Listening Exercise – Voltaire

Je m’appelle Francs Assaf, Je suis professeur de français à l’Université de Géorgie, et je travaille surtout sur la fiction narrative en prose et accessoirement sur la prose qui n’est pas le fiction, pour le 17e et le 18ème siècle.

My name is Franks Assaf, I am a French teacher at the University of Georgia, and I work mainly on narrative prose fiction and by the way, prose is not fiction, in the 17th and 18th century.

Et je voudrais vous présenter aujourd’hui un tout petit fragment d’un roman très très important du début du 18e siècle qui est l’histoire de Gil Blas de Sentillane par Alain-René Lesage, un auteur du début du 18e siècle, de la première moitié du 18ème siècle, et je vous présente ici le premier paragraphe du premier chapitre du premier livre de l’histoire de Gil Blas de Santillane qui est paru en 1715.

And I would like to introduce you today, to a little fragment of a very important novel of the early 18th century which is the story of Gil Blas of Sentillane by Alain-René Lesage, an author of the early 18th century, the first half of the 18th century, and I present here the first paragraph of the first chapter of the first book of Gil Blas de Santillane which appeared in 1715.

Ce que nous avons ici c’est un examen, une étude, de des différents éléments qui composent un texte en prose. Alors nous avons bien entendu le titre, c’est le titre officiel Histoire de Gil Blas de Santillane. Le mot “histoire” dans le titre nous indique tout de suite qu’il s’agit d’un roman.

What we have here is an examination, a study of the various elements that make up a prose text. Then of course we have the title, this is the official title of the story of Gil Blas. The word “histoire” in the title, that tells us right away that this is a novel.

Ensuite nous avons le nom de l’auteur et ces dates. Nous avons une tête de chapitre – ou un titre de chapitre – qui est: le livre en premier, et le chapitre premier. Le mot “livre” il nous indique également comme le titre du roman que c’est un roman, que c’est une œuvre de fiction.

Then we have the name of the author and these dates. We have a chapter heading – or a chapter title – that is: the first book, and the first chapter. The word “book” also indicates the title of the novel is a novel, it’s a work of fiction.

Le sous-titre du chapitre “De la naissance de Gil Blas et de son éducation”. Ici c’est l’auteur qui parle ce n’est pas le héro, qui est en même temps le narrateur. On note par exemple l’adjectif possessif de “son” éducation, de la naissance de Gil Blas, c’est quelque chose à la troisième personne, et c’est l’auteur qui s’adresse directement au lecteur.

The subtitle of the chapter “From the birth of Gil Blas and his education.” Here it is the author who speaks, he is not the hero, who is also the narrator. For example, we note the possessive pronoun “his” education, the birth of Gil Blas, it is something in the third person, and it is the author who speaks directly to the reader.

Et on passe tout de suite á la narration à la première personne. On voit par exemple l’adjectif possessif “mon”, “Blas se Santillane, mon père” et il nous donne, le narrateur nous donne là son ascendance mais d’une manière très succincte, très abrégée.

And we pass immediately to the narration in the first person. We see for example the possessive adjective “my”, “Blas Santillane, father” and he gives us, the narrator is giving us his ancestry but in a a very succinct manner, very abbreviated.

Nous savons que Blas de Santillane a porté les armes pour le service du roi d’Espagne et qu’il est à la retraite. Et bien maintenant qui est sa mère? Nous ne connaissons même pas le nom de sa mère. Nous savons simplement que c’est une petite bourgeoise qui n’est plus toute jeune qui a donné naissance à Gil Blas dix mois après le mariage, donc d’une façon tout à fait normale, tout à fait orthodoxe.

We know that Blas has borne arms for the service of the King of Spain and he is retired. And well now, what about the mother? We do not even know the name of his mother. We just know that she is a petty bourgeois who is no longer young who gave birth to Gil Blas ten months after the wedding, so in a way quite normal, quite orthodox.

Il parle ensuite de la demeure de ses parents. Ils sont installés dans une ville du nord de l’Espagne qui s’appelle Oviedo, Il donne rapidement les métiers de ses parents. Sa mère est femme de chambre et son père écuyer. Écuyer ça veut dire un homme qui s’occupe des chevaux dans une écurie.

He then spoke of the house of his parents. They are living in a town in Northern Spain called Oviedo, and he quickly gives the business from his parents. His mother was a maid and his father a squire. A squire is a man who takes care of the horses in a stable.

Donc ce sont des personnes humbles, ce ne sont pas des nobles, ce ne sont même pas de riches marchands. Nous notons une conséquence. Comme ces parents de Gil Blas n’ont aucune fortune sauf le salaire, les gages ils gagnent, il ya une conséquence possible c’est que le jeune Gil Blas risque de ne pas obtenir d’éducation ce qui est évidemment un très grand désavantage.

So these are humble people, they are not Noble, they are not even wealthy merchants. We note a consequence. Gil Blas, like these parents, has no fortune except for salaries, the wages he earns, so there is a possible consequence that the young Gil Blas might not get education which is obviously a huge disadvantage.

Heureusement, heureusement, Gil Blas nous ont dit qu’il avait dans la ville un oncle chanoine. Un chanoine c’est un prêtre qui occupe une place assez importantes dans une cathédrale, et qui par conséquent, a un certain revenu et aussi une certaine éducation.

Fortunately, fortunately, Gil Blas we have said that he has in the city an Uncle who is a Canon. A Canon is a Priest who occupies a sizeable place in a Cathedral, and therefore he has a certain income and also some education.

Nous voyons tout de suite que ce chanoine, Gil Perez, n’est pas un grand savant. Et le narrateur va s’adresser tout de suite au lecteur au lieu de simplement dire qui était Gil Perez, il demande au lecteur de faire un effort d’imagination: “Représentez-vous un petit homme haut de trois pieds et demi extraordinairement de gros avec une tête enfoncée dans les deux épaules.”

We see immediately that this Canon Gil Perez, is not a great scholar. And the narrator will address it immediately to the reader, instead of just saying that he was Gil Perez, he asks the reader to make an effort of imagination: “Picture a small man a height of three and a half feet with an extraordinarily large head, buried in both shoulders.”

En quelques mots, en quelques traits de crayon, si on peut dire, Essentiellement, le narrateur/héro nous dépeint une caricature: un petit homme haut de trois pieds et demi, il a un peu plus d’un mètre de haut, ce qui est très difficile à imaginer, avec une très grosse tête, enfoncée entre les épaules.

In a few words, a few pencil lines, so to speak, the narrator / hero essentially depicts a caricature: a small man, three feet and a half in height, he is a little more than a meter high, which is very difficult to imagine, with a very big head sunk between his shoulders.

Ca nous donne déjà une espèce d’impression comique de ce chanoine. Est-ce qu’il est représenté comme un saint homme, un homme qui est pieux qui ne pense qu’à son salut éternel? Pas du tout! Il dit: Au reste c’était un ecclésiastique qui ne songeait qu’à bien vivre c’est-à-dire à faire bonne chère.

That already gives us a comic impression of this Canon. Is he represented as a Holy man, a man who is pious, who only thinks of his eternal salvation? Not at all! He said: to remain he was a clergyman who thought only of living well, that is to say, to make merry.

Et nous voyons tout de suite que ce prêtre, de oncle de Gil Blas est un homme qui aime bien manger mais qui n’est pas particulièrement pieux, qui ne pense pas particulièrement à des choses saintes ou à dire la messe et ainsi de suite, nous savons que puisque il est chanoine il a une prébende. Une prébende, cC’est l’argent que reçoit un prêtre pour vivre.

We see immediately that this Priest, the Uncle of Gil Blas is a man who loves food but is not particularly pious, who do not particularly thinking of holy things or to say Mass and so on, we know that it is because he has a Canon stipend. A stipend, this is the money that gets a priest to live.

Il avait une bonne prébende qui lui permettait de bien manger. J’ai toujours le même texte devant moi mais ici nous allons voir combien de personnages secondaires sont présentés dans ce petit paragraphe à part bien sûr le héro/narrateur, c’est-à-dire Gil Blas.

He had a good stipend that allowed him to eat well. I still have the same text in front of me but here we will see how many secondary characters are presented in this small paragraph, except of course the hero / narrator, that is to say, Gil Blas.

Nous avons d’abord le père. Blas de Santillane. Ensuite, sa mère, la mère de Gil Blas, qui est une petite bourgeoise donc quelqu’un de pas très important dans l’échelle sociale;  et finalement Gil Perez, qui est un…qui est son oncle chanoine.

We first have the father. Blas of Santillane. Then his mother, the mother of Gil Blas, who is a small bourgeois, someone not so very important in the social scale; and finally Gil Perez, a Canon … who is his Uncle.

En plus du personnage principal qui raconte l’histoire nous avons trois personnages secondaires qui sont importants dans la vie du personnage principal pour diverses raisons. Et donc l’auteur, Lesage, imagine ces personnages; ils ne sont pas vrais, ils n’ont aucune existence réelle, et ils ne sont pas basés sur des personnes ayant existés, ils sortent tous de l’imagination de l’auteur.

In addition to the main character who tells the story we have three secondary characters that are important in the life of the main character for various reasons. And so the author, Lesage, imagine these characters; they are not true, they have no real existence, and they are not based on people having existed, they all come from the imagination of the author.

Et l’auteur fait parler quelqu’un d’autre, c’est-à-dire son personnage principal qui est, pour le moment, qui n’est pas représenté en train d’agir, d’aller, de venir, de parler. Il est simplement là pour raconter une histoire à la place de l’auteur. C’est comme ça que nous pouvons penser que beaucoup de romans commencent.

And the author is talking of someone else, that is to say the main character is, for the moment, which is not represented in the process of acting, of going, of coming, of speaking. He is simply there to tell a story instead of the author. That’s how we can think of many novels beginning.

Il y a d’autres façons de commencer une narration. Par exemple une narration qui commence en pleine action, on appelle ça in « medias res », qui est une expression latine qui signifie “au milieu des choses”. Ici la narration ne commence pas au milieu des choses mais raconte un peu les antécédents, les parents, les gens qui sont venus avant la naissance du narrateur, n’est-ce pas.

There are other ways to start a story. For example a narrative that begins in action, it’s called in “medias res”, which is a Latin expression meaning “in the middle of things.” Here the narrative does not begin in the middle of things but tells a little history, parents, people who came before the birth of the narrator, is it not.

Et donc nous avons une façon de commencer une narration en prose. Il y en a plusieurs autres mais celle là est tout à fait légitime et surtout tout à fait commune. Lorsque nous lisons un texte, il était évident que ce texte a été écrit par un auteur.

And so we have a way to start a prose narrative. There are many others but this one is quite legitimate and above all quite common. When we read a text, it was obvious that this text was written by an author.

Il est aussi évident que l’auteur fait souvent parler quelqu’un qui n’est pas lui qui n’est pas…Si on prend le cas d’un auteur comme Stendhal, un auteur du début du 19e siècle, il ne va pas vous dire, « Je suis Stendhal et je vais vous décrire comment est la ville de Verrières ».

It is also clear that the author often talk about someone who is not him, who is not … If we take the case of an author like Stendhal, an author of the early 19th century, he will not tell you, “I am Stendhal and I will describe the town of Verrières”.

Il parle, il se cache derrière un personnage qui n’a aucune réalité mais qui s’appelle le narrateur. Le personnage qui raconte l’histoire même si l’auteur ne lui donne pas de nom nous savons qui il est le narrateur parce qu’il raconte l’histoire. Et alors nous avons trois éléments, si vous voulez.

He speaks, he hides behind a character that he has no reality but is called the narrator. The character who tells the story even if the author does not give him a name, we know who he is because the narrator tells the story. And then we have three elements, if you want.

Nous avons l’auteur, le narrateur, et de le lecteur, ou la lectrice. Parmi ces trois éléments, il se forme en contrat ou en pacte, ce qui s’appelle le pacte de lecture. C’est-à-dire que quand je lis un texte je dois accepter certaines choses: qu’il y a un auteur, qu’il y a un narrateur, et bien entendu comme je suis le lecteur.

We have the author, the narrator, and the reader, or the female reader. These three elements are formed by contract or covenant, which is called the reading pact. That is to say that when I read a text I have to accept certain things: that there is an author, that there is a narrator, and of course I am the reader.

Il est très difficile pour quelqu’un qui lit un texte de dire “je ne suis pas le lecteur” ou bien “ce texte n’a pas d’auteur”, “le narrateur n’existe pas”. Il y a donc une espèce de contrat qui existe entre ces trois éléments, auteur, narrateur, lecteur.

It is very difficult for someone who reads a text saying “I’m not the reader” or “this text has no author”, “the narrator does not exist”. There is therefore a kind of contract between these three elements, author, narrator, reader.

Comme je vous ai parlé de la narration à la première personne, en donnant pour exemple le premier paragraphe du premier livre du premier chapitre du premier livre de Gil Blas, je vous présente d’un façon assez rapide ce que c’est que la narration à la première personne.

Like I had spoken of the narrative in the first person, giving the example of the first paragraph of the first book of the first chapter of the first book of Gil Blas, I presented a fairly quick way, that this is the narration in the first person.

C’est une méthode très efficace pour rapprocher le narrateur du lecteur. Puisque le lecteur a l’impression que le narrateur lui parle a lui. Puisque le narrateur emploie le “je”, et quand on emploie “je”, c’est qu’il y a un “tu” qui écoute ou qui regarde ou qui lit. Alors, essentiellement, l’auteur demande au lecteur de faire semblant de croire que le narrateur est reél.

This is a very effective method to bring the narrator of the reader. Since the reader has the impression that the narrator speaks to him. Since the narrator uses the “I”, and when we use “I” there is a “you” who is listening or watching or bed So, basically, the author asks the reader to pretend to believe that the narrator is real.

Il ne s’agit pas bien sûr de dire “oui le narrateur est réel, tu dois croire ça sous peine de mort”, simplement fais semblant de croire que ce narrateur qui te parle est réel. Le théoricien Gyorgy Lukàcs, qui a écrit un livre très important qui s’intitule “La théorie du roman”, c’est ce que Gyorgy Lukàcs appelle l’ironie. Pourquoi ce qu’on dit ironie?

It is not of course to say “yes, the narrator is real, you have to believe that under penalty of death,” just pretending to believe that this narrator speaks to you and is real. The theorist Gyorgy Lukacs, who has written a very important book called “The Theory of the Novel,” that’s what Gyorgy Lukacs called irony. Why they say irony?

Parce que le narrateur n’est pas réelle mais il faut faire semblant de croire qu’il est réel, je peux  imaginer une espèce de hiérarchie. Alors il y a le vrai auteur, l’auteur en chair et en os, si je peux dire, qui fait parler le héros ou le narrateur ou le héros/narrateur, et ce héro narrateur, cite lui-même s’il est héro et narrateur, comme dans la narration à la première personne, et aussi des personnages secondaires.

Because the narrator is not real but you have to pretend to believe he is real, I can imagine a kind of hierarchy. Then there is the real author, the author in the flesh, so to speak, who is speaking of the hero, or the narrator, or the hero / narrator, the narrator and the hero himself who is quoted as if he is the hero and the narrator, like in the narration of the first person, and also secondary characters.

Si le narrateur parle à la troisième personne, comme dans beaucoup de romans du 19e siècle, mais aussi du 18e et du 17e siècle, il y a le personnage principal qui agit, qui parle, alors vous avez deux séries de discours. Le narrateur, qui peut être le héros ou non, dit “je”, “je”, “je”.

If the narrator speaks in the third person, as in many novels of the 19th century, but the 18th and 17th century there was the main character who acts, speaks, then you have two sets of speech. The narrator, who may or may not be the hero, says “I”, “I”, “I”.

S’il n’est pas le héro, il fait dire à son personnage principal “je”, “je”, “je”… C’est-à-dire Il le fait parler pour raconter l’histoire, essentiellement. Nous pouvons créer dans notre esprit une idée de distance. Si le narrateur ou le héro/narrateur ou le personnage principal nous en donne l’impression qu’il est proche de nous, cela crée une distance rapprochée.

If he is not the hero, he must say to his main character “I”, “I”, “I” … That is to say he must speak to tell the story, basically. We can create in our minds a sense of distance. If the narrator or the hero / narrator and the main character give us the impression that he is close to us, this creates a close distance.

Alors que si le narrateur, ou le personnage principal évoque soit des pays lointains, soit des époques lointaines, il crée une distance lointaine, émotive entre le lecteur et les personnages ou le héro/narrateur. On peut par exemple prendre exemple sur la peinture. Si le peintre dépeint un personnage ou un paysage très éloigné, cela crée une distance émotive, psychologique, lointaine.

Whereas if the narrator, or the main character, speaks of distant countries or remote times, he creates a far emotional distance between the reader and the characters, or the hero / narrator. One can, for example, take the example of painting. If the painter portrays a character or a distant landscape, he creates an emotional distance, psychological, distant.

La même chose se fait dans le roman. Si au contraire le peintre nous présente un personnage que nous pourrions pratiquement toucher du doigt, cela crée une distance rapprochée et certainement plus la distance est rapprochée plus notre réaction d’émotion est forte. Il est plus facile de sympathiser ou de détester quelqu’un qu’on voit, qu’on sent, qu’on imagine très proche de nous, que de quelqu’un qui est très éloigné de nous.

The same occurs in the novel. If instead the painter shows us a character we could practically touch with a finger, this creates a close distance and certainly a closer distance is closer for our emotional reaction to be stronger. It is easier to sympathize or dislike someone we see, we feel, we imagine very close to us, as opposed to someone who is very far from us.

Bien sûr toutes les narrations dans la fiction narrative en prose ne sont pas à la première personne. Il y en a énormément qui sont à la troisième personne. L’auteur peut être présent. Comme nous avons vu, dans le sous-titre du premier chapitre du premier livre de Gil Blas, qui est “De la naissance de Gil Blas et de son éducation”.

Of course all the narratives in the narrative prose fiction are not in the first person. There are a tremendous amount in the third person. The author may be present. As we have seen in the subtitle of the first chapter of the first book of Gil Blas, which is “From the birth of Gil Blas and his education.”

Il est évident que ça ne peut être que l’auteur qui parle comme ça. Ni le père de Gil Blas, ni la mère, ni l’oncle Gil Perez ni Gil Blas lui-même puisque c’est à la troisième personne. L’auteur qui est le vrai auteur, ce qu’on appelle l’auteur empirique, engendre, crée un narrateur et le narrateur créé le récit. L’auteur peut aussi créer un narrateur, qui crée un personnage, ça fait le le récit à la troisième personne, qui parle, n’est-ce pas, qui agit, qui tombe amoureux, qui voyage, qui mange, se bat, toutes sortes d’actions possibles et imaginables.

Obviously this can only be the author who speaks like that. Neither the father of Gil Blas, neither the mother nor Uncle Gil, Gil Blas Perez nor himself as it is in the third person. The author who is the real author, who is called the empirical author, creates a narrator and the narrator creates the story. The author may also create a narrator, who creates a character, that’s the story in the third person, who speaks, he is not, that is, the one who falls in love, traveling, eating, fighting, all kinds of conceivable actions.

Je voudrais terminer en vous présentant un petit fragment du chapitre premier d’un conte de Voltaire. Un conte qui s’intitule “Voyage d’un habitant du monde de l’étoile Sirius dans la planète de Saturne”. Ca c’est le sous-titre du premier chapitre. Ce n’est pas un roman mais un conte assez petit qui s’intitule “Micromegas”, qui en grec signifie “petit grand”.

Let me conclude by showing you a small fragment of the first chapter of a tale of Voltaire. A tale entitled “Voyage of an inhabitant of the world of the star Sirius in the planet Saturn.” It is the subtitle of the first chapter. This is not a novel but a pretty little tale entitled “Micromegas”, which in Greek means “little big”.

C’est un jeu de mot de Voltaire. Je commence par lire le premier paragraphe. “dans une de ces planètes qui tournent autour de l’étoile nommée Sirius, il y avait un jeune homme de beaucoup d’esprit”, Cette phrase est en fait ce qu’on appelle le discours diégétique, c’est-à-dire le discours qui rapporte  exactement l’histoire en elle-même, les actions, les faits.

It is a word game of Voltaire. I begin by reading the first paragraph. “In one of those planets revolving around the star named Sirius, there was a young man of great intelligence,” This sentence is in fact what is called a diegetic speech, that is to say, the discourse relates exactly to the story itself, the actions, the facts.

Et puis je vois: “que j’ai eu l’honneur de connaître dans le dernier voyage il fit sur notre petite planète”; Ici il y a un “je” – que J’AI eu l’honneur de connaître, dans un voyage qui fit sur NOTRE petite planète”; Ca veut dire que l’auteur interviennent directement dans la narration, dans le texte. C’est ce qu’on appelle une intervention de l’auteur.

And then I see: “I had the honor to know in the last trip he made on our small planet”; Here there is an “I” – I HAVE had the honor to know, in a trip that was on OUR small planet “; It means that the author is directly involved in the narration in the text. That is called an intervention of the author.

Ensuite je vais voir ce premier petit paragraphe dit “que j’ai eu l’honneur de connaître dans le dernier voyage qu’il fit sur notre…Il s’appelait Micromégas” – ça c’est la narration diégétique – “nom qui convient fort à tous les grands. Il avait huit lieues de haut; j’entends par huit lieues 24000 pas géométriques de cinq pieds chacun”.

Then I’ll see the first small paragraph that says “I had the honor to know in the last journey he made on our … He was called Micromegas” – that’s the diegetic narration – “a name that strongly suits his height. He was eight leagues tall;. I mean eight leagues 24000 geometrical paces of five feet each.

Lorsque l’auteur explique quelque chose, ce n’est plus l’histoire, c’est une explication ou un commentaire. C’est ce que j’appelle le discours extra-diégétique. J’ai donc dans ce petit paragraphe de quatre lignes trois sortes de discours. Le discours diégétique, l’intervention de l’auteur, et le discours extra-diégétique.

When the author says something, he is not the story, it is an explanation or comment. This is what I call the extra-diegetic speech. So I have this little paragraph of four lines of three kinds of discourse. The diegetic speech, the intervention of the author, and the extra-diegetic speech.

Et nous retrouvons cette façon d’organiser une narration dans un très grand nombre…dans un très grand nombre de textes. Je peux augmenter le volume de ma narration en augmentant le volume du discours extra diégétique en faisant toutes sortes de commentaires qui doivent être pertinents, c’est-à-dire en anglais “relevant”, sinon ça n’a plus de sens et ça ne vaut pas la peine d’être lu.

And we find this way of organizing a narrative in huge numbers … in a very large number of texts. I can increase the volume of my narrative by increasing the volume of extra-diegetic speech by making all sorts of comments that should be pertinent, that is to say in English “relevant”, otherwise it is meaningless and it not worth reading.

Mais quand vous voyez dans le deuxième paragraphe j’ai marqué en marron toutes les parties du discours extra diégétique, et c’est presque tout le deuxième paragraphe qui consiste en un discours extra diégétique.

But when you see in the second paragraph I marked in brown all parts of the extra diegetic speech, and it’s almost the entire second paragraph which is an extra-diegetic speech.

Voyez-vous? Et alors mais pourquoi? Parce que s’il ne fallait rapporter que les fait qui se déroulent dans une histoire l’un après l’autre, sans aucun commentaire, sans aucune intervention, l’histoire serait extrêmement ennuyeuse.

See? And then but why? Because if he had to report that fact taking place in a story one after another, without comment, without any intervention, the story would be extremely boring.