’univers décrit, la fiction, et l’univers du narrateur ou du sujet lyrique où est inclu le lecteur?

First, is that these are paragraphs, or is it that they are worms? Is what to read in a linear fashion, or is he does play with echoes, or loop? Then the verbal times, is that it’s simple past or present perfect, and why is it important? Is it creates a distinction or no distinction between the universe described, fiction and the world of the narrator or lyrical subject is included, where the narrator?

Est-ce qu’il y a une confusion entre les temps et les univers? Ensuite les articles définis/indéfinis. Est-ce que l’usage des articles définis ou indéfinis par Rimbaud est correct? Et qu’est-ce que ça produit comme hypothèse, pour votre lecture? Et puis enfin, l’usage très particulier des personnages et des sujets personnels, qui peuvent varier. Des fois les personnages peuvent changer de sujet personnel au cours du récit. Tous ces déréglements des conventions de la prose créent un effet de chaos, Et le chaos crée de la complexité, et ouvre le poème a plein d’hypothèses d’interprétations.

Is it that there is a confusion between time and universe? Then items definite / indefinite. Does the use of definite or indefinite articles by Rimbaud is correct? And what it produces as a hypothesis, for your reading? And finally, the particular usage of characters and personal topics, which may vary. Sometimes the characters can change the personal subject in the narrative. All these profligacy of prose conventions create chaos because chaos and creates complexity and opens the poem full of interpretations assumptions.